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30/08/2011 à 10:00
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Julius Malema, le 15 mai 2011 à Soweto. Julius Malema, le 15 mai 2011 à Soweto. © AFP/Archives

Le président de la Ligue de jeunesse de l’ANC comparait devant le conseil de discipline du parti ce mardi. Ses déclarations radicalement antioccidentales et ses propositions contraires à la ligne du parti lui sont reprochées. Ses supporters ont affronté les forces de l'ordre dans la matinée.

Julius Malema n’a pas peur. « Je ne suis pas paniqué à l'idée d'aller devant cette commission de discipline », a déclaré le président de la Ligue de Jeunesse de l’ANC, à la veille de sa convocation devant cette instance du Congrès national africain (ANC, parti au pouvoir). Cette audition disciplinaire n'est pas la fin de la route », a-t-il assuré.

On aurait pu s’en douter, connaissant le personnage. Les déclarations fracassantes de ce tribun de trente-ans, sont devenues une marque de fabrique dont la presse se délecte et lui ont fait gagné une exposition médiatique considérable. Au point qu’il commence à gêner au sein de la direction du parti, ultra-dominant depuis les premières élections post-apartheid, en 1994.

Ses prises de position sur la saisie, sans compensation, des mines et des grandes exploitations agricoles détenues par des fermiers blancs, ne sont endossées par le parti, qui mène une politique favorable aux grandes entreprises sud-africaines.

Il appelle à renverser un voisin de l’Afrique du Sud

Le faste de son train de vie et des accusations sur des soupçons de corruption dans des appels d'offres dont auraient bénéficié des sociétés auxquelles il est lié, ont terni son image et lui ont valu l’ouverture d’une enquête judiciaire, actuellement en cours.

Malema s’est également prononcé sur la politique extérieure, qualifiant les Américains d'« impérialistes assoiffés de sang » après l'intervention de l'Otan en Libye. Plus gênant encore, sans doute, pour la diplomatie sud-africaine, fut son appel à renverser le président botswanais Ian Khama, décrit pour l’occasion comme une « marionnette des Américains ». C’est pour ce dernier dérapage qu’il a été convoqué ce mardi.

Affrontements entre la police et ses militants

Droit dans ses bottes, Julius Malema ne s’est pas renié. « Une fois que j'ai pris une décision, je ne reviens pas en arrière. Je m'y tiens à fond », a-t-il déclaré. « Nous avons toujours soutenu que l'ANC était notre avenir. Si l'avenir, c'est d'être expulsé, qu'il en soit ainsi », a-t-il ajouté.

La procédure en cours pourrait déboucher sur une exclusion du leader de la Ligue de la jeunesse de l’ANC (ANC Youth League). Mais celle-ci serait délicate à faire accepter pour ses militants : Julius Malema a été réélu à la tête de l’organisation en juin dernier. Dès lundi, la Ligue avait appelé ses adhérents à manifester devant le siège du parti pour soutenir son président.

Mardi matin, dans le centre de Johannesburg, des échauffourées ont éclaté entre ses supporteurs et la police. Les jeunes gens, au nombre de quelques centaines, ont lancé des pierres et des bouteilles sur la police, tandis que les forces de l'ordre répliquaient à coup de canon à eau, de gaz lacrymogène et balles en caoutchouc.

Certains des manifestants ont ostensiblement brûlé des t-shirts à l'effigie du président de l'ANC et de l'Afrique du Sud Jacob Zuma. Des débordements que l'ANCYL a immédiatement condamné dans un communiqué.

Les auditions se tiendront à huis clos et leur durée n’a pas été précisée.

(Avec AFP)

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