18/11/2011 à 19h:18 Par Nicolas Michel
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Soldats de l'Amisom à Mogadiscio en Somalie, le 5 octobre 2011. Soldats de l'Amisom à Mogadiscio en Somalie, le 5 octobre 2011. © Tony Karumba/AFP/Archives

Le 18 novembre, l'Union africaine s'est déclarée favorable à la proposition du Kenya d'intégrer l'Amisom. Un rapprochemment qui reflète le changement de stratégie de Nairobi, alors que ses troupes sont en voie d'enlisement en Somalie.

En général, la diplomatie précède la guerre. Dans le cas du conflit opposant l'armée kenyane aux milices shebab, en Somalie, c'est un peu le contraire. Plus d'un mois après le lancement de l'opération militaire Linda Nchi dont l'objectif affiché était de créer une « zone tampon » au niveau de la frontière somalienne, Nairobi vient de lancer une offensive diplomatique visant à s'assurer un soutien régional, continental et international.

Le 16 novembre, les présidents Mwai Kibaki (Kenya), Yoweri Museveni (Ouganda) et Sheikh Sharif Ahmed (Somalie) se sont retrouvés dans la capitale kenyane pour une réunion tripartite à l'issue de laquelle ils ont prêché pour une meilleure coordination entre le Gouvernement fédéral de Transition (GFT), la Mission de l'Union africaine en Somalie (Amisom) et les forces militaires kenyanes.

Légitimation

Le même jour, le gouvernement kenyan dirigé par Raila Odinga proposait à l'UA sa participation à l'Amisom – ce qui viendrait légitimer l'action de son armée. Le 18 novembre, l'UA s'est déclarée favorable à cette initiative.

L'Amisom dispose pour le moment de quelque 9 700 soldats sur place, essentiellement ougandais et burundais. D'ici à la fin de l'année, environ 3 000 militaires djiboutiens et sierra-léonais devraient porter ce chiffre à 12 000, voire 14 000 si l'on compte les 2 000 soldats entrés en territoire somalien le 16 et le 17 octobre. Or l'Amisom laisse entendre qu'il en faudrait au moins 20 000 pour pouvoir contenir les Shebab.

Sur le terrain, les troupes kenyanes ralenties par les conditions climatiques n'ont guère avancé. Elles n'ont pas encore pu prendre la ville d'Afmadow qui ouvrirait la voie vers le port de Kismayo, financièrement stratégique pour les Shebab. Cet embourbement prévisible – chacun se souvient des précédents américain et éthiopien – explique sans doute les appels de l'administration kenyane en direction des Occidentaux. Si les soutiens américain et français sont un secret de polichinelle – selon le Los Angeles Times, le Kenya aurait reçu cette année quelques 700 millions de dollars d'aide militaire – l'ambassadeur du Kenya auprès des Nations unies Macharia Kamau a demandé un appui plus intense à Washington ainsi que la mise en œuvre d'un blocus du port de Kismayo.

Soutien d’Israël

Mais ce qui a sans doute été le plus remarqué, c'est le voyage du Premier ministre Raila Odinga en Israël. L'accord de principe obtenu auprès de l'État hébreu – lequel « fera tout son possible » pour aider le Kenya à sécuriser sa frontière, selon les mots du président Shimon Peres – a suscité une violente réponse des Shebab. Leur porte-parole, Sheikh Ali Mohamed Rage, a ainsi déclaré : « Nous voulons dire aux musulmans que nous partageons la même religion, la même foi et le même Dieu. Il est de leur responsabilité de soutenir leurs frères musulmans en Somalie parce que les chrétiens kenyans sont allés chercher le soutien des juifs d'Israël. »

Un message qui pourrait porter auprès des somaliens modérés comme auprès de la frange dure des musulmans kenyans. Et, partant, fragiliser le support dont bénéficie encore la périlleuse et couteuse opération Linda Nchi.

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Par Nicolas Michel

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