Extension Factory Builder
16/12/2011 à 19:04
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le 14 décembre, le Parlement européen a rejeté un accord de pêche entre l'UE et le Maroc. Le 14 décembre, le Parlement européen a rejeté un accord de pêche entre l'UE et le Maroc. © AFP

Le rejet par le Parlement européen, le 14 décembre, d’un accord de pêche autorisant 120 bateaux à pêcher dans les eaux marocaines, tend les relations entre le Maroc et l’UE et divise l’Europe en deux.  

Le Parlement européen (PE) a rejeté, mercredi 14 décembre, le protocole d’extension de l’accord de pêche entre le Maroc et l’Union européenne, élaboré par la Commission européenne. La décision des députés de Strasbourg bloque un protocole d’un an, qui permettait à 120 bateaux européens, notamment espagnols, de pêcher dans les eaux marocaines en échange de 36,1 millions d’euros par an et de redevances sur les captures. Une activité concernant principalement la sardine et le poulpe, notamment au large du Sahara occidental.

Fermeté marocaine

326 députés se sont opposés à l’accord, contre 296 qui y étaient favorables. Dans une résolution séparée qui a recueilli 544 votes contre 123, les parlementaires européens ont également demandé qu’un futur accord sur la pêche avec le royaume respecte « entièrement » le droit international et « bénéficie aux populations locales, y compris le peuple sahraoui ».

Le gouvernement marocain a réagi immédiatement en demandant aux navires de pêche européens de quitter les eaux marocaines avant mercredi minuit. Un communiqué de presse du ministère des Affaires étrangères note que le Maroc n’a pas été demandeur de la prorogation de l’accord et qu’il a « répondu à une sollicitation vive et appuyée de la part de l’Union européenne ». Sans évoquer directement la question du Sahara occidental, la diplomatie marocaine insiste sur les considérations budgétaires, économiques et écologiques qui justifient le rejet du protocole, jugeant au passage qu’ « au-delà de ces arguments […], la campagne menée par des milieux hostiles à l’intégrité territoriale du royaume, n’a pas eu d’effet. »

De son côté, le royaume s’est attelé, depuis deux ans, à une stratégie nationale de développement du secteur, baptisée Plan Halieutis. Les opérateurs nationaux de la pêche se plaignent de la raréfaction de la ressource, accaparée par des opérateurs européens mieux équipés qu’eux. Les péripéties de ces derniers jours ne sont pas pour déplaire aux armateurs et patrons d’usine de conservation et de transformation de produits de la mer. « Nous avons les moyens de développer ce secteur sans l’Europe », explique le ministre sortant de l’Agriculture et des Pêches, Aziz Akhannouch.

Une Europe divisée

Pour sa part, la commissaire européenne aux Affaires maritimes et à la Pêche, la Grecque Maria Damanaki, préfère ne pas s’avancer : « Je ne sais pas si un nouvel accord de pêche avec le Maroc est possible. » Elle estime qu’un futur accord devrait « apporter des réponses convaincantes aux questions relatives à la soutenabilité environnementale, la profitabilité économique et la légalité internationale ». Une position qui reprend l’argumentaire de la majorité parlementaire. Côté marocain, on note que la commissaire européenne n’a démontré ni son efficacité ni son enthousiasme à défendre un accord qu’elle a pourtant elle-même négocié.

Face à des gouvernements européens plutôt favorables à l’accord  - notamment ceux d’Espagne, d’où sont originaires la quasi-totalité des navires de pêches andalous bénéficiaires de ces autorisations de pêche, mais aussi du Portugal et de France - s’est constitué un front majoritaire de députés européens pro-Polisario, sensibles au lobbying intense des militants indépendantistes. Ces élus, majoritairement de gauche ou écologistes (mais pas seulement), sont pour l’essentiel suédois, finlandais, autrichiens, néerlandais ou allemands. Une chose est sûre : l’avenir de la coopération euro-marocaine en matière de pêche entre en eaux troubles.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

International

Énergie : à Paris, des maires africains se mobilisent pour l'électrifrication du continent

Énergie : à Paris, des maires africains se mobilisent pour l'électrifrication du continent

Une vingtaine de maires francophones de grandes villes africaines se sont réunis vendredi à Paris, à l'initiative de Jean-Louis Borloo et de Anne Hidalgo, maire de la capitale française, pour mettre en [...]

Fifa : Figo, Hayatou et les lusophones

L'Afrique unie derrière Issa Hayatou, l'inamovible patron de la CAF, pour voter comme un seul homme pour Sepp Blatter, l'inamovible patron de la Fifa ? Voire...[...]

Baisers amers d'Istanbul

Istanbul. Printemps 2015. J'ai vu la ville aux mille mosquées penchée sur le Bosphore au milieu de ses splendeurs ottomanes.[...]

Cambodge : 17 avril 1975, le cauchemar commence

Il y a tout juste quarante ans, Phnom Penh tombait entre les mains des soldats de Pol Pot et était aussitôt évacué par la force. Jusqu'en 1979, le régime khmer rouge allait faire[...]

Peinture : l'Ivoirien Ouattara Watts, au-delà de Basquiat

L'artiste ivoirien Ouattara Watts expose jusqu'au 5 mai à Paris. L'occasion de revenir sur l'œuvre de celui qui fréquenta le génie de l'art contemporain Basquiat à la fin de sa vie.[...]

Méditerranée : des migrants musulmans accusés d'avoir jeté douze chrétiens à la mer

Un drame mêlant religion et immigration s’est produit mercredi en Méditerranée. Douze Chrétiens auraient été jetés par-dessus bord après une altercation avec des[...]

Les sons de la semaine #35 : "Shake The Dust", Art Melody, Lino, Neg Marrons

Bienvenue dans notre d'horizon musical hebdomadaire ![...]

Moi, Batista, immigré angolais, la France m'a jeté en prison après des tests osseux

Batista, immigré angolais, dit être né en 1996. Arrivé en France en 2012, il a bénéficié, en tant que mineur et durant deux ans, de l'aide sociale à l'enfance. Avant que[...]

Tunisie : tapis rouge pour la démocratie

La visite de Béji Caïd Essebsi à Paris a été marquée par des honneurs exceptionnels. Les deux pays peuvent maintenant envisager une nouvelle amitié. En attendant que les[...]

Racistes, les jeux vidéo ?

Traditionnellement absents ou relégués au second plan, les personnages noirs sont souvent caricaturaux : agressifs, dangereux et athlétiques. Des héros moins stéréotypés[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20111216190424 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20111216190424 from 172.16.0.100