Extension Factory Builder
17/01/2012 à 12:30
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Mohamed Ghannouchi, annonçant sa démission le 27 février 2011 à Tunis. Mohamed Ghannouchi, annonçant sa démission le 27 février 2011 à Tunis. © AFP

Mohamed Ghannouchi, l’ancien Premier ministre du dictateur tunisien déchu Zine el Abidine Ben Ali a témoigné lundi 16 janvier devant la justice, lors d’un procès contre l’ancien président. Ce dernier est accusé d’"homicides volontaires" et "blessures" dans la répression des manifestations des villes de Thala et Kasserine.

Dans l'affaire dite des « martyrs de Thala et Kasserine », Mohamed Ghannouchi, l’ancien Premier ministre du président tunisien déchu Zine el Abidine Ben Ali, a confirmé lundi 16 janvier les propos qu’il avait tenus plus tôt à la télévision tunisienne. L’ancien dictateur jugé pour « homicides volontaires » et « blessures », aurait déclaré que « le nombre de morts importe peu, qu'ils soient mille Tunisiens tués ou plus », lors d’une conversation téléphonique avec son Premier ministre le jour de sa fuite en Arabie Saoudite, le 14 janvier. « C'était la réponse de Ben Ali à ma demande de faire cesser les tirs à balles réelles le 9 janvier », a témoigné Mohamed Ghannouchi devant le tribunal militaire du Kef (à 170 km nord-ouest de Tunis), où la tension était vive lundi au tribunal parmi les proches de victimes.

Dans ces deux villes du centre-ouest, quelques 22 manifestants ont été tués et des centaines d’autres blessées lors du soulèvement populaire qui provoqua la fuite de Ben Ali en Arabie saoudite le 14 janvier 2011. L'ancien président avait justifié l’usage des armes, selon Mohamed Ghannouchi,  comme une « légitime défense » contre les attaques de postes de police. Le témoin a ajouté qu'en tant que Premier ministre, il n'avait pas en charge le dossier sécuritaire qui était du ressort du ministère de l'Intérieur et de la présidence de la République.

Les accusés nient

Ben Ali sera jugé par contumace, contrairement à ses 23 co-accusés dont deux anciens ministres de l'Intérieur, Rafik Belhaj Kacem et Ahmed Friaâ, ainsi que des hauts cadres de la sécurité poursuivis pour meurtres, une accusation passible de la peine de mort, selon des avocats. Rafik Belhaj Kacem a confirmé une partie du témoignage de Mohamed Ghannouchi, précisant que Ben Ali privilégiait « les solutions sécuritaires répressives pour le traitement des crises au détriment des autres solutions ».

Les accusés ont tous nié avoir donné l'ordre d'ouvrir le feu sur les manifestants. La responsabilité incomberait à la « cellule sécuritaire de suivi » et à « la salle d'opération » du ministère de l'Intérieur, ont-ils déclaré, sans mentionner de noms.

Des mandats d'amener ont été émis à l'encontre de trois hauts officiers de police : Moncef Laajimi, directeur général des forces d'intervention dont la récente mise à l'écart avait provoqué une manifestation à l'appel de l'Union des syndicats de policiers, Moncef Krifa, un directeur de la sécurité présidentielle et Khaled Ben Said, directeur au département de la lutte antiterroriste. « Si l’ancien Premier ministre de Ben Ali a répondu présent, lundi, au tribunal militaire du Kef, pour répondre aux questions du juge, d’autres responsables n’ont pas répondu à l’appel et ont préféré envoyer des certificats médicaux que d’affronter les témoignages des habitants », note le site tunisien Kapitalis. En attendant, le tribunal a renvoyé les audiences au 13 février.

 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Tunisie

Tunisie : un ex-ministre de Ben Ali à Carthage ?

Tunisie : un ex-ministre de Ben Ali à Carthage ?

Caciques de l'ancien régime ou membres éphémères de l'équipe gouvernementale du président déchu, ils ont décidé de briguer la magistrature suprême le 23&[...]

Tunisie : un scrutin placé sous le signe de la morosité

Quelques jours avant les élections législatives, la Tunisie semble se préparer à troquer la transition contre une situation aléatoire.[...]

Législatives tunisiennes : lobby tout-terrain

Des stades aux mosquées en passant par les soirées privées, en Tunisie tous les moyens sont bons pour gagner des voix aux législatives.[...]

Hammamet : Afek Tounes, la voix des jeunes Tunisiens

Dans l'intérieur du pays, électeurs et formations politiques tunisiennes se croisent, entre désillusions des uns et ambitions électorales des autres. Reportage.[...]

Législatives tunisiennes : l'abstention, le vrai outsider

Quels que soient les résultats des législatives tunisiennes du 26 octobre, vainqueurs et vaincus devront relativiser leurs performances. En cause : l'abstention qui risque à nouveau de battre des[...]

Tunisie - Sfax : "La ville est abandonnée"

Dans l'intérieur de la Tunisie, électeurs et formations politiques se croisent, entre désillusions des uns et ambitions électorales des autres. Reportage.[...]

Tunisie : la montée de Slim Riahi inquiète les ténors

Grâce à ses moyens financiers très importants, Slim Riahi commence à agréger derrière lui un électorat urbain peu politisé. Peut-il faire de l'ombre aux favoris de la[...]

Législatives tunisiennes : "Le poids d'Ennahdha sera contrebalancé", selon Ghazi Gherairi

L'ancien porte-parole de la Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, Ghazi Gherairi, analyse les enjeux des législatives du 26 octobre. Au sein de l'Assemblée, et aussi[...]

Législatives tunisiennes : aux urnes citoyens !

Le scrutin du 26 octobre approche à grands pas, mais les citoyens tunisiens ne se mobilisent guère. Les enjeux sont pourtant cruciaux : les députés défendront leur vision de[...]

CAN 2015 : le Sénégal concède le nul face à la Tunisie aux qualifications

Le Sénégal et la Tunisie se sont neutralisés 0-0 vendredi à Dakar et conservent la tête du Groupe G pour la 3e journée des éliminatoires de la CAN 2015, alors que le Maroc a[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers