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11/07/2011 à 08:47
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Hissène Habré quitte le tribunal de Dakar, le 25 novembre 2005. Hissène Habré quitte le tribunal de Dakar, le 25 novembre 2005. © AFP

Nouveau revirement pour Abdoulaye Wade, qui a finalement suspendu sa décision d'expulser vers N'Djamena l'ancien dictateur tchadien Hissène Habré, accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. L'ONU avait notamment argué que cette extradition "pourrait violer le droit international".

Abdoulaye Wade est décidément bien versatile. Après avoir décidé d'extrader Hissène habré dans son pays, le Tchad – à la grande surprise de tous -, il est finalement revenu sur sa décision devant le flot de critique qu'elle a suscitée, en particulier de l'ONU.

L'expulsion de l'ancien dictateur tchadien est donc suspendue jusqu'à nouvel ordre en réponse à une demande des Nations Unies qui arguait que la mesure constituait peut-être « une violation du droit international ».

« Le Sénégal suspend la mesure d'expulsion contre Hissène Habré compte tenu de la demande faite par Mme la Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme », Navi Pillay, dimanche matin, a annoncé le ministre sénégalais des Affaires étrangère, Madické Niang, dans un communiqué lu à la radio-télévision nationale RTS.

Consultations Sénégal-ONU-UA

Selon le ministre, le Sénégal va engager « immédiatement des consultations avec l'ONU, l'Union africaine (UA) et la communauté internationale » pour « qu'une solution puisse intervenir rapidement ». Mais pourquoi ce dialogue n'a-t-il pas été entrepris jusque là ?

Madické Niang  ne répond pas à cette question. Il se contente d'expliquer pourquoi le Sénégal ne peut pas juger Hissène Habré, accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité pendant ses huit ans au pouvoir (1982-1990). Pour lui, la suggestion en 2010 de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) de créer une juridiction spéciale pour juger Hissène Habré « interdit » à son pays de le juger. Car ce serait une « solution inacceptable pour le Sénégal qui s'était engagé à faire juger Hissène Habré par ses propres juridictions et magistrats, et non par une nouvelle juridiction dont les fondements sont discutables ».

Présent à Dakar, un des avocats français d'Hissène Habré, François Serres, a dit devant la presse « prendre acte » que le président sénégalais Abdoulaye Wade « accepte de constater qu'il a violé une nouvelle fois le droit et qu'il accepte d'en payer les conséquences ».

Habré : "Si je retourne au Tchad, ce sera dans un cercueil"

« Nous allons poursuivre l'ensemble des procédures » contre la décision d'expulsion « devant les juridictions du Sénégal et de la Cedeao », a-t-il ajouté. Selon lui, Hissène Habré, qu'il avait rencontré avant l'annonce de la suspension de l'expulsion, « a dit que s'il doit retourner au Tchad, ce sera dans un cercueil. Il invoque son droit à la résistance à tout ordre illégal et illégitime ». L'ancien dictateur s'était aussi dit « victime d'un kidnapping », selon un autre de ses avocats.

Autre réaction, celle de l''avocat américain Reed Brody de Human Rights Watch, qui s'est déclaré « heureux que le président Wade ait suspendu cette expulsion mal préparée. (...) L'extradition de Habré en Belgique est désormais la seule option pour s'assurer qu'il répondra des accusations contre lui lors d'un procès équitable », a-t-il ajouté.

La Belgique, qui réclame l'extradition d'Habré pour le juger, ainsi que plusieurs organisations de défense des droits de l'homme, avaient également déploré son renvoi prévu vers le Tchad.

À Dakar, dans le quartier où il possède une maison et est apprécié par ses voisins, une centaine de personnes ont manifesté dimanche en sa faveur. En 2006, répondant à une demande de l'Union africaine, le Sénégal avait accepté, « au nom de l'Afrique », de le juger, mais même pas la moindre information judiciaire n'y a été ouverte depuis.

Habré avait été renversé par l'actuel président tchadien Idriss Deby Itno qui, après avoir été un de ses proches, avait été accusé de complot et était entré en rébellion avant de provoquer sa chute en 1990. (avec AFP)

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