Des militaires français participent à la parade du cinquantenaire de l'indépendance du Sénégal.
© AFP/SEYLLOU
Près des trois quarts des militaires français du Sénégal - 900 hommes sur 1 200 - ont déjà fait leur paquetage ou prévoient de le faire dans les trois années qui viennent. La force restante sera dédiée à la coopération militaire avec les 15 pays membres de la Cedeao et la Mauritanie.
Près de 40 ans après leur création, en 1974, les Forces françaises du Cap-Vert (FFCV) ne sont plus. Certes, 300 militaires français vont bien rester sur la base militaire française de Dakar, mais ceux-ci - terminologie diplomatique oblige - prendront le nom d’Éléments français au Sénégal (EFS).
Le nombre des militaires français du Sénégal, dont le retrait a officiellement débuté dimanche, devrait être stabilisé en trois ans. « L’effectif sera rabaissé progressivement à 300 personnes d’ici 2014. Une importante partie des départs a déjà eu lieu. Actuellement nous sommes environ 400 sur la base militaire de Dakar », indique un officier français sur place.
La dissolution des FFCV résulte de la volonté exprimée en février 2010 par Abdoulaye Wade de voir le Sénégal reprendre les bases françaises sur son territoire pour y exprimer sa « souveraineté ». Le président sénégalais s’était insurgé de la présence « de plus en plus incongrue » des soldats français dans un pays stable et démocratique. « Elle y est ressentie comme une indépendance inachevée », avait-il déclaré.
Nouvelle coopération militaire
Le nouvel accord de coopération militaire, signé en avril 2010, prévoit la création de l’EFS, « une plate-forme de coopération militaire opérationnelle, bilatérale et générale » censée être mise au service des armées des 15 pays de la Cedeao et de la Mauritanie. Composée de 300 militaires français assistés de 150 Sénégalais, cette nouvelle formation sera commandée par le général Grégoire de Saint-Quentin.
Les forces françaises au Sénégal, bien que diminuées et n’ayant a priori plus pour vocation d’intervenir directement dans la sous-région, constituent avec celles de Libreville et de Djibouti, les trois bases permanentes du dispositif français en Afrique.
Dimension économique
À la dimension politique très populaire au Sénégal du départ des FFCV se greffe néanmoins un impact économique négatif. Quelque 260 Sénégalais travaillaient jusque-là sur les trois sites militaires français (23e Bataillon d’infanterie marine « Bima » de Bel Air, Base aérienne 160 de Ouakam et Unité marine), sans compter tous les emplois générés par la présence des militaires français (commerçants, cuisiniers, gardiens, jardiniers..).
« Alors que le nombre de militaires français a été divisé par quatre, celui des employés sénégalais ne l'a été que par deux. Cela reflète bien le souci et l'attachement de la France vis-à-vis de ses employés sénégalais et son désir de faire perdurer ce lien particulier », a cependant déclaré le général Olivier Paulus, dernier commandant des FFCV, dans un entretien accordé le 30 juillet au quotidien sénégalais Le Soleil.
Une chose est sûre : le départ des troupes françaises marque la fin de plus de deux siècles de présence militaire française au Sénégal, initiée au temps où Saint-Louis était la capitale de l'Afrique occidentale française (AOF).

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