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09/11/2011 à 09h:36
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L'opposant Etienne Tshisekedi, candidat à la présidentielle en RDC, le 5 septembre 2011 à Kinshas L'opposant Etienne Tshisekedi, candidat à la présidentielle en RDC, le 5 septembre 2011 à Kinshas © AFP

La Belgique, l'Union européenne, la France, la Grande-Bretagne et l'ONU ont vivement réagi à "l’appel à la violence" de l'opposant et candidat à la présidentielle en RDC, Étienne Tshisekedi, ainsi qu’aux heurts qui ont suivi.

De nouvelles violences préélectorales ont eu lieu mardi en fin de journée en République démocratique du Congo (RDC), à Kinshasa. Un policier a été « agressé » par des militants de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), qui ont aussi incendié un véhicule de chantier, selon la police qui a arrêté sept personnes. Une grave recrudescence de la violence qui préoccupe la communauté internationale, à trois semaines de l’élection présidentielle et des législatives du 28 novembre.

Dans un communiqué publié mardi soir, la Mission de l'ONU en RDC (Monusco), qui appuie logistiquement l'organisation du scrutin, a exprimé « sa préoccupation quant au langage utilisé par certains leaders politiques incitant à la violence liée aux élections », et qui sont « des violations directes de la loi électorale congolaise et des normes électorales internationales ».

Réactions unanimes

« Inquiète » de la tournure prise par les évènements, l'Union européenne dit quant à elle avoir « pris note avec préoccupation des actes de violence et des propos tenus en public ces derniers jours appelant au non respect de la loi et susceptibles de conduire à un climat de violence et de tensions politiques, sociales et ethniques », selon un communiqué publié Kinshasa. L'UE appelle « encore une fois tous les acteurs politiques en RDC à s'engager sans réserve sur un processus électoral apaisé, respectueux de tous et permettant des élections libres, transparentes et crédibles », ajoute le texte.

La France a également invité les différents protagonistes « à éviter toute déclaration ou action qui seraient de nature à envenimer une situation déjà tendue », a déclaré Bernard Valero, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. Pour l'ambassadeur britannique à Kinshasa, Neil Wigan, les candidats sont tenus de « faire preuve de retenue durant la campagne électorale » et d’« éviter de faire usage d'un langage susceptible d'exacerber les tensions entre les communautés ou de nature à occasionner des affrontements avec les forces de sécurité », qui doivent « s'assurer qu'elles remplissent leurs devoirs avec professionnalisme », a-t-il ajouté.

Enfin, la Belgique s’en est prise sans le nommer à Étienne Tshisekedi, leader de l’UDPS, jugeant « inacceptable qu'un candidat se proclame lui-même président légitime et appelle à la violence, mettant ainsi en question les principes fondamentaux de la démocratie elle-même », ont déclaré les ministres belges des Affaires étrangères Steven Vanackere et de la Coopération Olivier Chastel dans un communiqué.

L'affaire RLTV

Dimanche, dans une interview à la télévision d'opposition Radio Lisanga TV (RLTV), Étienne Tshisekedi avait appelé ses partisans à « casser les portes des prisons » si le gouvernement ne libérait pas dans les « 48 heures » des militants arrêtés au cours de manifestations. Il s'était également autoproclamé « président de la République ».

Samedi et lundi à Lubumbashi (sud-est), plusieurs personnes ont été blessées dans des affrontements entre militants de l'UDPS d'un côté et du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, au pouvoir) et de l'Union nationale des fédéralistes du Congo (Unafec) de l'autre.

Les propos du leader de l’UDPS ont conduit le Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC) à suspendre la RLTV jusqu'au 14 novembre. Une décision que l’ONG l’Observatoire de la liberté de la presse en Afrique (OLPA) a qualifiée lundi d'atteinte à la liberté de la presse, tout en condamnant les propos d'Étienne Tshisekedi.

(Avec AFP)

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