30/11/2011 à 10h:03 Par Jeune Afrique
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Le transfert de Gbagbo seul à la CPI - sans partisans de Ouattara - peut choquer. Le transfert de Gbagbo seul à la CPI - sans partisans de Ouattara - peut choquer. © AFP

Laurent Gbagbo est arrivé dans la nuit de mardi à mercredi aux Pays-Bas, où il doit désormais être jugé par la CPI pour des crimes de sang commis pendant la crise postélectorale ivoirienne. Un transfèrement qui, comme le prévoyait le camp d'Alassane Ouattara, est intervenu juste avant les élections législatives.

Mis à jour à 10h03.

Ce que ses militants redoutaient le plus est finalement arrivé juste avant les élections législatives du 11 décembre en Côte d'Ivoire. Inculpé et visé par un mandat d'arrêt qui lui a été signifié dans la journée de mardi 29 novembre, comme l'a révélé Jeune Afrique, Laurent Gbagbo a été aussitôt transféré et incarcéré dans une prison de la CPI, à La Haye. (Pays-Bas).

Dans la nuit de mardi à mercredi, l'ancien président ivoirien a pris un avion à Korhogo où il était détenu depuis sa chute en avril dernier. Affrété par Abidjan, l'appareil a pris la direction de Rotterdam, où il est arrivé peu avant 4 heures (soit 3 heures GMT). Gbagbo, âgé de 66 ans, a ensuite été accompagné en minibus au centre de détention de la Cour, dans une prison de Scheveningen, dans la banlieue de La Haye, où il attend désormais son procès.

Laurent Gbagbo est soupçonné par la Cour d'avoir « engagé sa responsabilité pénale individuelle en tant que coauteur indirect, pour quatre chefs de crimes contre l'humanité à raison de meurtres, de viols et dautres violences sexuelles, d'actes de persécution et d'autres actes inhumains », a annoncé la CPI dans un communiqué. Une audience de comparution initiale, destinée notamment à vérifier l'identité du suspect, l'informer de ses droits et des crimes qui lui sont imputés, sera tenue prochainement, précise la CPI.

La CPI impartiale ?

Se pose désormais la question des mandats d'arrêts contre l'épouse de l'ex-chef de l'État, Simone Gbagbo, mais aussi contre Charles Blé Goudé, chef des Jeunes Patriotes qui publie prochainement son témoignage sur la crise ivoirienne, lesquels sont tous deux dans le collimateur de la CPI. On pourrait rajouter sur cette liste du camp Gbagbo le général Bruno Dogbo Blé, ancien patron de la Garde républicaine, et Vagba Faussignaux, l'ex-commandant de la Marine nationale.

La justice internationale ne saurait cependant montrer son impartialité qu'en inculpant également des personnalités proches de l'actuel président Alassane Ouattara, dont d'ex-chefs de guerre soupçonnés par de nombreuses ONG internationales d'avoir commis des crimes de guerre pendant la crise postélectorale, voire des crimes contre l'humanité. Mais tous les militaires pro-Ouattara cités dans les rapports des ONG ont été nommés à des postes stratégiques dans l'armée nationale.

(Avec AFP)

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