Le report des élections législatives, sénatoriales et municipales a été annoncé jeudi par le pouvoir, et devrait permettre la tenue d’un dialogue politique avec l’opposition.
Pas de nouvelle date prévue, mais les élections sénatoriales, législatives et municipales mauritaniennes n’auront pas lieu aux dates prévues, les 25 septembre et 16 octobre. Ce report, annoncé par le ministère de l’Intérieur jeudi, a été « décidé à la suite de la demande des partis politiques aussi bien de la majorité que de l'opposition » et « fera l'objet d'un décret en Conseil des ministres » la semaine prochaine.
Polémique
Depuis plusieurs semaines, une polémique a éclaté entre l’opposition et le pouvoir sur les conditions de la tenue d’un dialogue politique, préalable aux élections. Afin de laisser le temps nécessaire à la tenue de ces discussions, qui pourrait « aboutir à certaines réformes politiques », selon le communiqué du ministère de l’Intérieur, le scrutin a donc du être décalé.
Selon une source officielle, ce dialogue politique devrait avoir lieu « la deuxième semaine de septembre ». Trois partis de la Coordination de l'opposition démocratique (COD, coalition de 13 formations au total) et des représentants de la majorité au pouvoir participeraient à ces débats selon cette même source.
Ces derniers jours, la COD était elle-même apparue divisée quant à ce dialogue, proposé afin d’apaiser les tensions politiques qui ont cours depuis 2009, l’année de l’élection l'élection présidentielle qualifiée de « frauduleuse » par les opposants au régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz.
Conditions préalables
L'opposition réclamait donc, pour la tenue de cette discussion, des préalables qu'elle jugeait « nécessaires pour rétablir la confiance entre les partenaires politiques », tel l'engagement d'ouverture des médias publics aux opposants et le report des élections.
Trois partis de la COD ont estimé que ces deux conditions avaient été remplies par le pouvoir, qui a annoncé la libéralisation de l'audiovisuel et le report des élections.
Mais d’autres membres de la COD jugent eux, ces exigences insuffisantes, et pressent le gouvernement de « s'interdire de réprimer la liberté de manifester pacifiquement et toute instrumentalisation de l'Administration ainsi que des forces armées et de sécurité à des fins partisanes », a déclaré le chef de file de l'opposition, Ahmed Ould Daddah, lors d'une conférence de presse mercredi à Nouakchott.
« Il n'est pas exclu, si ces préalables sont satisfaits dans les conditions qui nous conviennent, de nous adjoindre au dialogue qui sera lancé mais pour le moment, nous nous en tenons à nos exigences », a affirmé M. Ould Daddah au nom de ses alliés.
(Avec AFP)

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