Extension Factory Builder
15/01/2012 à 11:31
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Sur le continent africain, le cancer touche chaque année 700 000 nouvelles personnes. Sur le continent africain, le cancer touche chaque année 700 000 nouvelles personnes. © AFP

Professionnels de santé, ONG, scientifiques et politiques sont au Maroc, à Marrakech, pour lutter contre un fléau qui fait déjà plus de 500 000 morts chaque année sur le continent.

La princesse Lalla Salma, épouse du roi du Maroc Mohammed VI, a été entendue. À son appel, quatre premières dames africaines, dix ministres de la Santé et plus de 200 scientifiques et professionnels de la santé se réunissent du 12 au 15 janvier à Marrakech, pour la première conférence contre le cancer en Afrique et au Moyen-Orient. « L’objectif de cette rencontre est à la fois politique et scientifique », confie à Jeune Afrique le pédiatre Rachid Bekkali, directeur de l’Association Lalla Salma, créée par la princesse en 2005 pour lutter contre la maladie.

« Sur le plan médical, nous avons organisé une série d’échanges avec les meilleurs spécialistes du cancer du col de l’utérus, qui frappe particulièrement les femmes africaines. Au niveau politique, nous ciblons le renforcement de la coopération contre le cancer à l’intérieur du continent, pour améliorer les pratiques et trouver les moyens financiers correspondants », ajoute le docteur marocain.

Deux princesses et quatre premières dames engagées

Quatre épouses de présidents africains, Djené Kaba Condé (Guinée), Sylvia Bongo Ondimba (Gabon), Aïssata Issoufou (Niger) et Constancia Mangue Obiang (Guinée-equatoriale), ainsi que la princesse Ghida de Jordanie ont fait le déplacement à Marrakech à l’appel de Lalla Salma. Chacune d’entre-elle a indiqué sa volonté à lutter contre le cancer à travers les programmes de sa propre fondation ou association.

Dans son discours inaugural de la conférence, Lalla Salma a proposé la création d’un fonds régional puis international pour le traitement et la prévention du cancer, à l’instar de ce qui a été fait en matière de lutte contre le SIDA. La princesse a annoncé l’installation d’une école africaine d’oncologie à Marrakech, ainsi que la signature de trois partenariats entre son association et des institutions contre le cancer au Mali, en Mauritanie, au Niger et en Jordanie.

Urgence

Pour les épidémiologistes, il y a urgence : sur le continent africain, le cancer touche chaque année 700 000 nouvelles personnes et en tue 512 000. Un chiffre déjà effrayant. Mais en 2030, on s’attend à1,2 millions de morts annuelles liées à cette « maladie silencieuse ». En cause, les évolutions de mode de vie, notamment alimentaires, mais aussi la prévalence d’autres maladies, comme les hépatites ou la bilharziose, qui renforcent les risques de cancer sur le continent.

« Cette mobilisation de décideurs des systèmes de santé lors de cette conférence de Marrakech, peut amorcer un changement en Afrique. La volonté des gouvernants est essentielle pour lancer des plans anticancer efficaces, qui concernent plusieurs ministères, vont du dépistage au diagnostic, en passant par l’hospitalisation, l’hébergement des proches, et l’accès aux traitements.», estime le Professeur Hassan Errihani, directeur du centre d’oncologie (dédié au traitement du cancer) de Rabat.

Pour le spécialiste, il n’y a pas de fatalité : « L’exemple du Maroc montre que la qualité de prise en charge et la sensibilisation des populations peuvent progresser de manière spectaculaire si l’on y met les moyens », estime celui qui a été le premier à installer un service d’oncologie au Maroc : « On est passé d’un accélérateur linéaire (équipement radiothérapique NDLR) en 1990 à 20 aujourd’hui. Il n’y avait qu’un seul oncologue dans le pays en 2004, aujourd’hui nous sommes trente, et une cinquantaine sont en formation », ajoute-t-il, louant l’Association Lalla Salma, qui a soutenu cette modernisation et aide financièrement à la prise en charge des malades les plus pauvres.

Dépasser les déclarations d'intention

Reste, qu’au sud du Sahara, la situation est autrement plus difficile. « Certains pays, comme le Mali, la Mauritanie et le Gabon, mettent en place des centres de santé oncologiques adaptés, c’est encourageant. Malheureusement, dans beaucoup d’autres pays d’Afrique subsaharienne, on reste dans les déclarations d’intentions », regrette le directeur régional d’un laboratoire pharmaceutique, pour qui le chemin est encore long.

 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Maroc

France : le Conseil constitutionnel valide la déchéance de nationalité d'un jihadiste franco-marocain

France : le Conseil constitutionnel valide la déchéance de nationalité d'un jihadiste franco-marocain

Le Conseil constitutionnel a validé vendredi la déchéance de la nationalité française d'un jihadiste franco-marocain condamné pour terrorisme. Une décision qui était tr&egr[...]

France-Maroc : Salaheddine Mezouar reporte sa visite à Paris

Prévue vendredi prochain, la visite en France du ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, censée débloquer la crise diplomatique entre Paris et Rabat, a été[...]

Six ans de prison requis en France à l'encontre d'un "cyberjihadiste" marocain

Devant le tribunal correctionnel de Paris, le procureur a requis mardi six ans de prison et une interdiction définitive du territoire français à l'encontre de Fahd Jobrani, un "cyberjihadiste"[...]

Pour Carlos Ghosn, le "Nigeria est le Brésil de demain"

Pour Carlos Ghosn, le décollage du marché automobile nigérian n'est qu'une question de temps. Et l'alliance Renault-Nissan dont il est le patron se positionne déjà pour être[...]

Mezouar à Paris : réconciliation en vue entre le Maroc et la France ?

Le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, sera à Paris vendredi 23 janvier. Objectif : "Surmonter définitivement et durablement les obstacles qui entravent la[...]

Le Maroc répond à l'appel du large

Le littoral marocain, c'est 3 500 km de côtes cernées par le désert et les montagnes. Un espace stratégique pour le royaume, qui, en développant la pêche et le commerce[...]

Laurent Fabius ira à Rabat pour tenter de résoudre la crise diplomatique franco-marocaine

Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, a déclaré jeudi qu'il se rendrait "prochainement" à Rabat. Objectif : tenter d'apaiser les relations[...]

Sahara occidental : les offensives diplomatiques du Polisario

Près de quarante ans après la Marche verte, les partisans de la RASD se replient sur le terrain militant en jouant à fond la carte des droits de l'homme. Mais le Maroc n'entend pas se laisser faire.[...]

Maroc : Touria El Glaoui, fondatrice de la foire 1:54

Les femmes puissantes sont de plus en plus nombreuses sur le continent. Voici notre sélection - forcément subjective - des 50 Africaines les plus influentes au monde.[...]

Maroc : Ghislane Guedira, la finance et les phosphates

Cette femme discrète est "une workaholic, passionnée d'ingénierie financière", disent ses collègues. Diplômée de l'ESCP Europe en 1992, Ghislane Guedira a[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120115113113 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120115113113 from 172.16.0.100