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17/01/2012 à 17:01
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L'indépendant Modibo Sidibé compte sur l'appui des voix de l'Adema pour conquérir Koulouba. L'indépendant Modibo Sidibé compte sur l'appui des voix de l'Adema pour conquérir Koulouba. © AFP

Attendue depuis des mois, la candidature de l'ancien Premier ministre malien Modibo Sidibé, 60 ans, a été officialisée ce mardi à Bamako. Mais nul ne sait si celui-ci pourra bénéficier de l'appui de son mentor, le président Amadaou Toumani Touré.

L’ex-Premier ministre malien, Modibo Sidibé, 60 ans, s’est jeté dans la course à l’élection présidentielle malienne d’avril 2012, en déclarant officiellement sa candidature ce mardi, à son quartier général de campagne de Hamdallaye (Bamako). L’ancien premier ministre malien a expliqué qu’il avait pris cette décision « avec humilité, confiance, sérénité et détermination » et dans une « démarche inclusive ». Autrement dit, il part en indépendant, mais compte sur le soutien d’une coalition d’associations dont le très actif Club des amis de Modibo Sidibé et de certains responsables de l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adema, principal parti de la mouvance présidentielle) dont il n’a pas obtenu l’investiture.

Sidibé avait quitté la Primature en mars dernier et avait démissionné six mois plus tard du corps de la police, non seulement pour être conforme aux textes qui prévoient que tout candidat à la présidentielle démissionne de ses fonctions publiques, mais aussi pour se consacrer à la précampagne. Depuis septembre, Modibo Sidibé a fait le tour du Mali.

Il rejoint ainsi d’autres prétendants à la magistrature suprême pour la succession d’Amadou Toumani Touré, qui n’est pas autorisé par la Constitution à se représenter au terme de ses deux mandats successifs. Samedi, Ibrahim Boubakar Kéita, Premier ministre d’Alpha Omar Konaré pendant six ans (1994-2000), a été investi par son parti, le Rassemblement pour le Mali (RPM), au stade Modibo Kéita de Bamako. Avant lui, Dioncounda Traoré, président de l’Assemblée nationale et candidat de l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adema), ainsi que Soumaïla Cissé, leader de l’Union pour la République et la démocratie (URD), avaient été officiellement investis par leurs partis, respectivement en août et en octobre.

De l'ombre à la lumière

Sidibé est connu au Mali pour son omniprésence dans la sphère du pouvoir. Cet officier supérieur de police a été nommé en 1991 directeur de cabinet du ministre délégué à la Sécurité intérieure, avant d’intégrer comme directeur de cabinet l’équipe d’Amadou Toumani Touré, alors président du Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP).

En avril 1993, il entre au gouvernement d’Alpha Omar Konaré (élu président du Mali à l’issue de la transition démocratique) en qualité de ministre de la Santé, de la Solidarité et des Personnes âgées. Pendant quatre ans, il occupe ce poste avant d’être nommé, en septembre 1997, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, toujours par Konaré. À l’avènement d’ATT II, Sidibé est nommé secrétaire général de la présidence. Un poste stratégique qu’il occupe jusqu’au 9 septembre 2007, date à laquelle il est nommé Premier ministre.

Plusieurs autres candidats, plus ou moins connus, sont en lice pour cette élection. Outre les vétérans des campagnes présidentielles, tels Tiébilé Dramé du Parti pour la renaissance nationale (Parena), Soumana Sacko de la Convention nationale pour une Afrique solidaire (Cnas), Oumar Mariko de la Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (Sadi), Mountaga Tall du Congrès national d’initiative démocratique (Cnid), d’autres personnalités affichent leur ambition pour Koulouba. Ce sont, entre autres, Madani Tall, président d’Avenir et développement du Mali (ADM), l’astrophysicien Cheick Modibo Diarra du Rassemblement pour le développement du Mali (RDM), ou encore son beau-frère, Cheick Boucadry Traoré, du parti Convergence africaine pour le renouveau (Care), fils du général Moussa Traoré, et enfin Choguel Maïga du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR).

Investiture

Il n’est cependant pas sûr que toutes ces candidatures déclarées, dont certaines sont jugées fantaisistes par les Maliens, aillent jusqu’à déposer leur dossier à la commission électorale. Modibo Sidibé se présente comme le « candidat de la convergence et de la synthèse », selon ses propres mots. Il prévoit une convention nationale de ses partisans les 17 et 18 février à Sikasso, qui sera suivie de son investiture le 19 février au stade Babemba Traoré de la même ville. Il compte présenter à cette occasion son projet de société intitulé « Mali, Horizon 2030 ».
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Par André Silver Konan, envoyé spécial à Bamako

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