Extension Factory Builder
22/08/2011 à 13:12
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Dimanche soir, le président syrien Bachar el-Assad interviewé par la télévision d'Etat. Dimanche soir, le président syrien Bachar el-Assad interviewé par la télévision d'Etat. © AFP

L'étau se resserre autour du dirigeant syrien, Bachar al-Assad, qui semble avoir perdu toute légitimité sur la scène internationale.

« En nous abstenant de réagir, nous leur disons que leurs propos sont sans valeurs. » C'est la nouvelle politique du président syrien Bachar al-Assad, qui préfère ignorer l'opposition qu'il suscite sur la scène internationale.

L'intervention dimanche soir à la télévision d'État du dirigeant alaouite avait pourtant tout d'une réaction aux propos tenus jeudi par le président Barak Obama, qui pour la première fois a explicitement appelé Bachar al-Assad à partir.

Mais le président syrien semble plus que jamais déterminé à rester en place. Et malgré la violente répression du mouvement de contestation sociale lancé le 15 mars, al-Assad tient plus que jamais à réaffirmer sa légitimité, jouant, comme l'usage le veut, de la carte de l'ingérence étrangère : « de tels propos ne doivent pas être tenus à l'égard d'un président qui a été choisi par le peuple syrien et qui n'a pas été installé par l'Occident, un président qui n'est pas fabriqué aux États-Unis. Ces paroles se disent à un peuple soumis qui accepte de recevoir des ordres de l'étranger ».

Mais le président a tout de même fait état de quelques nouvelles réformes entreprises par son gouvernement : des élections locales devraient avoir lieu en décembre, tout comme le pouvoir prévoit l'organisation d'ici quatre à huit mois de nouvelles élections législatives,  afin de permettre aux partis de se constituer et d'avoir le temps de faire campagne.

Crimes contre l'humanité

Mais ces réformes n'ont pas empêché l'ouverture lundi matin d'une session extraordinaire du conseil des droits de l'homme de l'ONU, sur la crise en Syrie. Objectif : mettre sur pied une commission d'enquête indépendante pour faire la lumière sur les exactions à l'encontre de la population civile.

La procédure, peut fréquente, a été lancée par 23 pays membres, dont quatre pays arabes du Conseil, la Jordanie, l'Arabie Saoudite, le Qatar et le Koweït. Silencieux au début de la crise, ses trois derniers ont depuis rappelé leur ambassadeur à Damas. Par ailleurs, la situation en Lybie ne doit pas laisser le régime indifférent puisque l'ambassade de Lybie à Damas vient quant à elle de rallier le CNT.

Un projet de résolution « condamne avec force les persistantes et graves violations des droits de l'homme de la part des autorités syriennes » et les appelle « à cesser immédiatement tous les actes de violence contre la population ».

Le texte demande également « l'envoi urgent d'une commission d'enquête indépendante  » sur place pour « mener des investigations sur les violations des droits de l'homme en Syrie depuis le mois de mars » et « identifier les auteurs pour s'assurer qu'ils puissent être tenus responsables ».

Une mission d'experts mandatée par le Haut commissariat aux droits de l'homme a déjà dressé dans un rapport révélé jeudi un inventaire d'atrocités commises par les forces de sécurité syriennes, pouvant être considérées comme des crimes contre l'humanité et passible d'une saisine de la Cour pénale internationale. Mais Bachar al-Assad a indiqué qu'il existait en Syrie une commission d'enquête indépendante.

« Un nombre limité de personnes ont déjà été jugées sur la base de preuves irréfutables. Le principe est que quiconque, qu'il soit militaire ou civil, ayant commis un crime contre un citoyen sera jugé sur la base de preuves. Nous n'innocenterons pas un coupable et nous ne condamnerons pas un innocent », a-t-il dit. Plus de 2.000 personnes ont été tuées par les forces du régime depuis le début de la répression le 15 mars.

Embargo sur le pétrole ?

Mais d'après des sources diplomatiques, des mesures européennes visant le secteur pétrolier, notamment un embargo sur l'importation de pétrole brut syrien, pourraient être annoncées dès mardi. L'Europe achète 95% du pétrole exporté par la Syrie, ce qui représente un tiers des recettes du pays.

« Malgré les bonnes relations économiques que nous avons avec l'Europe, nous avons d'autres alternatives. On s'est orienté vers l'Est et nous continuerons à le faire », a sobrement commenté Al Assad, confiant.
 

(avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Moyen-Orient

Gaza : entrée en vigueur d'un cessez-le-feu précaire de 72 heures

Gaza : entrée en vigueur d'un cessez-le-feu précaire de 72 heures

Les armes se sont tues à Gaza, vendredi matin, en théorie pour 72 heures. Le temps pour Israël et le Hamas de signer un vrai cessez-le-feu au Caire ?[...]

Palestine, Tchétchénie, Nigeria... : quand les femmes se transforment en kamikazes

Plusieurs femmes kamikazes ont commis des attentats suicides ces derniers jours dans le nord du Nigeria. Inédit dans ce pays et en Afrique, le phénomène n'est pas nouveau dans le reste du monde. De la[...]

Gaza : que peut, que doit faire l'Afrique ?

La communauté internationale semble impuissante face à l’escalade de l’opération Bordure protectrice dans la bande de Gaza. Que dit l’Afrique ? Que doit dire l’Afrique ? Que peut[...]

Dr Zouhair Lana, à Gaza : "Ce sont principalement des civils qui nous arrivent à l'hôpital Al-Shifa"

Le docteur franco-marocain originaire de Casablanca Zouhair Lana se trouve à Gaza depuis le 13 juillet. Ce chirurgien-obstétricien exerce à l’hôpital Al-Shifa, le plus grand de la ville, et[...]

Gaza : une école de l'ONU abritant des réfugiés visée, au moins 16 morts

Le bombardement d'une école de l'ONU dans la bande de Gaza a fait au moins 16 morts mercredi matin.[...]

Gaza : trois mouvements palestiniens, dont le Hamas, favorables à une trêve de 24 heures

Les trois principaux mouvements palestiniens se sont dits favorables mardi à une trêve humanitaire de 24 heures.[...]

Califat : Al-Baghdadi, un tigre de papier

Le très médiatisé État islamique est-il une nouvelle hydre, plus puissante et terrifiante qu'Al-Qaïda ne l'a jamais été ? Voire ![...]

Gaza : les bombardements israéliens redoublent d'intensité

Les bombardements de l'armée israélienne sur la bande de Gaza se sont renforcés dans la nuit de lundi à mardi. Les désaccords restent profonds sur les termes d'un accord durable entre Israël[...]

Maghreb : sur les routes du jihad pour la Syrie ou l'Irak

Ils sont des milliers à partir depuis Rabat, Tunis, Alger ou Tripoli pour rejoindre la Syrie ou l'Irak. Qui sont-ils ? Pourquoi partent-ils ? Quelles routes empruntent-ils ? "Jeune Afrique" a [...]

État islamique : Al-Baghdadi et le mythe du califat

Débarrassé de ses parts d'ombre, le califat rétabli par Baghdadi demeure une légende dans l'esprit de nombreux musulmans.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers