Extension Factory Builder
04/11/2011 à 18h:02
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Bruno Ben Moubamba : 'J’ai décidé de rentrer au Gabon au cours de l’année 2012'. Bruno Ben Moubamba : "J’ai décidé de rentrer au Gabon au cours de l’année 2012". © D.R.

Ancien vice-président de l’Union nationale et ancien candidat à la présidentielle gabonaise, l’opposant Bruno Ben Moubamba vient d’annoncer à 41 ans son adhésion à l’Union du peuple gabonais (UPG), quelques semaines après la mort du fondateur de ce parti, Pierre Mamboundou. Interview.

Jeuneafrique.com : Pourquoi avez-vous décidé d’adhérer à l’UPG ?

Bruno Ben Moubamba : Mon adhésion est acquise. Je serai un membre actif enthousiaste car c’est le dernier grand parti de l’opposition gabonaise. J’ai vécu très douloureusement la dissolution de l’Union nationale [survenue en janvier 2011, NDLR], dont j’étais un des vice-présidents, et j’arrive à l’UPG pour essayer de participer à la reconstruction de ce parti afin qu’il survive à son fondateur, Pierre Mamboudou.

Je devais faire cette action pour honorer ce dernier car il m’avait demandé en 2009 de me désister pour soutenir sa candidature lors du scrutin du 30 août 2009. Je n’avais pas jugé opportun de le faire et je le regrette. Entrer à l’UPG aujourd’hui, c’est une manière de réparer cette erreur politique.

Comment comptez-vous vous rendre utile au sein de ce parti ?

Nous verrons le moment venu. J’ai décidé de rentrer au Gabon au cours de l’année 2012, après l’élection du nouveau président français ou la réélection du président sortant, Nicolas Sarkozy. Vous savez à quel point les chefs d’État français influencent la gouvernance des pays africains francophones. Il est important d’agir en France, notamment sur le vote des africains français. Avec l’écrivaine Calixthe Béyala et plusieurs autres personnalités, nous venons de créer le Mouvement des Africains-Français (MAF), pour faire du lobbying afin de peser sur la présidentielle française.

Je demande aux Gabonais de ne pas se laisser manipuler par les tenants de la stratégie du chaos parce que personne n’y gagnera.

Une partie de l’opposition gabonaise prône le boycott les législatives du 17 décembre pour dénoncer le refus du gouvernement d’introduire les données biométriques dans le fichier électoral. Approuvez-vous cette stratégie ?

Non. Je pense que nous avons plus de chance de faire avancer le débat sur la biométrie en siégeant à l’Assemblée nationale. Le boycott est contre-productif. C’est comme ça que Pierre Mamboundou raisonnait et moi je demande aux Gabonais de ne pas se laisser manipuler par les tenants de la stratégie du chaos parce que personne n’y gagnera.

Pourtant, entre participation et boycott, l’UPG a beaucoup hésité…

Un débat interne s’est tenu au sein du parti et un vote a eu lieu. Sur 30 membres, 16 voix ont voté pour la participation aux législatives, 13 voix se sont prononcées pour le boycott tandis qu’une voix s’est abstenue. La démocratie interne a ainsi donné un résultat devant lequel il faut s’incliner. Et ce choix est en train d’entraîner une partie de l’opposition, brisant ainsi l’union sacrée qui s’était formée autour du mouvement « ça suffit comme ça ».

N’avez-vous pas le sentiment de porter un coup dur au combat pour la transparence aux élections ?

Non, je continuerai à me battre pour cela. Moi j’ai plutôt le sentiment qu’aujourd’hui, les Gabonais sont pris en otage par la querelle des deux héritiers d’Omar Bongo Ondimba [Ali Bongo Ondimba et André Mba Obame, NDLR] qui sont l’un à la présidence et l’autre dans l’opposition. Ils sont tous les deux des tenants de la stratégie du chaos. L’un dit « pas de biométrie pas d’élection » en sachant que l’autre refusera de la mettre en place. Il ne faut pas faire une fixation sur la biométrie ici et maintenant. Il y aura d’autres occasions.

____________

Propos recueillis par Georges Dougueli

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Gabon

Football : le Gabonais Efong Nzolo, 'arbitre de l'année' en Belgique pour la quatrième fois

Football : le Gabonais Efong Nzolo, "arbitre de l'année" en Belgique pour la quatrième fois

Les joueurs de première division belge de football ont élu Jérôme Efong Nzolo meilleur arbitre de l’année 2013. Une quatrième récompense du genre qui hisse le Belgo-Gabonais &a[...]

Gabon : libération de six militants associatifs proches de l'opposition

Six militants d'une association gabonaise proche de l'opposition, arrêtés samedi lors d'une manifestation différente de celle organisée par le pouvoir pour dénoncer les crimes rituels au Gabon,[...]

Gabon : trois opposants arrêtés après une manifestation contre les crimes rituels

Trois militants de la société civile proches de l'opposition ont été arrêtés samedi lors d'une manifestation différente de celle organisée par le pouvoir pour[...]

Bourgi, Ouattara, Bongo Ondimba..., les aventures françafricaines de Claude Guéant

Comme Nicolas Sarkozy, Claude Guéant s'est reconverti dans les affaires. L'ancien secrétaire général de l'Élysée a fondé un cabinet d'avocats très familial et très[...]

Laurent Fabius : "Au Mali, nous avons gagné la guerre. Reste à gagner la paix"

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, fait le tour d'un continent qu'il découvre avec passion. De Tunis à Bangui et du Sahara aux Grands Lacs en passant par[...]

Mystérieux iboga

En février dernier, le responsable de séances d'initiation au bwiti, un rite gabonais utilisant l'iboga, était interpellé à Orly pour dérive sectaire. Parallèlement, des toxicomanes[...]

Les 25 femmes les plus influentes du business en Afrique

Poids économique ou financier, importance des réseaux... "Jeune Afrique" dresse la liste des femmes qui comptent dans le monde des affaires en Afrique francophone. Qu'elles soient ministres ou[...]

Les cadeaux des Africains à Obama

De la sculpture d'Ali Bongo Ondimba à 52 695 dollars au tapis traditionnel à 900 dollars de Béji Caïd Essebsi, retour sur les cadeaux qu'a reçus le président Obama en 2011 de la part de ses[...]

Le Gabon change-t-il vraiment ?

Ali Bongo Odimba, le chef de l'État gabonais arrive à mi-parcours de son septennat. Bilan. Sommaire Édito : L'art et la critique L'émergence du Brésil à Libreville [...]

Gabon : les tontons flingueurs

Quand deux réalisateurs gabonais se rencontrent dans un maquis, ils se racontent des histoires de cinéma... et celle du pays. Passage à table, avec Philippe Mory et Henri-Joseph Koumba Bididi.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces