13/12/2011 à 09h:34 Par Jeune Afrique
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Moncef Marzouki, devant l'Assemblée constituante de Tunis le 12 décembre 2011. Moncef Marzouki, devant l'Assemblée constituante de Tunis le 12 décembre 2011. © AFP

Le dirigeant du Congrès pour la république (CPR) a été élu président lundi 12 décembre par l’Assemblée constituante tunisienne. Moncef Marzouki devra ensuite nommer un Premier ministre, qui devrait être Hamadi Jebali (Ennahdha).

C’est sans surprise que les Tunisiens ont appris le nom de leur nouveau président lundi 12 décembre. Moncef  Marzouki, le dirigeant du Congrès pour la république (CPR) a été élu lundi par l’Assemblée nationale et accède ainsi à la magistrature suprême. À 66 ans, ce farouche opposant de Ben Ali a obtenu 153 voix sur 202. Trois députés ont voté contre lui, deux se sont abstenus tandis que 44 autres ont voté blanc.

Accéder à cette fonction est « un formidable honneur », selon les mots du nouveau président qui s’est satisfait de devenir le président « de la première république arabe libre », évoquant sa fierté « de porter la plus précieuse des responsabilités, celle d'être le garant du peuple, de l'État et de la révolution ».

Costume gris, chemise blanche et dépourvu de cravate, Moncef Marzouki a arboré un style simple, comme à son habitude, à l'heure de remercier tous les députés, même ceux qui n’ont pas soutenu son élection. « Le message par lequel vous me dîtes "nous t'aurons à l'œil" est bien reçu », a-t-il lancé en direction de ses opposants.

« Ce jour est mémorable, vive la Tunisie du plus profond de mon cœur », a ajouté ce médecin de formation, farouche défenseur des droits de l’Homme, qui prend ses quartiers mardi matin au palais présidentiel de Carthage, juste avant de prêter serment sur le Coran devant la Constituante. Lors de la cérémonie de passation des pouvoirs avec le président intérimaire Fouad Mebazaa, Moncef Marzouki devra jurer d'oeuvrer à l'établissement d'un État de droit et de rester fidèle « à la mémoire des martyrs, aux sacrifices consentis par les Tunisiens au fil des générations, et aux objectifs de la révolution ».

Chef suprême des forces armées

La seconde mission du chef du CPR sera de désigner un chef de gouvernement. Hamadi Jebali, du parti Ennahdha, devrait normalement accéder à ce poste. L’équipe qu’il choisira devra par contre obtenir la confiance de l'Assemblée.

En accédant à la présidence, Moncef Marzouki a le devoir d’abandonner toute responsabilité au sein de son parti. Le prix de l'ambition pour celui qui avait annoncé vouloir accéder à la magistrature suprême trois jours après la chute de Ben Ali, le 14 janvier. Intransigeant, talentueux tribun, Moncef Marzouki devra pourtant faire face à la critique. Ses détracteurs lui reprochent de s’être « vendu » au parti islamiste.

Les opposants qui ont voté blanc fustigent surtout la volonté du parti vainqueur des élections de vouloir s’arroger tous les pouvoirs. Le Premier ministre, issu d’Ennahdha, devrait en effet jouir de prérogatives bien plus élevées que le président. Ce dernier conserve la direction des forces armées mais devra partager la politique étrangère avec le Premier ministre.

Les nominations des hauts  gradés et du Mufti (autorité religieuse), devra répondre à une concertation avec le chef du gouvernement. Le président, dont le mandat devrait durer au moins un an, jusqu'à la rédaction et l'adoption d'une Constitution définitive et la tenue d'élections générales, peut être démis de ses fonctions si deux-tiers des élus le décident.

(Avec AFP)




 

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Tunisie

Tunisie : des groupes salafistes 'menacent les libertés' selon une ONG

Tunisie : des groupes salafistes "menacent les libertés" selon une ONG

Des groupes salafistes menacent les libertés en Tunisie, a estimé vendredi le président d'honneur de la Ligue tunisienne de la défense des droits de l'homme (Ltdh) l'avocat Mokhtar Trifi.[...]

Tennis : les Africains de Roland Garros

Le tennis n’est assurément pas le sport le plus pratiqué d’Afrique. Les joueurs du continent sont donc peu nombreux à participer, à partir de dimanche 27 mai, à la grand messe du[...]

France-Afrique : la révolution tunisienne a laissé des traces

Zyed Krichen est le directeur de la rédaction du quotidien tunisien "Le Maghreb".[...]

Droits de l'homme en Afrique : progrès incertains au Nord, attentes pour le Sud

Amnesty International a rendu public, jeudi 24 mai, son rapport annuel sur l’état des droits de l’homme dans le monde. En ce qui concerne le continent africain, l’année 2011 a été[...]

Tunisie : des fournisseurs dans la tourmente

Pilier de l'industrie automobile de Tunisie, le secteur du câblage a été secoué par la montée des revendications sociales. Crise mondiale oblige, il risque en outre de réduire la voilure[...]

Tunisie : la peine de mort requise contre Ben Ali, jugé par contumace

Le procureur du tribunal militaitre du Kef a requis la peine de mort, mercredi 23 mai, contre le dictateur tunisien déchu Zine el-Abidine Ben Ali, jugé par contumace. Une décision qui ne fait pas[...]

Tunisie : la société civile se montre

Dans un contexte politique aussi complexe que confus et un environnement socioéconomique encore instable, la société civile tunisienne émerge, prend des initiatives et montre qu'elle est capable de[...]

Libye : la Tunisie va extrader l'ancien Premier ministre de Kaddafi, Baghdadi Mahmoudi, vers Tripoli

Le président tunisien, Moncef Marzouki, a donné son accord pour extrader dans les "jours ou semaines" à venir l'ancien Premier ministre libyen de Mouammar Kaddafi, Baghdadi Mahmoudi, vers la Libye.[...]

La Berd se dote d'un fonds spécial pour encourager les démocraties arabes

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), créée en 1991 pour aider les ex-pays communistes à réformer leur économie, s'est dotée samedi d'un[...]

Tunisie : des mosquées appellent les jeunes à aller combattre en Syrie

Certaines mosquées tunisiennes aux mains d'islamistes radicaux appellent les jeunes à "aller au djihad" en Syrie contre le régime de Bachar al-Assad, a reconnu vendredi un responsable du[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers