23/12/2011 à 11h:15 Par André Silver Konan
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Des soldats des FRCI en août 2011 à Abidjan. Des soldats des FRCI en août 2011 à Abidjan. © AFP

Les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) sont de plus en plus impopulaires. Le chef de l’État Alassane Ouattara en a conscience. Le jeudi 22 décembre, son ministre délégué à la Défense a conduit une mission de repentance à Vavoua (centre-ouest), localité située en ex-zone assiégée, qui a été le théâtre d’affrontements meurtriers entre des habitants révoltés et des soldats des FRCI tortionnaires.

« Je suis venus ici ce matin, au nom du président de la République, M. Alassane Ouattara, pour vous apporter sa compassion, celle du gouvernement et ses condoléances. Le président de la République vous demande pardon. Ce qui est arrivé est malheureux » a déclaré Paul Koffi Koffi à Vavoua.

Le 18 décembre dernier, un groupe de soldats des FRCI conduits par leur commandant, avait procédé à une arrestation musclée d’un jeune homme, qui avait, par la suite succombé à ses blessures. Des habitants de la localité, excédés par les exactions répétées des FRCI, s’étaient joints aux proches de la victime, pour conduire une expédition punitive au quartier général des militaires. S’en est suivi un affrontement armé, aux fusils et aux coupe-coupe, qui avait causé la mort d’au moins quatre civils.

Le vent d’indignation et de colère que cette énième exaction des FRCI avait soulevé, a conduit le président ivoirien à mettre en place une police militaire, dirigée par l’un des plus ouattaristes des ex-comzones, Koné Zakaria. En outre, la hiérarchie militaire a procédé à l’arrestation du commandant local des FRCI et de ses six éléments qui ont provoqué le drame. De même, a assuré le ministre délégué à la Défense, « tous les éléments en poste à Vavoua ont été sommés de quitter la ville et sont remplacés par de nouveaux éléments auxquels il est recommandé de se limiter à l’exercice de leur stricte mission militaire ».

Population exaspérée

Ces mesures devraient-elles suffire à rassurer les habitants de la localité ? Pas si sûr. Un habitant joint au téléphone par jeuneafrique.com, ne digère toujours pas sa colère : « Depuis 2002, nous faisons l’objet de toutes les humiliations de la part de soldats, qui hier s’appelaient Forces nouvelles, et qui, aujourd’hui se font appeler FRCI. Nous ne voulons plus voir ces soldats qui n’ont aucun respect pour les civils. Si on ne fait que les remplacer par d’autres qui ont la même mentalité, alors c’est nous qui demandons pardon au président, parce que nous l’avons élu pour que nous vivions, pas pour mourir sous des balles de gens que nous avons accueilli hier comme des sauveurs ».

L’image des FRCI est de plus en plus écornée depuis la chute de Laurent Gbagbo le 11 avril 2011. Récemment, un rapport d’International crisis group (ICG) a pointé du doigt, la « criminalisation » de celles-ci. Jeudi, l’Organisation des nations-unies en Côte d’Ivoire (Onuci) s’est inquiétée des « nombreuses violations des droits de l’homme imputées aux FRCI en plusieurs endroits du pays et qui conduisent à des réactions des populations excédées » et a, une fois de plus, invité les autorités à y mettre un terme, par des « mesures fermes ».

A Vavoua, Alassane Ouattara a offert 1 million FCFA (environ 1500 euros) à chacune des cinq familles endeuillées. Les autorités répètent les mesures visant non seulement à discipliner les FRCI, mais à rassurer la population. Une trentaine de soldats ont été arrêtés par les services du procureur militaire, depuis près d’une semaine, pour différents motifs. Hier jeudi, la police militaire, a traqué dans les rues d’Abidjan, des soldats qui avaient l’habitude de parader sans autorisation. Des mesures saluées certes, mais jugées insuffisantes.

 

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