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15/12/2011 à 12:49
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Des Shebab dans les rues de Mogadiscio en Somalie. Des Shebab dans les rues de Mogadiscio en Somalie. © AFP

Depuis plusieurs mois, miliciens Shebab somaliens et soldats kényans se livrent une lutte armée sans merci. Et lorsqu'ils ne sont pas au front, les bélligérants poursuivent le combat sur internet via le réseau social Twitter.

Un front 2.0 dans le conflit entre l’armée kényane et les Shebab somaliens ? Entre le 9 et le 11 décembre, les milices islamistes et le major Emmanuel Chirchir, porte-parole des troupes de Nairobi, se sont affrontés verbalement sur le réseau social Twitter. Une version 2.0 de la guerre que se livrent toujours les soldats kenyans et les Shebab dans le sud de la Somalie.

Implantés récemment sur le célèbre site de micro-blogging sous l’acronyme @HSMPressOffice  (HSM pour Harakat al-Shabab al-mujahideen), les Shebab ont signé leur arrivée sur le réseau social par un premier tweet dans la langue du prophète : « Au nom de Dieu, le Tout miséricordieux », avant de communiquer par la suite en langue anglaise sur les actions de leurs unités de combat.

Une capture d'écran du compte Twitter des Shebab.

Extrait d'échanges sur Twitter entre @HSMPress (Shebab) et @MajorEChirchir (armée kényanne)

Bataille de tweets

Cette offensive propagandiste des milices islamistes sur Twitter n’est pas passée inaperçue au Kenya. Le major Emmanuel Chirchir, porte-parole de l’armée et très présent sur le réseau social où il communique depuis le mois d’octobre sur les avancées des soldats kenyans en Somalie, est ainsi passé à l’offensive le 9 décembre en fustigeant les pratiques des Shebab notamment par ce tweet : « la vie a meilleur à offrir que la lapidation de femmes innocentes. »

La réplique de la cellule Internet des Shebab n’a pas tardé. Sur le compte HSM Press Office, plusieurs tweets ont violemment pris à parti le major Emmanuel Chirchir. D’abord sur la question des mœurs des Shebab : « les valeurs ne sont rien sans la présence des hommes. Vos garçons inexpérimentés s’enfuient devant la confrontation et reculent devant la mort. »

Avant d’embrayer sur l’intervention de l’armée kényane en Somalie : « 50 000 soldats éthiopiens ne pourraient pas pacifier la Somalie. Pensez-vous que quelques soldats kenyans désabusés sont à la hauteur de la tâche ? ». Le major Emmanuel Chirchir, qui compte près de 11 000 abonnés sur son compte Twitter, n’a pas répondu directement à ce dernier affront. 

De leur côté, toujours sur Twitter, les islamistes somaliens ont déclaré :  « le Jihad mené ici en Somalie doit continuer jusqu’à ce que le pays soit purifié de tous les envahisseurs ». Dans les colonnes du New York Times, Seth G. Jones, expert américain des organisations terroristes, constate que pour les islamistes, les réseaux sociaux ne sont en réalité rien d'autre qu'« un moyen de diffuser leur propagande plus efficacement que dans le passé ».

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