12/09/2011 à 14h:34 Par Jeune Afrique
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Julius Malem,a le 30 août 2011 devant le siège de l’ANC à Johannesburg. Julius Malem,a le 30 août 2011 devant le siège de l’ANC à Johannesburg. © AFP

Le trublion de l'ANC, Julius Malema a été condamné à payer une partie des frais de justice de son procès pour incitation à la haine, après avoir été reconnu coupable. Il avait remis au goût du jour dans ses meetings une chanson de la lutte anti-apatheid appelant à mettre à mort les Boers.  

Le président des jeunes du Congrès National Africain (ANC), a été reconnu coupable lundi d'incitation à la haine par un tribunal de Johannesburg pour avoir repris dans ses meetings la chanson historique de la lutte anti-apartheid « Tuez le Boer ».

Julius Malema, qui n'a pas assisté à la lecture du jugement, a simplement été condamné à payer une partie des frais de justice. « Chanter ce chant constitue une incitation à la haine », a conclu le juge Colin Lamont, après environ deux heures de lecture des attendus du jugement, retransmis en direct à la télévision.

« Dubula ibhunu » est une célèbre chanson de la lutte anti-apartheid que le président des jeunes de l'ANC a remise au goût du jour. Les paroles visent les fermier blancs, ou plus généralement les Afrikaners (blancs d'origine hollandaise), qualifiés de « violeurs » et de « voleurs ».

L'apartheid visé

Pendant la lecture du jugement, une centaine de partisans de Malema étaient rassemblés devant le tribunal. D'après eux, ce chant serait inoffensif. Il appartient à l'histoire du pays et sa réactualisation ne viserait personne en particulier, mais le système de l'apartheid en général.

« Ces paroles sont insultantes, déshumanisantes », a répondu le juge Lamont. « Depuis la fin de l'apartheid en 1994, l'ennemi est devenu l'ami, le frère. Les membres de la société doivent accepter tous les citoyens comme leurs frères et cette nouvelle approche doit être encouragée », a-t-il ajouté.

Le juge Lamont a aussi souligné le langage gestuel utilisé par Malema qui reprenait la chanson en faisant semblant de tirer avec un pistolet.

Laissés-pour-compte

Julius Malema, 30 ans, est par ailleurs poursuivi pour indiscipline par son propre parti, l'ANC, dont il se démarque par des prises de positions ultra-populistes. Ces discours font souvent mouche auprès des laissés-pour-compte de l'Afrique du Sud post-apartheid et des millions de Noirs sans-travail.

Samedi, à l'occasion du 67e anniversaire de la Ligue de jeunesse de l'ANC, Julius Malema a lancé une nouvelle salve contre la minorité blanche qui domine encore l'économie sud-africaine. Il a annoncé « la guerre », et a promis de marcher sur la bourse de Johannesburg, tout en traitant les fermiers blancs de « criminels qui ont volé notre terre ».

(Avec AFP)

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