25/11/2011 à 12h:14 Par André Silver Konan
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À Abidjan, la presse indépendante des partis politiques est très difficile à trouver. À Abidjan, la presse indépendante des partis politiques est très difficile à trouver. © AFP

Après avoir été arrêtés jeudi soir pour des raisons très controversées, trois journalistes pro-Gbagbo de "Notre Voie", le quotidien du FPI, devraient être relâchés aujourd'hui. Et les faits qui leur sont reprochés requalifiés en simples délits de presse.

Placés en garde à vue jeudi soir, trois journalistes de Notre Voie (journal du Front populaire ivoirien, le FPI de Laurent Gbagbo), devraient être relâchés dans le courant de la journée après leur audition à la police criminelle du Plateau (commune d'Abidjan).

« J'ai ordonné aux enquêteurs de la direction de la police criminelle de les relâcher », a confié à jeuneafrique.com le procureur de la République, près le tribunal de première instance du Plateau, Simplice Kouadio Koffi, joint au téléphone à Abidjan.

Le procureur explique que les trois journaliste du quotidien pro-Gbagbo, dont le directeur de publication, César Etou (en photo ci-dessous, © D.R.), ont été placés en garde à vue après la publication en début de semaine de deux articles « constitutifs pour l'un de délit d'offense au chef de l'État et pour l'autre de délit d'atteinte à l'économie nationale ».

"Inadmissible"

Dans le premier article, Notre Voie affirmait que la Présidence ivoirienne avait acheté une quarantaine de Mercedes « pendant que les Ivoiriens meurent de faim ». Dans le second, le journal reprenait les rumeurs, au lendemain du démenti de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'ouest (BCEAO), sur l'improbable dévaluation du franc CFA.

« C'est inadmissible que des journalistes soient placés en garde à vue, rétorque Abdoulaye Villard Sanogo, rédacteur en chef de Notre Voie. La loi sur la presse est catégorique sur ce point, aucun journaliste ne peut être arrêté suite à un délit de presse ».

Le procureur qui poursuit les journalistes a une autre lecture des textes : « la loi sur la presse protège en effet les journalistes pour ce qui est du délit de presse, ce qui est le cas de l'offense au chef de l'État. Cependant, l'atteinte à l'économie nationale n'est pas un délit de presse, mais un délit de droit commun, et dans ce cas, tout journaliste peut être arrêté ».

Requalification des faits

Simplice Kouadio Koffi a cependant fait savoir qu'il a décidé de requalifier tous les faits en délit de presse, raison pour laquelle il a ordonné la relaxation des journalistes. Cette reculade du parquet est diversement commentée à Abidjan. Certains estiment que la justice a subi des pressions politiques de la part du ministère de l'Intérieur, et d'autres pensent que, de toute évidence, la justice fait une mauvaise publicité au pouvoir d'Alassane Ouattara.

Plusieurs témoins ont affirmé avoir vu ce matin les trois journalistes, en bonne santé, visiblement bien traités, au violon de la police criminelle, attendant leur libération.

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