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14/11/2011 à 14:53
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Laurent Contini (C.), lors de la visite de Paul Kagamé en France, le 12 septembre 2011. Laurent Contini (C.), lors de la visite de Paul Kagamé en France, le 12 septembre 2011. © Vincent Fournier pour J.A.

L’ambassadeur de France Laurent Contini a été évincé de son poste à Kigali (Rwanda). Il devrait être remplacé par Hélène Le Gal, actuellement consul de France à Québec.

Exigé avec insistance par Alain Juppé, le ministre français des Affaires étrangères, le départ de Laurent Contini, l’ambassadeur de France au Rwanda, a finalement été avalisé par Nicolas Sarkozy. Ce rappel définitif, qui sera acté lors d’un prochain Conseil des ministres et qui a été signifié à l’intéressé début novembre, devrait être effectif à la fin de cette année. L’explication officieuse (une interview parue dans Jeune Afrique le 4 septembre, dans laquelle Contini aurait manqué à son devoir de réserve) n’est qu’un prétexte. Proche de Bernard Kouchner, bon spécialiste de la région des Grands Lacs et ardent partisan d’un rapprochement avec le Rwanda de Paul Kagamé, Contini n’a jamais été dans les bonnes grâces de Juppé, dont le contentieux avec les autorités rwandaises postgénocide est connu.

C’est l’actuelle consule de France à Québec, Hélène Le Gal, qui devrait le remplacer. À 44 ans, la diplomate de carrière connaît bien l’Afrique. Elle a occupé son premier poste à l’ambassade de Ouagadougou (Burkina Faso) à la fin des années 1990, puis au sein de la direction des Affaires africaines.  Après des passages à Tel Aviv et Madrid, elle est devenue membre du cabinet du ministre de la Coopération de Lionel Jospin, Charles Josselin, de 2000 à 2002. Plus récemment, elle a dirigé le département Afrique centrale et orientale du ministère des Affaires étrangères (2005-2009). Et connaît a fortiori parfaitement les subtilités du dossier franco-rwandais. Le choix pourrait donc se révéler habile.

Reste à savoir comment réagira Kigali au départ sanction de Contini, qui s’ajoute à la récente publication dans le quotidien Libération d’une tribune de Bernard Valéro, le porte-parole du Quai d’Orsay, lequel estime que « la France a été la seule à avoir un sursaut de courage » pendant la tragédie de 1994. Quand on sait que, à défaut d’excuses, les Rwandais demandent qu’à tout le moins Paris s’abstienne de soutenir que sa politique de l’époque fut positive, on peut craindre un retour en arrière dans les relations entre les deux pays. Deux mois après la visite officielle de Kagamé en France, qu’il n’a que très modérément appréciée, n’est-ce pas ce que souhaite Alain Juppé ?

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