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07/11/2011 à 17:14
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BHL entouré d'ex-rebelles du CNT. BHL entouré d'ex-rebelles du CNT. © Philippe Wojazer/Reuters

Dans son ouvrage à paraître mercredi 9 novembre, "La guerre sans l’aimer", le philosophe français Bernard-Henri Lévy fait le récit de son engagement dans la guerre en Libye. De l’importance des livraisons d’armes françaises aux décisions prises lors de réunions secrètes, le philosophe raconte comment il a convaincu Nicolas Sarkozy de s’engager aux côtés des rebelles du Conseil national de transition dans ce conflit.

« J'ai beau ne pas croire aux miracles, le fait est qu'il se produit à cet instant une sorte de miracle ». Le « miracle » évoqué par le philosophe français Bernard Henri Lévy dans son dernier ouvrage "La guerre sans l'aimer" (à paraître mercredi aux éditions Grasset), s’est produit le 5 mars, à Benghazi. Alors qu’il se trouve dans la capitale rebelle, quelques heures après la formation du Conseil national de transition (CNT), le philosophe rencontre Mustapha Abdeljalil, qui deviendra par la suite le chef de l’organe politique de la rébellion. Bernard Henri Lévy propose à cet « inconnu » d’emmener une délégation du CNT à Paris, et suggère l’idée au président français. « Accepterais-tu de recevoir, personnellement, cette délégation ? », demande-t-il à Nicolas Sarkozy. « Bien sûr », lui répond le chef d’État.

La délégation sera reçue le 10 mars à l'Élysée, et la France sera le premier pays à reconnaître officiellement le CNT. Après de multiples tractations à l'ONU, l’opération militaire aérienne est déclenchée le 19 mars en Libye. D’après les propos du philosophe, la France va également accorder une aide militaire importante sur le terrain aux forces du CNT. 

"Vous avez besoin de quoi ?"

Le 13 avril, BHL fait venir, en pleine nuit et en toute discrétion, le chef militaire Abdelfettah Younes à Paris, en compagnie d’autres commandants. Après avoir rappelé l'aide militaire déjà fournie par le Qatar, et les instructeurs français déjà sur le terrain, Nicolas Sarkozy les questionne sur leur besoins. Un participant lui tend alors une liste sur laquelle est écrit : « Cent 4X4 blindés... du 12,5 et du 14,5... du matériel de transmission... deux cents talkies-walkies plus deux bases et, si possible trois... un minimum de cent pick-up, de sept à huit cents RPG7... mille kalachnikovs... quatre et si l'on peut, cinq Milan lance-missile... ».

Le lendemain, dans un grand hôtel parisien, Abdelfettah Younes recevra la visite du responsable de la société française Panhard, spécialisée dans les blindés, muni de son catalogue et de bons de commande. « Le matériel est sur zone, en fait. C'est du très beau matériel. Et comme l'acheteur - vous voyez qui je veux dire - ne l'a jamais payé, nous pouvons livrer très vite ». Les combattants du Djebel Nefousa recevront 40 tonnes de matériel, via les pays arabes amis, raconte BHL dans son ouvrage. Une même promesse tenue quelques semaines plus tard, cette fois-ci pour les rebelles de Misrata.

(Avec AFP)




 

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