Première image publiée de la dépouile de Mouammar Kaddafi, à Syrte le 20 octobre 2011.
© Philippe Desmazes/AFP
Le CNT libyen a officiellement annoncé la mort de Mouammar Kaddafi ainsi que celle de son fils Mootassem, jeudi 20 octobre. Mais les circonstances dans lesquelles ils sont décédés ne sont pas encore éclaircies. Le seront-elles un jour ?
Au lendemain de l'annonce de la mort de Mouammar Kaddafi – un véritable choc pour de nombreux internautes de jeuneafrique.com - , l'incontournable question est celle des circonstances de cette disparition. « Fait de guerre » comme tend à le faire croire la communication bégayante des coalisés contre l'ancien régime ? Ou plus, vraisemblablement, règlement de compte sanglant entre une foule de jeunes combattants libyens désordonnés et un « Guide » honni ? Retour sur les faits.
Un peu avant 13 heures GMT, le porte-parole officiel du Conseil national de transition (CNT) à Benghazi, Abdel Hafez Ghoga, confirme une rumeur qui affole la Toile et les réseaux sociaux depuis déjà plusieurs heures. « Nous annonçons au monde que Kaddafi est mort aux mains des révolutionnaires », dans la région de Syrte (360 km à l'est de Tripoli).
« C'est un moment historique, c'est la fin de la tyrannie et de la dictature. Kaddafi a rencontré son destin. Sa mort va mettre fin au bain de sang et au martyre de notre jeunesse », lance-t-il. Un peu plus tard à Tripoli, le chef de l'exécutif du CNT, Mahmoud Jibril, annonce que la fin de la guerre est proche. « Abdeljalil [le chef du CNT Mustapha Abdeljalil, NDLR] va proclamer aujourd'hui ou au plus tard vendredi la libération du pays et donner des détails sur la mort de Kaddafi », déclare-t-il.
Explications divergentes
Entre temps, des vidéos prises avec des téléphones portables circulent et sont diffusées par des télévisions et des sites d'information. Sur l'une d'elles (voir ci-dessus), on y voit Kaddafi vivant, la tête en sang, malmené par des combattants du CNT après avoir été poussé hors d'un pick-up. Sur l'autre vidéo (voir ci-dessous), la foule clame sa joie et exulte : « Allah akbar ! » Kaddafi est mort. Il git en sang, le visage tuméfié, son turban déplié qu'un combattant essaie maladroitement de remettre en place. Que s'est-il passé entre les deux scènes ? C'est là que les explications divergent.
Selon Mahmoud Jibril, qui s'est exprimé devant la presse dans la soirée, Mouammar Kaddafi a été tué d'une balle dans la tête. « Quand il a été retrouvé, il était en bonne santé et portait une arme », a dit le chef de l'exécutif libyen à la presse, ajoutant qu'il avait ensuite été conduit vers un pick-up. « Quand le véhicule a démarré, il a été pris dans un échange de tirs entre des combattants pro-Kaddafi et des révolutionnaires, et il a été tué d'une balle dans la tête ». Ce ne serait donc pas un règlement de compte ni un assassinat politique...
Mais d'après Mohamed Leith, commandant des forces CNT dans la zone sud de Misrata (est), dont les homes figurent parmi les plus aguerris des combats de Syrte, « Kaddafi se trouvait dans une Jeep sur laquelle les rebelles ont ouvert le feu. Il en est sorti et a tenté de fuir. Il s'est réfugié dans un égout (voir photo ci-dessous, © Philippe Desmazes/AFP). Les rebelles ont ouvert le feu de nouveau et il en est sorti portant une kalachnikov d'une main et un pistolet de l'autre ».

