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29/06/2011 à 15:23
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Des soldats des forces rebelles libyennes gardent l'aéroport de Benghazi, le 29 juin 2011. Des soldats des forces rebelles libyennes gardent l'aéroport de Benghazi, le 29 juin 2011. © AFP

La France procède à des parachutages d’armes lourdes aux rebelles libyens depuis plusieurs semaines, dans l’espoir de les aider à prendre Tripoli, selon des révélations du quotidien français Le Figaro. Paris affirme qu'il s'agissait d'armes "légères", en complément de "livraisons humanitaires".

Mis à jour à 16h53.

On savait Paris décidée à vaincre Mouammar Kadhafi. Mais jusqu’à présent son appui aux rebelles libyens se limitait officiellement à des frappes aériennes contre les forces restées fidèles à Mouammar Kadhafi.

D’après le quotidien français Le Figaro, la France livre aussi des armes aux rebelles libyens, et ce depuis plusieurs semaines. Selon le journal, Paris a ainsi parachuté des lance-roquettes, des fusils d'assaut, des mitrailleuses ainsi que des missiles antichars Milan dans la région du Djebel Nefoussa, située au sud de Tripoli.

40 tonnes d’armes

L’ordre aurait été donné au début du mois de mai, devant le blocage de la situation militaire en Libye. Mais selon une source « officieuse proche du dossier » citée par l’AFP, c’est mi-avril que la décision aurait été prise, lors d’une réunion entre le président français Nicolas Sarkozy et le chef d'état-major des rebelles libyens, le général Abdelfatah Younès.

Selon cette deuxième source, 40 tonnes d'armes seraient arrivées dans cette région, dont quelques chars légers.

L'armée française a confirmé le parachutage d'armes mais a tenté d'en modérer la portée. « On a procédé à des largages d'aide humanitaire, des vivres, de l'eau et des fournitures médicales, a affirmé le porte-parole de l'état-major, le colonel Thierry Burkhard. Pendant les opérations, la situation des civils au sol s'est dégradée. Nous avons également largué des armes et des moyens pour leur permettre de se défendre, essentiellement des munitions. » Il s'agissait de « quelques largages ponctuels, sur plusieurs jours, pour éviter que les civils soient massacrés [...] de l'armement léger d'infanterie de type fusil », a précisé le colonel Thierry Burkhard.

Interrogé lors d'une conférence de presse à Paris mercredi après-midi, le ministre de l'Information et porte-parole du CNT Mahmoud Shammam n'a pas souhaité faire de commentaire. « Si les Français ont délivré des armes, c'est à eux qu'il faut poser la question, a-t-il déclaré. Mais nous accueillons toute aide humanitaire, matériel et militaire afin de mettre un terme au combat actuel. »

D’après, Le Figaro, quotidien français marqué à droite, les rebelles dans la région, essentiellement constituée de « tribus berbères », auraient toutefois pu progresser « grâce à ces renforts en armement ». Le journal dit avoir consulté une carte de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), les services de renseignement français, montrant que plusieurs localités de la région sont passées récemment aux mains des rebelles. Il s'agit de Nalout, Tiji, Al-Jawsh, Shakshuk et Yafran.

Réticences africaines

Les livraisons d’armes aux rebelles libyens restent un sujet très sensible du fait du risque de voir certaines d’entres elles récupérées par des groupes terroristes actifs dans la région, notamment Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Plusieurs voix, notamment africaines, s’étaient élevées contre le risque de dissémination d’armes dans le Sahel.

Selon Le Figaro, les responsables français espèrent que des progrès de la rébellion sur le front Sud pourraient aider à une chute éventuelle du régime de Kadhafi. Si les rebelles parviennent jusqu'aux abords de Tripoli, la capitale ne manquera pas de se soulever contre Kadhafi, a dit au journal un haut responsable français. (avec AFP)

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