L'ex-président Hosni Moubarak, sur une civière, à l'ouverture de son procès, le 3 août 2011.
© capture d'écran de la télévision d’Etat égyptienne/AFP
Moins de six mois après la chute du régime, avait lieu la première audience du procès de l’ex-président égyptien Hosni Moubarak, qui comparaissait le 3 août pour meurtres et corruption. La prochaine audience aura lieu le 15 août.
Mise à jour à 14 h 52
Le procès de l’ex-président égyptien Hosni Moubarak et de ses deux fils a été ajourné au 15 août, a annoncé mercredi le président du tribunal, Ahmed Refaat. Ce dernier a également ordonné l’admission de l’ancien raïs dans le centre médical international, près du Caire.
« Toutes ces accusations, je les nie complètement », a déclaré l'ancien président lors de son procès. Ses deux fils, Alaa et Gamal, ont également pris la parole pour plaider non coupables. Les trois hommes doivent répondre d'accusation de corruption, de détournement de fonds public et du meurtre de manifestants anti-régime pendant la révolte.
La première audience du procès de Hosni Moubarak avait lieu aujourd'hui au Caire, sous forte protection policière et militaire, dans l’enceinte de l’école de police dans la banlieue de la capitale égyptienne. Plus d’un millier de policiers et de soldats ont été déployés pour assurer la sécurité du lieu. Près de 600 personnes, avocats, familles des victimes, journalistes, ont été autorisés à assister au procès. Des barbelés ont également été placés devant le bâtiment dont l’entrée était gardée par une dizaine de bus de police anti-émeutes.
Ses deux fils Alaa et Gamal, l’ancien ministre de l’intérieur Habib al-Adli, toujours haï par une partie de la population, ainsi que six hauts responsables de la police sont jugés en même temps. L’homme d’affaire Hussein Salem, un proche de Moubarak, sera lui jugé par contumace. tous doivent répondre de leur implications dans le meurtre des manifestants de la place Al-Tahrir et de leur responsabilité dans diverses histoires de corruptions.
Le procès de l'ex-ministre de l'Intérieur Habib el-Adli et de six hauts responsables de la police a, lui, été ajourné à jeudi.
Un moment historique
Le procès a débuté vers 10h00, dans un amphithéâtre, où une grande cage à barreaux noirs a été installée pour accueillir les accusés. La séance étant retransmise par la télévision publique, les Égyptiens ont pu voir Alaa et Gamal Moubarak assis sur le banc des accusés, vêtus de l’uniforme blanc des prisonniers. Leur père, allongé sur une civière, a également été transporté dans le box.
Nombreux étaient les Égyptiens à se dire sceptiques sur la présence du dictateur déchu lors de son jugement, étant donné son âge avancé, 83 ans, et ses problèmes cardiaques. D’autres accusaient l’armée, au pouvoir depuis sa démission, de chercher à lui éviter une « humiliation. »
Mais le président déchu est bien arrivé au Caire mercredi matin après avoir quitté l’hôpital de Charm el-Cheikh, où il est en détention préventive depuis avril. Il a quitté la station balnéaire en avion et a atterri dans la matinée à l’aéroport militaire d’Almaza, au Caire selon une source de sécurité.
Un procès qui divise l’opinion publique
A l’extérieur de l’académie, plusieurs dizaines de partisans de l’ancien président se sont heurtés à ses opposants. Des pierres ont été lancées de part et d’autre, avant que la police n’intervienne et n’installe un cordon entre les deux camps.
« Ils disent révolution et liberté, mais ils ne sont qu’une bande de voyous », « O juge, il ne faut avoir peur que d’Allah », criaient certains en brandissant des photos de Moubarak.
« Il est vieux et très malade et puis il n’est que l’un de ceux qui ont participé aux violences », a estimé pour sa part Oum Ibrahim, 62 ans, devant son étalage de légumes dans le quartier de Dokki.
Mais à Charm el-Cheikh, au moment où l’ancien président quittait l’hôpital, des manifestants avaient appelé à son exécution. Salwa Saïd Hanafi porte le noir, couleur du deuil, comme deux autres femmes rencontrées à Tahrir. Elles sont là chaque jour depuis le 8 juillet, date du début d'un sit-in organisé pour réclamer l’accélération du jugement des responsables de l'ancien régime.
"Tous les responsables de la mort de mon fils doivent être jugés, mais Moubarak et Adli sont les plus importants", remarque Salwa.
« C’est un meurtrier, celui qui a tué doit être tué », lâche de son côté Alaa Khaled, qui a perdu son frère jumeau le 27 février. Comme Alaa et Salwa, la quasi-totalité des familles des quelques 850 victimes et des 6000 blessés de la révolte réclament l’application de la loi du talion.
(Avec AFP)

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