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16/09/2011 à 16h:23
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Kweku Adoboli, trader chez UBS, est soupçonné d'abus de position et de fraude comptable. Kweku Adoboli, trader chez UBS, est soupçonné d'abus de position et de fraude comptable. © AFP

Après la Société générale et l'affaire Jérôme Kerviel - qui avait coûté 5 milliards d'euros à la banque - c'est au tour du groupe bancaire UBS d'être au coeur de la tourmente. Un de ses jeunes traders, Kweku Adoboli, vient d'être inculpé par la justice britanique pour une fraude qui s'élève à 1,5 milliards d'euros. De quoi relancer les interrogations sur l’efficacité de la surveillance du secteur financier.

Kweku Adoboli, jeune trader de 31 ans, ghanéen d’origine, travaillait à UBS depuis 2006, sur des produits financiers complexes. En effectuant des opérations non autorisées, il a fait perdre au géant bancaire près d’1.5 milliards d’euros. A peine 4 % du capital de la banque suisse, qui s’élève à près de 40 milliards d’euros. Assez cependant pour le faire arrêter par la police de la city de Londres. Vendredi matin, il était toujours interrogé pour abus de position et fraude comptable.

D’après la BBC, la banque aurait été au courant des risques que prenait son employé. Mais UBS n’a pas souhaité commenter ces informations, préférant rassurer ses employés : « nous comprenons que vous deviez déjà lutter contre des conditions de marchés difficiles et volatiles. Mais même si cette nouvelle peut paraitre stressante, elle ne va pas porter atteintes aux bases de notre banque », indiquait Oswan Grübel, le directeur exécutif de UBS, dans un communiqué interne adressé à ses employés. La découverte de cette fraude qui a fait baisser de 10% le cours de l’action d’UBS risque pourtant de faire plonger dans le rouge le chiffre d’affaire de la banque.

Parcours sans faute

Le profil de Kweku Adoboli ressemble étrangement à celui de Jérôme Kerviel, le trader français qui avait fait perdre 5 milliards d’euros à la société générale en 2008.  Ce jeune courtier de 31 ans, fils d’un employé des Nations-unies avait jusqu’à là un parcours sans faute. D’origine Ghanéenne, il a suivi son père en Irak, en Syrie, avant de rejoindre un pensionnat privé d’Angleterre pour suivre son enseignement secondaire. Et finir avec un diplôme en informatique de l’université de Nottingham.

La semaine dernière, il updatait son profile Facebook en indiquant « qu’il avait besoin d’un miracle. » A l’annonce de l’arrestation de son fils, John Adoboli, confiait au quotidien britannique the Telegraph que son fils avait fait une erreur, un mauvais jugement, avant de poursuivre : « la famille a le cœur brisée parce que ce n’est pas notre mode de vie. Je leur ai appris à craindre Dieu et à se comporter de manière décente. »

Echec du système financier ?

« Je ne crois pas que ce soit un échec du système financier dans son ensemble » avance Manoj Ladwa, analyste chez ETX. D’après lui, les personnes chargées du contrôle des risques au sein d’UBS « ne se sont pas rendues compte assez rapidement que ce trader avait pris des positions énormes sur une très courte période. »

Malgré le manque de détail à ce stade, cette nouvelle fraude suscite cependant des interrogations sur la régulation du système financier. Le Financial Times explique que « l’économie globale a été anéantie, non par des individus qui passent pour être des traders voyous, mais bien par l’incapacité systématique et systémique des banques à se rendre comptes des risques auxquelles elles s’exposaient. » le journaliste, poursuivant sur sa lancée assène : « si les traders voyou posent problèmes, les activités illicites en posent des plus grands. »

« Merci UBS »

Il parle ici des produits dérivés, ceux-là même que Kweku Adoboli était en charge de gérer au département ETF (Exhchange Traded funds), des montages financiers adossés à l’évolution d’un indice boursier, des produits financiers complexes, qui n’ont de valeur que celle qu’ils tirent de la spéculation boursière.

« Merci UBS » écrit ainsi dans le Financial Times Martin Wolf, l’un des membres d’une commission indépendante, qui prône une séparation entre les activités d’investissement du reste des banques.

Á moyen terme, ces activités assimilées à des « casinos » par leurs nombreux détracteurs, doivent être isolées afin de protéger la banque de détail dédiée aux particuliers ou aux prêts aux entreprises.

« Je n'aurais pas pu rêver de meilleure illustration des risques impossibles à réguler auxquels sont exposées les banques d'investissement », ironise-t-il.

Si le gouvernement a lancé une refonte des autorités chargées de surveiller l'ensemble du système et de veiller à la bonne application des règles, il a cependant renoncé à encadrer strictement les bonus individuels dans le secteur financiers. Des bonus qui sont pourtant accusés d’encourager la prise de risque.

(Avec AFP)

 

 

 

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