Des caisses d’armes dans un bunker abandonné en Libye, près de Syrte, le 26 octobre 2011.
© AFP/Philippe Desmazes
Dans un entretien accordé à une agence d'information mauritanienne, Mokhtar Belmokhtar affirme qu'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a profité du conflit libyen pour s'armer. Ce chef terroriste a également évoqué l'existence de "relation idéologique" avec la rebellion libyenne.
« Les combattants d'Aqmi ont été les plus grands bénéficiaires des révolutions dans le monde arabe (…) et pour ce qui est de l'acquisition de l'armement en Libye, c'est une chose tout à fait normale », a ainsi déclaré l'un des chefs de l'organisation terroriste, Mokhtar Belmokhtar, lors d'un entretien avec une agence d'information mauritanienne.
Exfiltrations d’armes et de missiles
Des propos qui viennent confirmer les dires de nombreux spécialistes et hommes politiques qui s'étaient déjà inquiétés de la dissémination d'armes libyennes au Sahel à la faveur du conflit en Libye.
C'est ainsi que dans une interview accordée à Jeune Afrique, le président tchadien, Idriss Déby Itno, avait déclaré que « les islamistes d’Al-Qaïda (avaient) profité du pillage des arsenaux en zone rebelle [libyenne, NDLR] pour s’approvisionner en armes, y compris en missiles sol-air, qui ont été par la suite exfiltrées dans leurs sanctuaires du Ténéré [au Niger, NDLR] ».
De même, en juin, le ministre algérien chargé des Affaires maghrébines et africaines Abdelkader Messahel, déclarait que la Libye était devenue « un dépôt d'armes à ciel ouvert. »
Aqmi et les rebelles libyens
Mais si le dirigeant d'Aqmi d'origine algérienne Mokhtar Belmokhtar n'a pas donné plus de détails concernant les armes reçues par son organisation, il a cependant déconseillé aux ex-rebelles libyens de déposer les armes, estimant que c'étaient là le seul moyen de s'assurer « de la réalisation des objectifs de la révolution qui restent la mise en place d'un régime islamiste ».
Mokhtar Belmokhtar a également indiqué l'existence de « relations idéologiques » entre son organisation et « les jeunes combattants islamistes » libyens, tout en reconnaissant qu'Aqmi n'avait pas « combattu avec eux, sur le terrain, contre les forces de Kaddafi ».
Cela ne l'a pourtant pas empêché de déclarer que « les jeunes islamistes, les djihadistes (…) ont constitué le fer de lance de la révolution en Libye ».
Retrait français en Afghanistan
S'agissant des quatre otages français enlevés le 16 septembre 2010 dans le nord du Niger, à Arlit, il a indiqué qu'Aqmi réclamait toujours le retrait des troupes françaises d'Afghanistan, en contrepartie de leur libération.
« Notre direction avait exigé pour leur libération la sortie des forces françaises d'Afghanistan, ceci reste entièrement valable. Nous n'avons pas changé d'objectifs. »
Belmokhtar a également accusé le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz de mener une guerre par procuration contre Aqmi au profit de la France, tout en précisant que « le principe de la mise à l'écart de la Mauritanie (dans) cette confrontation peut faire l'objet de discussion ».
« Le régime (mauritanien) avait suggéré à nos frères (djihadistes) libérés (après une amnistie du président mauritanien) de nous envoyer une mission de religieux pour discuter avec nous des principes et objectifs de notre combat. Nous l'avons accepté et nous continuons toujours de l'accepter et de l'attendre » a-t-il ajouté.
(Avec AFP)

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