« Il a regardé à gauche et à droite, demandant "qu'est-ce qui se passe". Les rebelles ont ouvert le feu de nouveau, le blessant à l'épaule et à la jambe et il a succombé ensuite », a-t-il ajouté. Une version qui a cette fois l'avantage de la légitime défense. Et qui est à moitié confirmée par Philippe Desmazes, le photoreporter qui a pris le premier cliché de la dépouille de Kaddafi, sur le téléphone portable d'un combattant du CNT.
"Grands cylindres de béton"
« Je couvrais la chute de Syrte et j'entends des coups de feu un peu plus à l'Ouest de ma position. Des rebelles nous expliquent que des hommes de Kaddafi avaient tenté une sortie de nuit un peu plus à l'Ouest. Il y a eu des combats mais là, cela avait plus l'air de célébrations que de combats », continue-t-il. « Je demande alors aux combattants de me conduire sur les lieux. Arrivés sur place, ils me montrent de grands cylindres en béton dans lesquels, selon eux, Kaddafi était caché avant d'être capturé. Un peu plus loin, je remarque des combattants autour d'un téléphone. J'ai eu de la chance j'étais le seul à les avoir remarqués. Le propriétaire du téléphone me montre l'arrestation de Kaddafi qu'il avait filmé quelques minutes auparavant. »
La dépouille de Mouammar Kaddafi ainsi que celle de son fils Mooatassem – « retrouvé mort » avec une balle dans la nuque et la main coupée, selon le Conseil militaire du CNT - ont ensuite été transportées jeudi soir dans une maison à Misrata, où un photographe de l'AFP a pu prendre un cliché montrant l'ex-dirigeant libyen torse nu, le ventre couvert de sang, entouré de badauds prenant des photos avec leur téléphone portable.
Drone américain et Mirage français
Autre indication sur les circonstances de la mort de Kaddafi : celle du bombardement par les Américains et les Français du convoi par lequel Kaddafi aurait tenté de quitter Syrte avant le lever du jour. Selon le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, un Mirage français a « stoppé » la colonne de véhicules dans laquelle se trouvait Mouammar Kaddafi, avant que des accrochages ne se produisent au sol avec des combattants du CNT.
Un drone américain Predator a également tiré un missile contre le convoi, a affirmé jeudi à l'AFP un responsable américain. L'Otan avait annoncé plus tôt que des avions de l'Alliance avaient frappé deux véhicules des forces pro-Kaddafi à environ 08H30 (O6H30 GMT) dans les environs de Syrte.
Reste la question de la fuite de Seif el-Islam. Le chef de l'exécutif provisoire, Mahmoud Jibril, a déclaré en fin de journée que Seif el-Islam aurait peut-être été arrêté dans un petit village côtier. « Il y a des combats à Wadi al-Ather », a-t-il expliqué. « Les révolutionnaires ont attaqué un convoi armé. On suspecte que Seif est dans le convoi ». Selon la chaîne Al-Jazira, Seif el-Islam aurait même été blessé dans l'attaque de son convoi par des combattants du CNT et arrêté près de Zenten. Depuis, plus de nouvelles...
(Avec AFP)

Dlamini-Zuma place le sommet des 50 ans de l'UA sous le signe du "panafricanisme"
Algérie : Bouteflika et les autres patients africains du Val-de-Grâce
RDC : arrivée de Ban Ki-moon en pleine reprise des combats au Kivu







Découvrez le catalogue 2013 des Éditions du Jaguar
La campagne Pub de Jeune Afrique
Le responsable aux relations extérieures du MNLA, Ibrahim Ag Mohamed Assaleh (d), le 9 juin 2012 à Ougadougou
L'entraîneur du Mali Patrice Carteron, lors d'une conférence de presse pendant la CAN, le 8 février 2013 à Port Elizabeth
Un homme court sous la pluie, le 27 novembre 2007 Ã Astawali dans la banlieue ouest d'Alger
Deux casques bleus de la mission des Nations unies en RDC observent aux jumelles les déplacements de rebelles du M23, le 18 novembre 2012
Des milliers de Congolais fuient les combats entre l'armée et la rébellion, près de Sake et Goma, le 22 novembre 2012
Ban Ki-moon (g) en compagnie du président congolais Joseph Kabila (c) et du président de la Banque mondiale Jim Yong Kim, à Kinshsa, le 22 mai 2013
Jean-François Delfraissy, directeur général de l'Agence national de recherche sur le sida, le 24 septembre 2009 à Paris
Des chercheurs réunis, le 21 mai 2013 à l'Institut Pasteur de Paris, pour les 30 ans de la découverte du VIH











