Des négociations au plus haut sommet sont engagées entre la Chine et les États-Unis sur la possibilité de leur coopération mutuelle avec des pays africains. Mais Pékin et Washington n'ont pas tout a fait la même vision stratégique. Explications.
Le secrétaire d’État adjoint pour les affaires africaines, Johnnie Carson, était jeudi à Pékin pour présider le cinquième cycle des rencontres États-Unis - Chine sur l’Afrique (U.S.-China sub-dialogue on Africa, voir ici sur WikiLeaks la note diplomatique américaine sur ce sujet). Ce voyage entre dans le cadre de la tournée de Carson en Chine, au Japon et en République de Corée du 8 au 15 novembre. La Chine et les États-Unis sont dorénavant les principaux partenaires économiques du continent avec un volume annuel d'échanges tournant autour de 100 milliards de dollars, pour chacun des deux pays.
La majeure partie des ces échanges est liée aux achats d'hydrocarbures et de produits miniers. L'empire du Milieu n'est pas opposé à un partenariat sino-américain en Afrique mais a, d'ores et déjà, posé ses conditions : la prise en compte des intérêts des pays africains, le soutien à des petits projets dans l'agriculture et la santé, le recours aux mécanismes de coopération existants. Le ministère chinois des Affaires étrangères suggère de commencer la coopération trilatérale dans des pays où les deux grandes puissances entretiennent de bonnes relations comme l'Éthiopie, le Ghana et le Liberia.
Les Africains méfiants
Dans un câble américain récent sur WikiLeaks consultable ici, les Américains révèlent toutefois que les États africains sont très méfiants à l'égard de ce nouveau partenariat. Ils redoutent, comme avec l'Europe, que les États-Unis en profitent pour introduire des conditions politiques à l'octroi de l'aide et craignent une réduction des financements. Des préoccupations résumées dans la note confidentielle par la phrase suivante : « African don't want conditions, they want options (les Africains ne veulent pas de conditions mais des options, NDLR) ». Un câble qui explique également que l'arrivée des chinois en Afrique est assez bien perçue par les autorités du continent car elles tirent bénéfice cette concurrence au niveau politique, diplomatique et financier.
Pour les Américains, les Chinois pourraient se servir de cet argument pour ne pas concrétiser le dialogue sino-américano-africain, car il pourrait leur être moins profitable à terme que de simples relations bilatérales avec les pays du continent. Le département du commerce conseille de travailler avec les organisations régionales et les mécanismes comme le Comprehensive Africa Agriculture Developement Program (CAADP) pour sensibiliser leurs partenaires africains à la coopération trilatérale. Il recommande aussi d'associer les Africains aux débats. Affaire à suivre…
Article suivant :
À Libreville, l'opération "Libérez les trottoirs" laisse des centaines de Gabonais sur le carreau
Article précédent :
Côte d'Ivoire : la libération de 20 pro-Gbagbo ne change pas la donne pour le FPI
1.fatras - 21/11/2011 à 13h:11apres berlin en 1885 avec les europeens voilà 2011 avec les chinois et américains et les africains que disent ils ? les indiens et les [...] Lire
2.Dramane - 16/11/2011 à 23h:11Pour recommpenser la Chine d'avoir permis les occidentaux de recuperer la Libye, ils se partagent le gateau africain. Pauvre Afrique, meme tes amis d'[...] Lire
3.Lyes Saouli - 16/11/2011 à 21h:11l'Afrique est un continent qui aura toujours du mal pour à se défaire de cette dépendence qui le lie à l'occident..au d&ea[...] Lire
4.tzabibien - 16/11/2011 à 02h:11L afrique doit refuser toute sorte de cooperation d ou qu elle vienne,toute fois elle n est pas de sa volonte.Toute cooperation venue d'ailleurs est a[...] Lire
5.Alain - 15/11/2011 à 11h:11Le développement de l'Afrique ne se fera que le jour où les Africains prendront conscience que leur développement c'est eux-m&eci[...] Lire
Gilles Kepel est politologue français, spécialiste de l'islam et du monde arabe[...]
Zyed Krichen est le directeur de la rédaction du quotidien tunisien "Le Maghreb".[...]