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29/06/2011 à 10:59
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Heurts entre manifestants et policiers anti-émeutes, place Al-Tahrir, le 29 juin 2011 au Caire. Heurts entre manifestants et policiers anti-émeutes, place Al-Tahrir, le 29 juin 2011 au Caire. © Khaled Desouki/AFP

De violents affrontements ont opposé dans la nuit de mardi à mercredi la police à des manifestants dans le centre du Caire, autour de la célébre place Al-Tahrir. Malgré un nombre important de blessés, les véritables raisons de ces heurts restent floues.

Mardi soir se tenait une cérémonie à la mémoire de victimes du soulèvement du 25 Janvier en Égypte qui a renversé Hosni Moubarak. Quelques heures plus tard, une véritable « guerre de rue » a éclaté entre policiers et manifestants, expliquait un reporter de la chaîne satellitaire Al-Hayat présent sur place. Le secteur du centre-ville, a été bouclé par les forces de l’ordre et les autorités ont coupé l’électricité. La police anti-émeute a tiré des gaz lacrymogènes sur les manifestants.

Mercredi Matin le bilan était d'une cinquantaine de blessés. La situation, tendue durant la nuit, s'est calmée, et d'importants effectifs de police ont été déployés mercredi matin place Al-Tahrir et ses abords, de même qu'autour du ministère de l'Intérieur.

En début de matinée, de petits groupes de manifestants continuaient à lancer des pierres sur la police, qui ripostait avec des gaz lacrymogènes.

« Les regrettables incidents qui se sont déroulés à Al-Tahrir de mardi soir jusqu'à l'aube mercredi n'ont pas d'autres raisons que de tenter de déstabiliser la sécurité de l'Égypte », a déclaré dans un communiqué le Conseil suprême des forces armées, qui gère la transition du pays depuis la chute du président Moubarak le 11 février.

Comment en est-on arrivé là ? Les versions divergent.

Contre-révolution ?

Selon un responsable des services de sécurité, les troubles ont éclaté dans la soirée de mardi quand un groupe d’hommes a investi un bâtiment où se tenait la cérémonie à la mémoire des « martyrs » de la révolution du 25 Janvier.

Les affrontements se sont ensuite déplacés aux abords de l’immeuble de la télévision d’État, dans le centre du Caire, avant de finir place Al-Tahrir qui se trouve à proximité.

« Je ne crois pas que le moment choisi pour ces affrontements soit une coïncidence », a déclaré un témoin sur la chaîne ON-TV, laissant entendre qu’ils auraient été initiés par des partisans de Moubarak.

D’autres témoins ont déclaré à l’AFP que des bus remplis de jeunes armés de bâtons et de couteaux sont arrivés sur les lieux pour semer le chaos, rappelant les méthodes utilisées par l’ancien régime contre ses adversaires.

Cette amorce de « contre-révolution » pourrait s’expliquer notamment par la décision de justice, annoncée quelques heures plus tôt, de dissoudre les conseils municipaux élus sous le président déchu et massivement dominés par les partisans de l’ancien régime.

"Le peuple veut le départ du maréchal"

Mais des militants pro-démocratie ont de leur côté accusé la police égyptienne d’avoir attaqué les familles des victimes du soulèvement du début de l’année, qui voulaient participer à la cérémonie commémorative.

« Après qu’on leur a interdit d’entrer, des heurts ont éclaté entre les familles et les gardes de sécurité. La police est intervenue et a commencé à battre les familles des martyrs », a écrit le militant pro-démocratie Arabawy sur son blog.

La télévision a montré des manifestants scandant « le peuple veut le départ du maréchal », en référence au maréchal Hussein Tantawi, chef du Conseil suprême des forces armées.

Plusieurs manifestations ont déjà été organisées pour protester contre les méthodes du ministère de l’intérieur et des appareils de sécurité, méthodes demeurées inchangées malgré la révolution. La torture et les arrestations arbitraires sont ainsi toujours pratiquées.

Ces troubles surviennent alors que les militants pro-démocratie appellent à des rassemblements massifs le 8 juillet prochain pour maintenir la pression en faveur de réformes politiques en Égypte. L’occasion pour les derniers indécis de se joindre aux manifestants ou pas. (Avec AFP)

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