Le sommet des chefs d'État de la SADC qui s'ouvre ce mercredi en Angola devra faire le point sur les crises qui agitent plusieurs des pays membres. Dont Madagascar et le Zimbabwe, plus que jamais dans l'impasse.
Un sommet à huis clos des chefs d'État de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) ouvre ses portes à Luanda ce mercredi matin pour deux jours. Au programme : des crises et... des crises. Avec la possibilité, pour l'organisation régionale, de faire taire les critiques lui reprochant son manque de leadership et sa compromission avec les pouvoirs autoritaires de la région.
De fait, quatre des quinze pays concernés ont été récemment touchés par des troubles plus ou moins meurtriers : au Malawi et au Swaziland, l'opposition conteste le pouvoir en place, et l'impasse politique est flagrante au Zimbabwe et à Madagascar.
L'inquiétant président du Malawi Bingu wa Mutharika ne supporte plus son opposition qu'il accuse d'être sous l'emprise de Satan et qu'il fait sévèrement réprimer. Des émeutes anti-gouvernementales ont ainsi fait 19 morts en juillet. L'opposition avait même programmé des veillées de contestation mercredi soir, pendant le sommet de Luanda, avant de reporter à une date ultérieure ce projet sous la pression du pouvoir.
Situation bloquée
Pour Madagascar, la SADC a approuvé en juin dernier une feuille de route devant préparer des élections, mais continue de demander le retour de l'ancien président déchu Marc Ravalomanana. Au Zimbabwe, elle a sans doute évité un désastre en parrainant l'accord de partage du pouvoir de 2009 entre le vieux président Robert Mugabe (photo ci-contre, © AFP)et son principal opposant, le Premier ministre Morgan Tsvangirai. Mais la situation est totalement bloquée depuis et de nouvelles élections à haut risque se rapprochent et le clan Mugabe s'accroche de toutes ses forces au pouvoir.
Quant à l'ambiance dans la petite monarchie absolue de Mswati III au Swaziland, elle commence également à être tendue. Mardi, des étudiants en colère ont marché sur l'université à Mbabane pour demander sa réouverture et protester contre l'absence de fonds, ce qui a contraint à repousser sine die la rentrée universitaire.
« Nonobstant ces défis, la SADC s'efforce d'avancer vers l'intégration régionale, sachant qu'il s'agit là d'une condition fondamentale pour un développement durable dans la région », a déclaré le ministère sud-africain des Affaires étrangères dans un communiqué en préambule au sommet de Luanda. Pour l'Afrique du Sud, la SADC reste le premier instrument pour parvenir au développement et à l'intégration de l'Afrique australe. Un instrument à consolider...

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