28/06/2011 à 12h:11 Par Cherif Ouazani, envoyé spécial à Malabo
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Jean Ping, Président de la Commission de l'Union africaine. Jean Ping, Président de la Commission de l'Union africaine. © Reuters

La capitale de la Guinée équatoriale, Malabo, accueille jusqu’au 1er juillet le 17e sommet de l’Union africaine (UA). Les échanges qui auront lieu les 30 juin et 1er juillet entre les 53 chefs des Etats membres de l’UA, sont préparés par le Conseil exécutif, composé des ministres des Affaires étrangères des pays concernés. Retour sur une séance marquée par le retour du Niger au sein des instances panafricaines.  

Le sommet de l'UA de Malabo a une saveur particulière pour les ministres des Affaires étrangères du Cap-Vert, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Mali et du Niger. Nommés récemment, ceux-ci découvrent les instances panafricaines.

Pour le Nigérien Mohamed Bazoum, on pourrait pourtant dire qu'il s’agit de retrouvailles, puisqu’il avait eu à occuper le maroquin des Affaires étrangères en 1995. « En réalité, je découvre moi aussi, explique-t-il, car lors de ma première expérience il s’agissait encore de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA), qui était alors pilotée par un secrétaire général et non par un président de Commission comme aujourd’hui ».

Le Niger ovationné

Le président de la Commission, Jean Ping, n’a pas manqué de souhaiter la bienvenue aux nouveaux arrivants. Il a commencé par justifier l’absence du Malien Soumeylou Boubèye Maïga, retenu à Pretoria par la réunion des cinq chefs d’États africains en charge de la médiation dans le conflit libyen. Il a ensuite salué les représentants ivoirien, capverdien et guinéen avant de balayer l’assistance du regard et de s’interroger : « Est-ce que le Niger est là ? »

Une longue silhouette à l’allure un peu gauche se lève. Il s’agit de Mohamed Bazoum, visiblement très ému par l’ovation soudaine qu’il provoque. « Ce n’était évidemment pas moi qui étais célébré, mais mon pays pour avoir réussi son test démocratique. J’en étais encore plus fier », dit-il.

Interrogé au sujet de ses premières appréciations sur le fonctionnement de l’UA, il confie avoir « trouvé une organisation avec une administration plus étoffée et paradoxalement moins bureaucratique que la défunte OUA. Le renforcement des ressources humaines permet un meilleur suivi des décisions par l’élaboration des rapports d’étape (tous les six mois, NDLR) qui évaluent ce qui a été entrepris et ce qui ne l’a pas été. C’est un précieux acquis. »

Mais Bazoum n’emploie pas exclusivement le langage policé du diplomate. Il sait être critique à l’égard de certaines séances qui « traînent en longueur » et « des débats engagés au niveau des ambassadeurs (qui) sont souvent les mêmes que nous pouvons retrouver au niveau ministériel ». « Il nous faut apprendre à être plus efficace », conclut-il.

La question des conflits

Au moment où ces propos ont été recueillis, le Conseil exécutif en était à sa troisième séance, dont une nocturne particulièrement longue. Le point le plus important de la réunion reste encore au menu : la question des conflits et notamment celle du dossier libyen. Il faut désormais attendre le retour d’Afrique du Sud du Malien Soumeylou Boubèye Maïga et du commissaire de l'Union africaine à la paix et à la sécurité, Ramtane Lamamra, pour entendre le compte-rendu du conclave de Pretoria.

 

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