05/01/2012 à 11h:28 Par Jeune Afrique
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Une rue de Maiduguri, au Nigeria, en juillet 2010. Une rue de Maiduguri, au Nigeria, en juillet 2010. © AFP

Trois attaques à la bombe ont eu lieu mercredi 4 janvier 2012 dans deux villes du Nigeria. Des attentats revendiqués par la secte islamiste Boko Haram, qui avait lancé un ultimatum aux chrétiens, leur intimant l'ordre de quitter le nord du pays.

Boko Haram met en œuvre ses menaces. Après avoir lancé aux chrétiens un ultimatum de trois jours pour quitter le nord du Nigeria, dimanche 1er janvier, trois attaques à la bombe ont eu lieu mercredi à Maiduguri et Damaturu, deux villes du nord du pays. Des attentats revendiqués par la secte islamiste.

« Nous sommes responsables des explosions de bombes qui se sont produites ce soir à Damaturu et Maiduguri », a lancé hier Abul Qaqa, qui affirme être un porte-parole de Boko Haram.

« Il y a eu deux explosions dans le quartier de Mairi ce (mercredi) soir. Les engins étaient placés dans un fossé et personne n'était dans les environs quand ils ont explosé », a expliqué le porte-parole de la force militaire spéciale déployée à Maiduguri, le lieutenant-colonel Hassan Mohammed. Les explosions se sont produites près d'un poste des douanes, sans que cet établissement ait été la cible de l'attaque. Quant à Damaturu, l’explosion a eu lieu dans un bar à bière, a indiqué un client. Les établissements distribuant des boissons alcoolisées, fréquentés par des chrétiens, sont des cibles habituelles des islamistes.

Aucune victime n’a été déplorée dans ces attentats, mais deux personnes auraient par ailleurs trouvé la mort dans un incident séparé, selon une source hospitalière.

L’État d’urgence avait été décrété dans plusieurs zones du nord nigérian, majoritairement musulman et cible depuis plusieurs semaines d’attaques de combattants de Boko Haram, ont indiqué des militaires et des habitants. La secte islamiste avait riposté en menaçant d’attaquer les troupes gouvernementales dans ces zones.

Une adolescente tué

Les autorités avaient indiqué ne pas prendre au sérieux les menaces de Boko Haram mais avoir tout de même pris des mesures préventives.

Ces attentats à la bombe sont les premiers depuis l’instauration de l’État d’urgence par le président Goodluck Jonathan. Mais mardi soir, des hommes armés avaient aussi attaqué un commissariat dans l'État de Jigawa (nord), tuant une adolescente par balle. Un engin explosif lancé contre le commissariat n’avait, en revanche, pas explosé.

Le président nigérian Goodluck Jonathan a décrété l'état d'urgence ce week-end dans plusieurs zones du Nigeria, dont l'État de Yobe - voisin de celui de Jigawa - où les attaques de la secte ont fait des centaines de morts ces derniers temps. Il avait également annoncé la fermeture des frontières dans les régions les plus touchées par les violences.

L'instauration de l'état d'urgence a été décrétée suite aux « attentats de noël », revendiqués par Boko Haram, qui ont fait une cinquantaine de morts, dont la grande majorité a été tuée à la sortie d'un office religieux dans une église près d'Abuja.

La plus grande communauté chrétienne nigériane a, elle, menacé de riposter si les violences se poursuivaient.

(Avec AFP)
 

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