Vendredi, jour de prière mais dans le monde arabe, jour de manifestation aussi. Près de six mois après le début de la contestation, les manifestations se poursuivent en Égypte et en Syrie.
Égypte : concrétiser la révolution. Des milliers d’Egyptiens étaient rassemblés vendredi matin sur la désormais célèbre place Al-Tahrir, dans le centre du Caire, pour protester contre les nombreux faux-pas du Conseil suprême des forces armées, qui dirige actuellement le pays. Et la liste est longue : tests de virginité pratiqués sur les manifestantes, répressions violentes des sit-in, lenteur dans le jugement des cadres de l’ancien régime…
Un homme cristallise le mécontentement des foules : le maréchal Tantawy, le chef du conseil suprême. « Nous n’avons pas vu de changement. Nous avons renversé Moubarak, mais nous avons un maréchal à la place » pouvait-on lire place Tahrir.
Les manifestants réclament la démission des responsables de l’ancien régime encore en poste dans le gouvernement et la haute administration, notamment au sein du ministère de l’Intérieur et des forces de sécurités. Ils demandent également des sanctions contre les policiers impliqués dans la répression du soulèvement entre les mois de janvier et février, qui a fait près de 850 morts.
Des milliers de personnes se sont également rassemblées à Alexandrie, deuxième ville du pays, ainsi qu’à Suez, où des affrontements ont eu lieu ces derniers jours. Les manifestants s’y sont rassemblés pour protester contre la mise en liberté sous caution de policiers accusés de meurtre durant les manifestations qui ont mené à la chute du président Moubarak, au pouvoir depuis 30 ans.
Les frères musulmans rejoignent le mouvement
Ces rassemblements répondent à l’appel de mouvements de jeunes pro-démocratie et de partis laïcs. Le puissant mouvement des frères musulmans, qui hésitait à descendre dans la rue vendredi, a finalement lui aussi appelé à manifester. La police qui avait promis de ne pas être présente aux abords de la manifestation, était effectivement invisible à Tahrir vendredi matin. Les entrées de la place étaient contrôlées par le service d’ordre des manifestants.
Syrie : non au dialogue avec Bachar. En Syrie, les militantes pro-démocraties se préparent également à une nouvelle mobilisation destinée à renverser un régime qui continue de mater la contestation ville après ville.
« Non au dialogue : quel dialogue alors que le sang a été versé ? Quel dialogue alors que les villes sont assiégées ? Le peuple veut la chute du régime » écrivent les militants sur leur page Facebook « la révolution syrienne 2011.»
Damas accuse les États-Unis
L’ambassadeur des Etats-Unis à Damas, Robert Ford, s’est rendu à Hama jeudi et compte y rester en vue des manifestations. Il aurait pour mission d’établir le contact avec l’opposition. Les autorités syriennes ont immédiatement sauté sur l’occasion pour mettre sur le compte des Etats-Unis le mouvement de contestation, accusé de faire monter la tension et de nuire à la sécurité et à la stabilité du pays.
Les opposants ont quant à eux lancé une campagne de « boycott des commerçants qui soutiennent le régime assassin en Syrie ». « Ne payez pas le prix de la balle qui est en train de nous tuer », lit-on vendredi sur leur page Facebook. Jusqu’à ce jour, le milieu des affaires damascène et aleppin est resté en effet fidèle au régime.
Depuis le 15 mars, date à laquelle les premières manifestations ont été lancées, la répression a fait plus de 1300 morts et des milliers de déplacés. Les militants ont annoncé qu’ils préparaient une mobilisation le 16 juillet à la frontière turque pour soutenir les Syriens qui ont fui en Turquie suite aux violences des deux derniers mois. (Avec AFP)

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