28/06/2011 à 09h:37 Par Jeune Afrique
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Manifestation contre un projet de réforme de la Constitution, le 23 juin 2011 à Dakar. Manifestation contre un projet de réforme de la Constitution, le 23 juin 2011 à Dakar. © AFP

La capitale sénégalaise s’est enflammée lundi soir. Les bâtiments publics, mairies et locaux de la Senelec, ont été les principales cibles de populations excédées par les coupures de courant. Lesquelles sont dues à des "machines vétustes", entraînant un "déficit de production", selon la compagnie chargée de la distribution de l'énergie électrique.

Mise à jour 15h32

Quatre jours après la journée d’émeutes provoquée par le projet de révision constitutionnelle d’Abdoulaye Wade, Dakar a été le théâtre de plusieurs incendies lundi soir.

Les incendiaires visaient avant tout les bâtiments publics, et, en premier lieu, ceux de la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec), dont les locaux ont été fortement touchés. Dans le quartier de la Patte d’Oie, le bâtiment a pris feu en fin de soirée, ainsi que quatre véhicules de l’entreprise. Au total, depuis cinq jours, dix des agences de la compagnie ont été détruites à Dakar et ses banlieues, ainsi qu'à Keur Massar, Mbour et Thiès, villes situées à l'est de la capitale, a précisé un responsable de la société.

"Tout est cassé à la Senelec"

D’autres manifestations de colère contre la Senelec avaient eu cours dans la journée, à Mbour, à 80 km de Dakar. Dans cette ville du littoral, les forces de l’ordre avaient dispersé les manifestants à coup de grenades lacrymogènes, avant que les locaux de la Senelec ne soient brûlés par les protestataires. « Tout est cassé à la Senelec », raconte un témoin, regrettant ces « émeutes et délestages ».

Même chose pour les locaux de la Senelec situés dans le quartier Yeumbeul, ainsi que dans ceux de Daroukhane et des Parcelles Assainies. Dans cette dernière localité, la mairie a également pris feu et les voies étaient jonchées de débris.Des signes qui renseignent sur le passage de manifestants, bien qu’ils étaient, à l’heure de l’incendie, absents de la scène, tout comme les forces de l’ordre.

« C'est toute la ville de Dakar qui s'est embrasée », raconte un policier, présent sur les lieux d’un autre incendie, touchant le siège des services fiscaux dans la banlieue de Pikine-Guédiawaye. Le policier a également déploré le fait que les manifestants « ont tout emporté avec eux, y compris le coffre-fort ».

Déficit de production

La Senelec n'a pas tardé mardi à expliquer l'origine des pannes d'électricité. Dans un communiqué, cette dernière s'est dite confrontée « à un déficit de production important qui entraîne de nombreux délestages ». La société a présenté ses excuses, se disant « consciente des nombreux désagréments occasionnés par la situation actuelle ».

Déjà confrontée à des difficultés financières pour s'approvisionner en carburant et entretenir un matériel souvent vieux, la Senelec précise avoir enregistré « des pannes sur plusieurs machines vétustes ».

Par ailleurs, les troubles ont contraint les employés de la Senelec à cesser leurs activités : « Toutes les données du service ont été détruites, indique un employé. Il nous faudra longtemps pour les reconstituer, mais en attendant les manifestants nous ont mis en chômage technique. »

Néanmoins, c'est toute l'économie du Sénégal, et en particulier les petits commerces, qui risque d'être touchée si les coupures d’électricité, habituelles depuis deux mois, ne cessent pas.

Suite des émeutes de jeudi

Ce nouvel embrasement du pays intervient quelques jours après une précédente journée d’émeutes, jeudi dernier. Le président sénégalais avait annoncé un projet de loi visant à mettre en place l’élection d’un vice-président, à partir de 2012. Cette proposition avait suscité une vague de colère à Dakar et provoqué des manifestations qui ont fait 102 blessés, dont 13 policiers.

Le calme semble revenu ce mardi après-midi, mais une part de la population refuse toujours que le président Wade se porte candidat à sa propre succession, comme il l’a annoncé. (Avec AFP)

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