16/01/2012 à 10h:45 Par Jeune Afrique
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Abdulwahed Omar, le chef du Nigeria Labour Congress (NLC) répond aux journalistes le 15 janvier. Abdulwahed Omar, le chef du Nigeria Labour Congress (NLC) répond aux journalistes le 15 janvier. © AFP

Le président Nigérian Goodluck Jonathan a annoncé lundi 16 janvier une baisse du prix de l'essence, alors que le pays est en proie à une grève générale depuis plus d'une semaine, suite à l'annonce par le gouvernement, le 1er janvier, de l'arrêt des subventions du carburant. Les syndicats ont par ailleurs annoncé la "suspension" de la grève générale.

Mis à jour à 14h27

Première tentative de médiation pour le président Goodluck Jonathan. Alors que les Nigérians vont entrer dans leur deuxième semaine de grève générale, contestant la hausse fulgurante du prix de l’essence, le chef d’État a tenté d’apaiser la contestation lundi 16 janvier. « Compte tenu des difficultés rencontrées par les Nigérians (...), le gouvernement a approuvé une baisse du prix du carburant à 97 nairas le litre », ce qui équivaut à 30% environ, a annoncé Goodluck Jonathan dans une adresse télévisée à la nation.

Moderniser les infrastructures

Le 1er janvier 2012, le chef d’État avait brusquement annoncé la suppression des subventions de carburant. Conséquence : le doublement du prix de l’essence à la pompe, passé de 65 nairas le litre (0,40 dollars, 0,30 euros) à 140 nairas ou plus du jour au lendemain.

Pour autant, la baisse annoncée ne signifie pas un retour en arrière, a précisé le chef d’État, qui a affirmé que « le gouvernement allait continuer de poursuivre une dérèglementation complète du secteur pétrolier ». Ce qui risque de ne pas plaire aux syndicats qui réclament un rétablissement intégral des subventions des carburants et un retour au prix de l'essence d'avant l'augmentation du 1er janvier.

Le but de l’arrêt des subventions selon l’État : débloquer des fonds pour moderniser les infrastructures du pays. Mais la majorité de la population, qui vit avec moins de deux dollars par jour, a du mal à accepter les sacrifices considérables engendrés par cet objectif.

Le mouvement de grève général, lancé le 9 janvier, a donc été fortement suivi. Les manifestations, pour la plupart pacifiques, ont quelques fois dégénérées, provoquant un bilan de 15 morts la semaine passée. Durant tout ce temps, le président était resté silencieux. Il a finalement décidé de s’exprimer, après l’échec des négociations avec les syndicats ce weekend.

"Discorde et insécurité"

De leur côté, les confédérations syndicales, qui avaient appelé à poursuivre les manifestations ce lundi, ont finalement renoncé. « Les syndicats et leurs partenaires annoncent formellement la suspension de la grève, des rassemblements et des manifestations à travers le pays », a déclaré Abdulwahed Omar, le chef de la puissante centrale syndicale nigériane, le Nigeria Labour Congress, lors d'une conférence de presse à Abuja. L'organisation avait, dans un premier temps, appelé à manifester lundi, suite à l’arrêt du mouvement social lors des négociations ce weekend.

« Nous sommes arrivés à la conclusion que nous devons rester à la maison, éviter de descendre dans les rues, pour être certains de ne pas mettre en danger des vies innocentes en raison de la situation sécuritaire dans le pays », s’est expliqué Abdulwahed Omarnn. Outre la grève générale, le Nigeria est en proie depuis plusieurs semaines à un conflit interconfessionnel et à des attentats revendiqués par la secte islamiste Boko Haram, qui ont fait une centaine de morts depuis Noël.

Goodluck Jonathan a pour sa part fustigé le détournement des manifestations par des personnes cherchant à semer « discorde, anarchie et insécurité ». Le président a ainsi fait déployer des barrages militaires dans les rues de Lagos, la capitale économique, afin d’interdire l’accès aux manifestants.

La grève générale pourrait prendre plus d’ampleur si PENGASSAN, le principal syndicat du secteur pétrolier, clé de l'économie nationale, met à exécution sa menace de se joindre à la grève générale dont il est resté pour l'instant à l'écart. Cette décision pourrait paralyser toute l’économie du pays. Pour le moment, PENGASSAN a déclaré qu'il n'envisageait pas dans l'immédiat la fermeture des plate-formes offshore, dont le brut représente 90% des exportations du Nigeria, afin de laisser un espace aux négociations.

(Avec AFP)




 

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