Ancien vice-président de l’Union nationale et ancien candidat à la présidentielle gabonaise, l’opposant Bruno Ben Moubamba vient d’annoncer à 41 ans son adhésion à l’Union du peuple gabonais (UPG), quelques semaines après la mort du fondateur de ce parti, Pierre Mamboundou. Interview.
Jeuneafrique.com : Pourquoi avez-vous décidé d’adhérer à l’UPG ?
Bruno Ben Moubamba : Mon adhésion est acquise. Je serai un membre actif enthousiaste car c’est le dernier grand parti de l’opposition gabonaise. J’ai vécu très douloureusement la dissolution de l’Union nationale [survenue en janvier 2011, NDLR], dont j’étais un des vice-présidents, et j’arrive à l’UPG pour essayer de participer à la reconstruction de ce parti afin qu’il survive à son fondateur, Pierre Mamboudou.
Je devais faire cette action pour honorer ce dernier car il m’avait demandé en 2009 de me désister pour soutenir sa candidature lors du scrutin du 30 août 2009. Je n’avais pas jugé opportun de le faire et je le regrette. Entrer à l’UPG aujourd’hui, c’est une manière de réparer cette erreur politique.
Comment comptez-vous vous rendre utile au sein de ce parti ?
Nous verrons le moment venu. J’ai décidé de rentrer au Gabon au cours de l’année 2012, après l’élection du nouveau président français ou la réélection du président sortant, Nicolas Sarkozy. Vous savez à quel point les chefs d’État français influencent la gouvernance des pays africains francophones. Il est important d’agir en France, notamment sur le vote des africains français. Avec l’écrivaine Calixthe Béyala et plusieurs autres personnalités, nous venons de créer le Mouvement des Africains-Français (MAF), pour faire du lobbying afin de peser sur la présidentielle française.
Je demande aux Gabonais de ne pas se laisser manipuler par les tenants de la stratégie du chaos parce que personne n’y gagnera.
Une partie de l’opposition gabonaise prône le boycott les législatives du 17 décembre pour dénoncer le refus du gouvernement d’introduire les données biométriques dans le fichier électoral. Approuvez-vous cette stratégie ?
Non. Je pense que nous avons plus de chance de faire avancer le débat sur la biométrie en siégeant à l’Assemblée nationale. Le boycott est contre-productif. C’est comme ça que Pierre Mamboundou raisonnait et moi je demande aux Gabonais de ne pas se laisser manipuler par les tenants de la stratégie du chaos parce que personne n’y gagnera.
Pourtant, entre participation et boycott, l’UPG a beaucoup hésité…
Un débat interne s’est tenu au sein du parti et un vote a eu lieu. Sur 30 membres, 16 voix ont voté pour la participation aux législatives, 13 voix se sont prononcées pour le boycott tandis qu’une voix s’est abstenue. La démocratie interne a ainsi donné un résultat devant lequel il faut s’incliner. Et ce choix est en train d’entraîner une partie de l’opposition, brisant ainsi l’union sacrée qui s’était formée autour du mouvement « ça suffit comme ça ».
N’avez-vous pas le sentiment de porter un coup dur au combat pour la transparence aux élections ?
Non, je continuerai à me battre pour cela. Moi j’ai plutôt le sentiment qu’aujourd’hui, les Gabonais sont pris en otage par la querelle des deux héritiers d’Omar Bongo Ondimba [Ali Bongo Ondimba et André Mba Obame, NDLR] qui sont l’un à la présidence et l’autre dans l’opposition. Ils sont tous les deux des tenants de la stratégie du chaos. L’un dit « pas de biométrie pas d’élection » en sachant que l’autre refusera de la mettre en place. Il ne faut pas faire une fixation sur la biométrie ici et maintenant. Il y aura d’autres occasions.
____________
Propos recueillis par Georges Dougueli

Tunisie : un mort et des blessés lors de heurts entre salafistes et policiers à Tunis
L'armée nigériane ratisse des quartiers islamistes de Maiduguri
Algérie : un patron de presse accusé d'atteinte à la sécurité de l'État







Découvrez le catalogue 2013 des Éditions du Jaguar
La campagne Pub de Jeune Afrique

Des mineurs assistent à une réunion syndicale de l'Union des mineurs (AMCU) lors d'une grève, le 15 mai 2013 à Marikana
Le président égyptien Mohamed Morsi, le 16 septembre 2012 au Caire
Des policiers tunisiens affrontent des partisans du mouvement salafiste jihadiste Ansar Ashariaa, le 19 mai 2013 à Cité Ettadhamen
Un sismographe
Le Premier ministre du Zimbabwe Morgan Tsvangirai, le 19 mai 2013 lors d'un meeting de fin de campagne à Harare
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le 19 décembre 2012 dans la banlieue d'Alger
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le 19 décembre 2012 à Alger
Les policiers tunisiens contrôlent les véhicules aux abords de Kairouan, le 18 mai 2013











