L'hôtel Dombia, à Hombori, où les deux Français ont été enlevés le 24 novembre dernier.
© Serge Daniel/AFP
L’enquête sur l’enlèvement à Hombori de Philippe Verdon et Serge Lazarevic piétine, comme celle du rapt de quatre touristes à Tombouctou (dont un a été assassiné). Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) est soupçonné d’avoir tout orchestré, mais n’a encore rien revendiqué. Peut-être parce que ses djihadistes ne sont pas directement impliqués dans ces affaires.
L’ombre d’Al-Qaïda au Maghreb islamique plane sur l’enlèvement de Philippe Verdon et Serge Lazarevic, deux ressortissants français, à Hombori le 24 novembre, dans le nord-est du Mali. Des sources sécuritaires régionales ont annoncé mercredi 7 décembre que l’organisation terroriste était à l’origine de leur rapt, alors que celui-ci n’a toujours pas été officiellement revendiqué, deux semaines après les faits.
« Selon les informations recoupées, Aqmi est responsable de l'enlèvement de deux ressortissants français en novembre à Hombori », a affirmé une source sécuritaire malienne. Un membre des forces de sécurité nigérienne a ajouté que ce rapt est l’œuvre des « hommes d'Abdelkrim Taleb, qui dirige une branche d'Aqmi ». La nébuleuse islamiste « veut intimider et se rendre maître de tout le Sahara. La semaine dernière encore, ils [membres d'Aqmi, NDLR] ont interrompu les travaux de construction d'une caserne dans le nord du Mali et renvoyé tous les manœuvres » qui y travaillaient, ajoute-t-elle.
Dans une autre affaire survenue le lendemain - trois touristes enlevés à Tombouctou et un autre assassiné car il refusait de suivre ses ravisseurs -, Aqmi paraît moins directement impliqué. « Les auteurs du coup de Tombouctou ne sont pas directement des combattants d'Al-Qaïda », affirme une source malienne proche du dossier. « On a affaire à des sous-traitants, ou à un groupe jusque-là inconnu, qui a posé un acte pour revendiquer quelque chose qu'on ne connaît pas encore », a-t-elle ajouté. Mais selon plusieurs sources concordantes, un groupe de bandits dont d’ex-combattants de Mouammar Kaddafi - qui seraient entre 2 000 à 4 000 sur le sol malien selon les autorités - serait impliqué dans l'affaire.
Trafiquants de drogue ?
Mais d'autres pistes encore sont envisageables, même si elles sont a priori moins vraisemblables. Pour un responsable d’Interpol, « il n’y a aucune piste sérieuse pour Tombouctou. C'est toujours flou, il y a des hypothèses. Trafiquants de drogue qui veulent faire pression pour que le Mali libère d'autres trafiquants aux arrêts ? Sous-traitants d'Aqmi ? Nouveau groupe armé ? » s’interroge-t-il. Des enquêteurs français ont même été envoyés sur place fin novembre pour tenter d’élucider l’affaire.
En outre, les deux Français enlevés à Hombori le 24 novembre, Philippe Verdon et Serge Lazarevic, sont des personnages au passé trouble, qui ont été d’abord présentés comme des géologues travaillant pour une entreprise malienne. Qui sont-ils vraiment et quelles étaient les vraies raisons de leur présence au Mali ? Beaucoup de questions pour l’heure sans réponse.
(Avec AFP)

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