23/09/2011 à 14h:05 Par Jeune Afrique
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Le président sénégalais Abdoulaye Wade, le 14 septembre 2011 à l'Unesco, à Paris. Le président sénégalais Abdoulaye Wade, le 14 septembre 2011 à l'Unesco, à Paris. © AFP

À cinq mois de la présidentielle, Jeune Afrique s’interroge : Wade peut-il encore gagner et rempiler ainsi pour un troisième mandat au Sénégal ? Réponse dans le n° 2646, en kiosques du 25 septembre au 1er octobre 2011.

C’est un fait : au Sénégal, il est plus rapide de compter les soutiens d’Abdoulaye Wade que ses opposants, parmi lesquels un nombre croissant d’anciens fidèles qui ont quitté le navire du « sopi » (changement, en wolof) à la faveur d’une vague de « toxxu » (déménagement). En quelques mois, Abdoulaye Wade a réussi le tour de force de se mettre à dos une large frange de la société sénégalaise, de plus en plus jeune et urbanisée. Même Youssou Ndour, qu’il a autrefois soutenu, l’a laissé tombé. Mais au sein du parti présidentiel, le Parti démocratique sénégalais (PDS), tout le monde l’assure - en se rassurant sans doute au passage : la plupart des indicateurs sont au vert, le chef de l’État gagnera la présidentielle de février 2012. À voir…

Car les obstacles sont nombreux sur la voie du troisième mandat de Wade. L’opposition a ressuscité de ses cendres à la faveur des violentes manifestations des 23 et 27 juin contre le projet gouvernemental de ticket présidentiel et de quart bloquant. Les anciens cadres du PDS Macky Sall et Idrissa Seck travaillent à saper l’autorité et l’assise politique de leur ex-mentor. Quant aux multiples accusations de Robert Bourgi contre le président et son fils Karim - notamment sur les financements occultes de la Françafrique -, elles n’ont pas aidé à redresser la popularité de la famille Wade. Bref, les derniers atouts du « pape du sopi » paraissent bien maigres. Mais ils sont pourtant réels.

À lire aussi dans le J.A n° 2646

Voyage au coeur de la nouvelle Libye : l'envoyé spécial de Jeune Afrique raconte les dessous de la vie dans la capitale libérée, l'insécurité qui règne encore et les tractations au sein du jeune pouvoir en place. Il nous dévoile aussi le jeu des hommes d'affaires - les Turcs aux avant-postes - pour rafler les marchés de la reconstruction du pays.

Peine de mort : et l'Afrique ? Au lendemain de l'exécution de Troy Davis en Géorgie, Jeune Afrique fait le tour des législations en vigueur sur le continent, mais aussi de leur mise en pratique.

Le "ndiguël" en question

D’abord, Wade compte sur les forces traditionnelles et religieuses. Mais dans l’état actuel de la société sénégalaise, celles-ci n’ont peut-être plus envie de se mouiller, pour ne pas risquer de perdre en crédibilité... S’il a lieu, le « ndiguël » (consigne de vote émise par un religieux) fonctionnera-t-il comme avant ? Les tidianes pardonneront-ils à Wade les multiples faveurs octroyées aux mourides ? Les avis des personnalités que Jeune Afrique a interrogées sont partagés. Une chose est sûre : même avec ses 40 ans d’expérience politique, Wade aura fort à faire pour réactiver les leviers qui ont fait sa force par le passé.

Et puis il y a le cas Karim Wade. Lequel doit absolument régler les fameux problèmes de délestages avant la fin de l’année s’il veut avoir une chance de regagner un peur le cœur des Sénégalais avant le scrutin. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui, au PDS, pensent que le superministre est un poids pour la campagne présidentielle de son père. Et espérent sans l'avouer sa mise à l'écart. En outre, à la faveur de l’impopularité croissante de Karim, la lutte pour la succession d’Abdoulaye Wade a repris de plus belle au sein du parti. Éviter l’implosion du PDS : ce n’est pas le moindre des défis que Wade doit relever s’il veut conserver une chance, même minime, d’être réélu.

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Lire "Sénégal : Wade peut-il encore gagner ?" dans Jeune Afrique n° 2646, en kiosques du 25 septembre au 1er octobre.

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