Extension Factory Builder
05/01/2012 à 18:42
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Vitrine d'une boutique de lingerie. Vitrine d'une boutique de lingerie. © mikeleeorg/flickr/CC

Par un décret entré en vigueur le 5 janvier, le roi Abdallah a décidé d’imposer un personnel exclusivement féminin dans les boutiques de lingerie du pays. Une entorse à la loi islamique qui va faciliter le quotidien de nombreuses Saoudiennes.

La vente de lingerie féminine ne sera plus confiée aux hommes en Arabie Saoudite. Un décret royal, entré en application le 5 janvier, oblige à remplacer les vendeurs, souvent asiatiques, par des femmes de nationalité saoudienne. Il s’agit en réalité d’une loi datant de 2006 que le roi Abdallah avait décidé de mettre en œuvre en juin dernier en donnant six mois aux magasins de lingerie pour renouveler leur personnel. Après le droit de vote obtenu le 25 septembre dernier, les Saoudiennes ont donc marqué un point de plus.

Comme beaucoup de femmes, j’étais embarrassée de devoir acheter mes dessous à un homme me posant des questions sur mes mensurations.

Samar Mohammed, Institutrice

Elles bataillaient en effet pour pouvoir acheter leurs sous-vêtements sans être obligées de s’adresser à un homme. C’est Reem Assaad, une avocate des droits de l’homme vivant à Jeddah, qui avait lancé une campagne sur Internet en 2008 afin de faire part de leur exaspération et appeler au boycott des boutiques de lingerie féminine ayant des employés masculins.

« C’est une décision positive et courageuse », a affirmé à l’AFP Samar Mohammed, une institutrice de 37 ans. « Comme beaucoup de femmes, j’étais embarrassée de devoir acheter mes dessous à un homme me posant des questions sur mes mensurations ». Mais de façon paradoxale, les cabines d’essayage restent interdites dans tout le royaume. Les Saoudiennes se voient donc contraintes d’acheter des sous-vêtements trop grands ou trop petits ou bien d’utiliser les toilettes des centres commerciaux pour essayer leur lingerie.

Réforme contraire à la charia

La décision royale concerne 7 453 commerces, selon les chiffres du ministère du Travail, et 44 000 postes sont désormais à pourvoir. 28 000 Saoudiennes auraient d’ailleurs déjà posé leur candidature. Mais le décret ne contente cependant pas tout le monde dans un pays où la ségrégation des sexes est de rigueur. Le souverain saoudien se heurte ainsi à l’opposition du mufti cheikh Abdelaziz Al Cheikh qui a déploré lors de son sermon du vendredi 30 décembre que les vendeuses soient « en contact direct » avec les hommes gérant les commerces. « Les femmes vont vendre et compter l’argent », ce qui est « contraire à la religion », a-t-il ajouté. Il a averti les boutiques concernées qu’elles commettaient un « crime interdit par la loi islamique ».

En 2010, une haute instance religieuse avait émis une fatwa interdisant aux femmes de travailler comme caissières de supermarché  - un emploi autorisé par les autorités. Le texte indiquait que les femmes devaient « rechercher des emplois où elles ne peuvent pas être attirées par les hommes ni les attirer »…

Pour l’heure, le ministère du Travail a annoncé qu’il placerait quelque 400 inspecteurs dans les centres commerciaux afin de s’assurer de la bonne application de la mesure, mais aussi vérifier que les nouvelles vendeuses ne soient pas inquiétées. Le décret royal s’appliquera dans un deuxième temps, avant juillet 2012, aux magasins de produits cosmétiques.




 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Maghreb & Moyen-Orient

Libye : la deuxième vie de Khalifa Haftar dans la guerre au Tchad

Libye : la deuxième vie de Khalifa Haftar dans la guerre au Tchad

Khalifa Haftar a récemment refait surface en prenant en Libye la tête d'une offensive toujours en cours contre les milices islamistes de Misrata et Benghazi. Dans ce deuxième billet, Laurent Touchard* continu[...]

Tchad : l'opération française Manta de 1983 et le jeu des frictions nord-sud

Ce billet est le dernier d'une série en trois volets consacrée aux rapports belliqueux de la Libye de Kadhafi et du Tchad de Hissène Habré. Laurent Touchard* revient ici sur l'intervention[...]

1980-1983 : Libye-Tchad, de la seconde bataille de N'Djaména à celle de Faya Largeau

Ce billet est le deuxième d'une série en trois volets consacrée aux rapports belliqueux de la Libye de Kadhafi et du Tchad de Hissène Habré. Laurent Touchard* fait ici le point sur les[...]

1966 - 1979 : Kadhafi et Habré prennent le pouvoir en Libye et au Tchad

Ce billet est le premier d'une série en trois volets consacrée aux rapports belliqueux de la Libye et du Tchad. Laurent Touchard commence par faire le point sur les circonstances de l'arrivée au pouvoir de[...]

Affaire Kadhafi - Sarkozy : les propos de Bany Kanté contredits par Dupuydauby

Soupçonné d'être impliqué dans le financement présumé de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy par Mouammar Kadhafi en 2007, Cheick Amadou Bany Kanté a démenti[...]

Le convoi braqué à Paris était celui du fils "favori" de feu le roi Fahd d'Arabie saoudite

Le prince saoudien dont le convoi a été attaqué dimanche soir à Paris n’est autre que Abdelaziz ben Fahd, richissime playboy de 41 ans et "fils favori" du roi défunt. Les[...]

Gaza : les frappes israéliennes se poursuivent, le bilan s'alourdit

L'espoir d'une trêve durable entre l'armée israélienne et le Hamas s'est à nouveau brisé mardi avec la reprise des hostilités de part et d'autre de la bande de Gaza. Au total dix[...]

Reprise des hostilités à Gaza entre Israël et le Hamas

Trois roquettes ont explosé dans le sud d’Israël, malgré le cessez-le-feu qui devait courir jusqu'à minuit. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a aussitôt ordonné[...]

Arabie Saoudite : pour le grand mufti, l'État islamique et Al-Qaïda sont les ennemis n°1 de l'islam

Les jihadistes de l'État islamique et d'Al-Qaïda sont "l'ennemi numéro un de l'islam". Mardi, le grand mufti d'Arabie saoudite, Abdel Aziz Al-Cheikh, a pris position contre les idées[...]

Bruxelles : quand le chef du protocole arrache le niqab d'une princesse qatarie

Ivre, il... arrache le mauvais niqab ? Jean-Marie Pire, le chef du protocole de la ville de Bruxelles, n'a en tout cas pas fini d'entendre parler de cette histoire. Jeudi dernier, il a tout bonnement dévoilé de[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers