30/06/2011 à 10h:40 Par Jeune Afrique
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Agathe Habyarimana, le 14 avril 1977 à Paris. Agathe Habyarimana, le 14 avril 1977 à Paris. © AFP

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris se prononcera le 28 septembre sur la demande d’extradition par le Rwanda d’Agathe Habyarimana, veuve de l’ancien président rwandais, soupçonnée d’être impliquée dans le génocide de 1994. Le parquet français s’y est opposé lors d’une audience mercredi.

Agathe Habyarimana et Kigali devront patienter jusqu’à fin septembre pour connaître la décision de la justice française sur une éventuelle extradition au Rwanda.

La veuve de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana est soupçonnée d’être impliquée dans le génocide de 1994 et visée par un mandat d’arrêt international émis par Kigali pour « génocide » et « crimes contre l'humanité ».

Avis défavorable

Lors d’une audience qui s’est tenue mercredi à Paris, l’avocat général (représentant de l’État français) Jean-Charles Lecompte a émis un avis défavorable à la demande du Rwanda, pointant le « manque de précision » des actes d'accusation. Selon lui, un problème juridique se pose en outre : le droit rwandais ne prévoyait pas de sanction pénale pour les faits reprochés à Agathe Habyarimana à l'époque où elle est accusée de les avoir commis.

L’avocat du gouvernement rwandais, Me Gilles Paruelle, n’a pas ménagé sa peine pour tenter de convaincre les juges. Madame Habyarimana « doit apporter une réponse aux questions qui sont posées par l'accusation, a-t-il lancé. Il en va de l'histoire de son pays, il en va du devoir de mémoire que nous devons aux victimes innombrables du génocide ».

L'ancienne première dame « est l'une des pièces maîtresses du pire génocide qui ait été commis au vingtième siècle », a-t-il encore accusé.

Agathe Habyarimana, venue accompagnée d’une quinzaine de proches et vêtue d’un boubou vert et jaune s’est dit « victime d'une manipulation et d'un mensonge ».

Éminemment politique

« La demande d'extradition est éminemment politique », a plaidé son avocat Me Philippe Meilhac. Invoquant l'absence de garanties de procès équitable au Rwanda pour s'opposer à l'extradition, il a ajouté que sa cliente « ne cherche pas à ne pas répondre aux accusations qui sont portées contre elle. Elle veut le faire devant une juridiction respectueuse des droits de la défense ».

Agathe Habyarimana fait par ailleurs l’objet d’une enquête française pour « complicité de génocide », ce qui lui a valu d’être brièvement arrêtée et entendue par la justice française en mars 2010, quelques jours après une visite de Nicolas Sarkozy au Rwanda, la première d'un président français depuis le génocide.

Elle est placée sous contrôle judiciaire et réside chez un de ses fils dans l'Essonne sans statut légal (elle s’était vue notifier en mai un refus de titre séjour en France, où elle s’est réfugiée depuis plus de dix ans). (avec AFP)

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