27/12/2011 à 12h:44 Par Jeune Afrique
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Des soldats guinéens. Des soldats guinéens. © AFP

Lundi 26 décembre, la Guinée-Bissau a assuré avoir déjoué une tentative de coup d'État, et arrêté plusieurs officiers de l'armée, parmi lesquels, le chef de la marine. Lors d'une opération de recherche des suspects, un militaire a été tué et deux autres ont été blessés.

Mis à jour à 12 h 43

Dans la nuit de lundi à mardi 27 décembre, suite à la tentative de coup d'État en Guinée-Bissau, l'armée a lancé une opération pour retrouver des suspects. Au cours des recherches, une unité militaire a échangé des tirs avec un groupe d'individus armés. Selon une source militaire, un militaire a trouvé la mort et deux autres ont été blessés au cours de la fusillade.

Selon des témoins, des échanges de tirs ont également eu lieu entre des militaires et des individus armés dans le quartier d'Antula, dans le sud de la capitale, entre 02H00 et 05H00 locales (et GMT).

Attaque de l'état-major

« Ce (lundi) matin, des militaires ont attaqué l'état-major (des forces armées) et subtilisé des armes. Au moment où je vous parle, beaucoup ont été arrêtés, dont la plupart des chefs de cette tentative de coup d'État », a expliqué la porte-parole du gouvernement de la Guinée-Bissau, Adiatou Djalo Nandigna. Des « hommes armés » auraient attaqué le siège de l'armée dans le quartier de Bissau-Velho ainsi que deux unités militaires dans la périphérie sud de la capitale, a expliqué le général Antonio Indjai, chef de l'armée. « Ces hommes ont voulu récupérer des armes que nous avons dans les armureries », a-t-il précisé.

Arrestation du chef de la marine

Aucune précision n'a été apportée quant à la quantité d'armes emportées, ou encore le nombre et le lieux de détention des personnes arrêtées. Seule certitude, le chef de la marine, le contre-amiral José Américo Bubo Na Tchuto, a été interpellé. Il est considéré par les autorités guinéennes comme «  le cerveau de ce soulèvement », selon les mots du porte-parole de l'armée, le commandant Samuel Fernandes. Ce n'est en tout cas pas la première fois que le nom du chef de la marine est cité dans ce genre d'affaire, dans ce pays en proie à de récurrents coups d'État et violences, dans lesquels l'armée est souvent impliquée. En 2008, José Américo Bubo Na Tchuto avait été accusé d'avoir voulu renverser le régime du président Joao Bernardo Vieira - assassiné en mars 2009 par des militaires - puis blanchi en mai 2010 par la justice militaire. Son nom a été également cité dans plusieurs affaires de trafics de drogue.

Réputé proche du général Antonio Indjai, José Américo Bubo Na Tchuto serait engagé depuis plusieurs mois dans une rivalité avec lui, selon des observateurs locaux. Outre le chef de la marine, un autre baron de l'armée figure parmi les personnes arrêtées, selon le porte-parole de l'armée. Il s'agit du général Watna Na Lai, conseiller d'Antonio Indjai et ancien chef d'état-major de l'armée de terre.

Prétentions salariales

Après l'attaque, un important dispositif militaire a été déployé dans la capitale, tandis que le domicile du Premier ministre Carlos Gomez Junior était gardé par des hommes de la Brigade d'intervention rapide (BIR, police). « Je ne sais pas si des politiciens sont impliqués dans cette tentative de coup d'État. Les enquêtes nous le préciseront », a-t-il déclaré en se félicitant du retour au calme dans son pays.

Le Premier ministre s'était brièvement réfugié à l'ambassade d'Angola, située en face de son domicile, après que des militaires armés se soient rendus tôt lundi matin chez lui, d'après des sources concordantes. On ignore ce que les militaires lui voulaient.

Certains avaient évoqué un mouvement d'humeur de soldats mécontents de leur traitement salarial.

« Nous n'avons aucune intention de nous en prendre à l'État », avait affirmé l'un d'entre eux par téléphone, mécontent que l'augmentation salariale décidée en novembre en vue de la fête de Noël n'ait profité qu'à une poignée de militaires. « Les officiers supérieurs ont eu une grande part et nous, soldats, n'avons eu qu'une légère augmentation », avait-il déploré.

(Avec AFP)

 

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