22/12/2011 à 16h:13 Par Jeune Afrique
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Législatives au Gabon : 114 des 120 députés pour le parti de Bongo. Législatives au Gabon : 114 des 120 députés pour le parti de Bongo. © AFP

Le taux de participation aux législatives gabonaises du 17 décembre est de 34%, selon les chiffres officiels publiés mercredi. Le parti d'Ali Bongo emporte la victoire.

D’après les chiffres de la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cenap) présentés par le ministre de l’Intérieur gabonais Jean-François Ndongou, seul 255 570 des 745 645 inscrits se sont déplacés pour donner leur voix. Soit 34,2% de participation et 65,72% d’abstention.

"Élections normales"

Ces élections, boycottées par une partie de l’opposition, sont une victoire pour le parti du président Ali Bongo, le Parti démocratique gabonais (PDG), qui obtient 114 des 120 sièges de députés.

« Cette élection est tout à fait normale, avec plus de 23 partis politiques qui ont participé » a estimé le ministre de l’Intérieur, Jean-François Ndongou. Ces chiffres ne sont en effet pas une surprise puisque le taux de participation aux élections gabonaises est relativement le même depuis 1996. En ce qui concerne les élections législatives et locales, il est ainsi rare de dépasser les 40%, même si les présidentielles permettent en général de mobiliser plus de 50% des inscrits.

Jean-François Ndongou a écarté l’hypothèse que le fort taux d’abstention soit dû au boycott d’une partie de l’opposition qui avait remercié mercredi le peuple gabonais pour son soutien. « Combien de partis n’ont pas participé ? A peine 5 ou 6. Ils étaient combien de députés lors de la précédente législature ? Ceux qui n’ont pas voulu participer savaient à quoi s’en tenir », a précisé le ministre.

"C’est la dictature de la démocratie"

Ce dernier a également balayé les accusations de fraude de l’opposant Jules Aristide Bourdes Ogouliguende, ancien président de l’Assemblée nationale : « Quand il a été élu en 2006, il y a eu fraude ? En 2006, la population de sa circonscription a voté pour qu’il aille à l’assemblée. Là il n’était pas candidat et celui qui s’est présenté à son siège a été élu comme lui l’avait été en 2006. »

« C’est la dictature de la démocratie. Les urnes ont choisi les représentants du peuple » a ajouté le ministre interrogé sur le déséquilibre de représentation au sein d’une assemblée dénuée de toute force d’opposition.

Après une concertation entre le président Ali Bongo, l’opposition et la société civile en avril, le gouvernement avait saisi la Cour constitutionnelle pour demander un report à 2012 des élections, afin de permettre l’introduction du système biométrique, qui permet d’identifier plus précisément l’électeur et donc d’éviter les fraudes.

Boycott de l’opposition

La cour constitutionnelle avait cependant refusé le report, amenant une partie de l’opposition à suspendre sa participation à la commission électorale.

Si certaines de ces forces avaient décidé de boycotter les législatives gabonaises, d’autres dissoutes, n’ont pu y participer. C’est le cas de l’Union nationale d’André Mba Obame, qui a déclaré vendredi 16 décembre ne pas cautionner ce qu’il considérait comme une « mascarade électorale ». « Les gens du PDG vont bourrer les urnes. La participation sera très faible. Ils vont gagner mais quel intérêt ? Quel honte ! »

Mardi 20 décembre, les forces d’opposition avaient par ailleurs annoncé dans un communiqué commun qu’elles ne reconnaissaient pas la validité du scrutin, estimant que « l’Assemblée nationale qui en est issue représente moins de 10% de la population. »

Une chose est sûre, les législatives de 2011 permettent au président Ali Bongo de renforcer sa mainmise sur le parlement puisqu’il obtient 16 sièges supplémentaires. Lors de sa précédente législature, le parti ne disposait que de 98 des 120 sièges de la chambre basse.

(Avec AFP)
 

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Gabon

Gabon : les étudiants affrontent une nouvelle fois les forces de l'ordre à Libreville

Gabon : les étudiants affrontent une nouvelle fois les forces de l'ordre à Libreville

Quatre étudiants de l'Université Omar-Bongo de Libreville (UOB) ont été arrêtés et un autre blessé après des heurts avec les forces de l’ordre jeudi 24 mai, a affirm&eac[...]

Bois : Rougier fait machine arrière à la bourse

Confronté à la difficulté de dynamiser son cours en bourse, le groupe forestier français Rougier quitte Euronext pour un autre compartiment, dédié aux PME.[...]

Gabon : le rapporteur de l'ONU déplore "l'impunité" des "trafiquants de personnes"

Le rapporteur spécial de l'Onu sur le trafic d'êtres humains, Joy Ngozi Ezeilo, a jugé vendredi "alarmant" l'impunité des "trafiquants de personnes" au Gabon, au terme d'une[...]

Gouvernement Ayrault : diversité et parité au rendez-vous, Fabius numéro deux du gouvernement

Le nouveau Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a composé mercredi 16 mai le premier gouvernement du quinquennat de François Hollande. Laurent Fabius aux Affaires étrangères, Jean-Yves Le[...]

Armée française en Afrique : renégociation des accords de défense, rompre avec la "Françafrique"

Le 18 avril, Paris a finalisé la remise à plat des accords militaires passés avec ses anciennes colonies. Au final, des bases moins nombreuses et des effectifs réduits. L'essentiel, c'est de se[...]

Union Africaine : toujours pas de solution à la question de la présidence de la Commission

Réunis lundi 14 mai à Cotonou, les huit dirigeants du comité ad hoc de l’Union africaine ne sont pas parvenus à trouver une solution face à l’épineuse question du choix[...]

Gabon : Guy Nzouba Ndama, Bongo forever

Président de l'Assemblée gabonaise depuis 1997, Guy Nzouba Ndama est un pilier du système Bongo. Après avoir servi le père, il a soutenu le fils. Rencontre avec un homme qui a fait de la[...]

Gabon - BTP : Ali double la mise

Le président Bongo Ondimba souhaite investir 18 milliards d'euros en cinq ans via l'Agence nationale des grands travaux. C'est deux fois plus que ce qu'il avait annoncé en octobre.[...]

Marchés publics africains : le leadership chinois pointé du doigt

Barrages, routes, chemins de fer... Depuis dix ans, Pékin multiplie les contrats en Afrique, sur le modèle controversé "matières premières contre infrastructures". Mais d'autres[...]

Industrie pharmaceutique : William Kouadio-Tiacoh prend soin du continent

Directeur général de la zone Afrique centrale chez Sanofi, le pharmacien franco-ivoirien William Kouadio-Tiacoh décline la stratégie du géant français dans douze pays.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers