Le président de la chaîne privée Nessma, Nebil Karoui, a dû présenter mardi ses excuses aux Tunisiens, suite à la tempête médiatique et aux violences provoquées par la diffusion du film de Marjane Satrapi "Persepolis". En cause : une image de Dieu, sacrilège pour les musulmans.
Nouvel épisode dans la tempête qui secoue la Tunisie après la projection du dessin animé franco-iranien Persepolis sur la chaîne privée Nessma, vendredi dernier. Tentative d’incendie des locaux de la chaîne dimanche par plusieurs centaines de personnes, une critique acerbe dans de nombreux médias… Le président de la chaîne a finalement dû prendre les devants pour apaiser les tensions : « Je considère qu'avoir diffusé cette séquence est une faute », a regretté Nebil Karoui mardi.
La scène considérée comme choquante du film de Marjane Satrapi, qui raconte l’Iran de Khomeiny à travers les yeux d’une fillette, est celle où Dieu est représenté, un sacrilège selon le Coran. « Je m'excuse. Je suis désolé pour tous les gens qui ont été dérangés par cette séquence, qui me heurte moi-même », a dit le directeur de Nessma sur la radio locale Monastir.
Déchaînement médiatique
Nebil Karoui a déclaré qu’il ne s’attendait pas s’attendre à un tel déchaînement médiatique à l’encontre d’un film « déjà projeté intégralement dans plusieurs salles en Tunisie », des diffusions qui n’avaient pas soulevé pareil tollé.
Dimanche, ce sont quelque 200 personnes présumées salafistes qui ont tenté d’attaquer les locaux de la chaîne dans la capitale. Mais les islamistes ne sont pas seuls en cause, des milliers de Tunisiens se disant choqués par ladite scène, comme en témoigne les groupes Facebook aux noms divers et variés qui fleurissent sur la Toile pour protester contre Karoui : « Tous contre Ne9ma Tv », « Nessma Dégage », « Boycott Ne9ma tv »... Ou encore une pétition intitulée « Un million de musulmans pour fermer la chaine Nessma Tv ».
Et même si des membres du réseau social ont pris la défense de Nessma, c’est auprès du peuple dans son ensemble que le directeur de la chaîne a du présenter des excuses. « Vous excusez-vous auprès des Tunisiens ? », a demandé le journaliste en charge de l’interview. « Absolument », a répondu Nebil Karoui.
(Avec AFP)
Article suivant :
Côte d'Ivoire : quel avenir pour Soro ?
Article précédent :
Maroc : avis de tempête sur le groupe Charaf
1.tihaohao - 21/10/2011 à 18h:10Démocratie veut dire la parole à la majorité mais malheureusement dans les pays musulmans c'est bien le contraire,c'est la minori[...] Lire
2.ali - 16/10/2011 à 09h:10Si les laics de Tunisie étaient intelligent, ils ne le sont pas actuellement, ils auraient condamné ce film et la scène qui a cau[...] Lire
3.Narjess - 14/10/2011 à 08h:10@Nadia,il faut accepter que la marche de la Tunisie vers la construction de la democratie ne doit souffrir d aucune tentative de destabilisation. Ness[...] Lire
4.Mohamed - 13/10/2011 à 22h:10Ce n´est - Ni l´Iran, ni l´Arabie Saoudite ! C´est la Tunisie, un pays laic, donc séparation dans l´Etat de la s[...] Lire
5.bouazza - 12/10/2011 à 23h:10la tunisie est encore a 10000 lieux de la vraie democratie.la liberte est encore loin.s'il n'y a pas respect des opinions,il n'y a pas democratie.c'es[...] Lire
Zyed Krichen est le directeur de la rédaction du quotidien tunisien "Le Maghreb".[...]