Extension Factory Builder
29/08/2011 à 14:52
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Mamadou Nkrumah Sané. Mamadou Nkrumah Sané. © DR

À Paris, où il vit en exil depuis vingt ans, le secrétaire général autoproclamé du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) soutient toujours la voie de l’indépendance et rend Dakar responsable des divisions au sein de la rébellion. Interview.

Jeuneafrique.com : Qelles sont aujourd’hui vos revendications, près de trente ans après le début de la rébellion ?

Mamadou Nkrumah Sané : Ce ne sont pas des revendications, c’est un droit. La Casamance est indépendante depuis le référendum de 1958 [visant la création de la Communauté française, NDLR]. Le « non » l’avait emporté mais les voix casamançaises ont été diluées dans l’ensemble sénégalais. Le Sénégal n’a pas à nous donner l’indépendance car il ne nous a jamais colonisés.

Plusieurs membres du mouvement reconnaissent que la plupart des Casamançais ne vous suivent plus sur ce plan…

Mais si, ils y sont plus que jamais favorables. Tous les jours, des jeunes m’appellent pour rejoindre le maquis. Ces jeunes sont nés dans la rébellion et sont excédés.

Vous n’êtes pas le seul à revendiquer la direction du mouvement. Le MFDC est aujourd’hui plus que jamais divisé…

C’est le résultat de la politique du gouvernement. Les assises du mouvement dont on parle tant n’ont pas été préparées par le MFDC, mais par les ministres sénégalais de Diouf puis de Wade. Ces gens ne comprennent pas notre peuple. C’est nous qui devons organiser ces assises, pas eux.

Qu’attendez-vous ?

Je fais l’objet d’un mandat d’arrêt international. Je ne peux pas me rendre au Sénégal. En 2005, Wade m’a envoyé un messager. Nous avons discuté trois jours autour d’un accord afin que l’abbé Diamacoune soit libéré et que je puisse rentrer librement en Casamance – et aussi que tous les documents saisis chez moi par la police française me soient remis. Mais au final, Wade l’a refusé. Depuis, je n’ai plus de nouvelles. Wade perdra à cause de nous en 2012, comme Diouf a perdu à cause de nous en 2000.

Qui reconnaissez-vous aujourd’hui sur le front militaire ?

Le groupe armé d’Ousmane Niantang Diatta . Les autres [Salif Sadio et César Atoute Badiate] ont désobéi à l’abbé et à moi. Je n’ai plus de contact avec eux. César ne répond plus à mes appels.

Quel est votre lien hiérarchique avec Niantang ?

Je suis son supérieur.

Quelles sont vos directives ?

De nous réorganiser et de recruter pour préparer la grande offensive contre les occupants.

Cautionnez-vous les attaques contre l’armée ?

Oui.

Et les rackets contre la population ?

L’armée est responsable de ces actes. J’accuse le gouvernement sénégalais de recruter des bandits afin qu’ils se déguisent en membres du MFDC et s’attaquent à la population casamançaise. Vous remarquerez d’ailleurs qu’il n’y a pas de victimes sénégalaises, mais seulement des Casamançais. Pourquoi mes hommes ne s’attaqueraient-ils pas à ces étrangers alors que ce sont eux qui ont l’argent ?

___

Propos recueillis par Rémi Carayol

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Sénégal

Classement 2014 : Algérie, Tunisie et Sénégal au sommet des sélections africaines de foot

Classement 2014 : Algérie, Tunisie et Sénégal au sommet des sélections africaines de foot

Après l’Égypte (2010), la Côte d’Ivoire (2011), la Zambie (2012) et le Nigeria (2013), l’Algérie, huitième de finaliste de la Coupe du monde et facilement qualifiée pour[...]

Sécurité en Afrique : cinq choses à retenir du Forum de Dakar

Impulsé par la France, le Forum sur la paix et la sécurité en Afrique s'est tenu à Dakar les 15 et 16 décembre. À l'heure du bilan, voici cinq points marquants qui ressortent des[...]

Francophonie : règlement de comptes entre de l'Estrac et les autorités sénégalaises

Jean-Claude de l'Estrac, candidat malheureux au secrétariat général de l'OIF, est très remonté contre les dirigeant sénégalais et français. Explications.[...]

Terrorisme : à Dakar, Le Drian plaide pour une "alliance régionale, continentale et mondiale"

À l'ouverture du premier forum international sur la paix et la sécurité en Afrique, qui se tient à Dakar, Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense, a appelé lundi les[...]

Sénégal : Aïssa Dione, de fil en aiguille

Avec ses tissus et ses meubles contemporains, fabriqués selon des techniques traditionnelles, la créatrice Aïssa Dione a conquis les plus grands couturiers et décorateurs à travers le[...]

Le forum de Dakar, un Davos de la sécurité en Afrique ?

Co-organisé par le ministère français de la Défense et par l’État sénégalais, le forum international sur la paix et la sécurité en Afrique aura lieu les 15 et[...]

Sénégal : Karim Wade enfonce le clou

L'ancien ministre sénégalais Karim Wade, poursuivi pour enrichissement illicite au Sénégal, et l'expert financier Pape Alboury Ndao, qui est à l'origine de certaines des accusations contre le[...]

Marocains et Sénégalais, frères spirituels

Témoins des solides liens cultuels et commerciaux entre le royaume chérifien et le Sénégal, des milliers de Marocains vivent à Dakar. Et ils y sont bien dans leurs babouches.[...]

Sénégal : à Dakar, ils ont rajeuni les jeudis

Dans la commune populaire de Ouakam, la maison des Petites Pierres sert de QG à un collectif d'artistes pluridisciplinaires. Plongée dans le Dakar underground.[...]

Sénégal : la décentralisation à Dakar, top ou flop ?

L'Acte III de la décentralisation a été promulgué pour rénover le code des collectivités locales (dont l'acte II date de 1996), avec pour objectif d'"organiser le[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers