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27/06/2011 à 12:13
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L'équipe nationale du Cameroun en mai 2010. L'équipe nationale du Cameroun en mai 2010. © AFP

Après une Coupe du monde 2010 ratée, le Cameroun est au seuil d’une élimination prématurée en qualifications pour la CAN 2012. Chez les Lions Indomptables, les tensions restent vives. Le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) Mohammed Iya est contesté, et Samuel Eto’o n’est pas non plus épargné.

Mohammed Iya s’accroche au mince espoir d’une qualification sans vraiment y croire, mais son statut de président de la Fecafoot l’empêche d’admettre que tout est presque fini. « Mathématiquement, le Cameroun n’est pas éliminé, même si nos chances sont très minces. » Même si la sentence n’est pas encore définitive, une CAN sans le Cameroun serait un évènement qui n'est pas arrivé depuis 1994 et l’édition tunisienne. « J’ai du mal à y croire, et pourtant, j’ai peur que cela se produise. Au pays, on a tendance à croire que le seul fait de s’appeler Cameroun est suffisant pour aller en phase finale. La réalité est toute autre », affirme Patrick Mboma, l’ancien attaquant des Lions Indomptables.

Un réservoir de joueurs sous-exploité

Le quadruple vainqueur de l’épreuve, dont le dernier succès remonte à 2002 au Mali, n’inspire plus la même crainte sur le continent. Ses échecs sur la scène mondiale et ses performances erratiques en Afrique, à peine rehaussées par une finale perdue en 2008 (0-1 contre l’Égypte), ont coïncidé avec une vraie valse des sélectionneurs (huit depuis 2004). « Il faut une vraie politique, plus professionnelle. Au Cameroun, il y a un réservoir de joueurs énorme, mais il n’est pas assez exploité », regrette Mboma.

Mohammed Iya, que ses opposants décrivent comme « trop influençable, mal entouré et trop hésitant », refuse que son bilan se résume seulement à une probable élimination de la CAN 2012. « Quand nous sanctionnons, nos opposants nous le reprochent également. Le football déchaîne tellement de passion que sa gestion et son administration nécessitent parfois une démarche consensuelle pour avancer », se défend-il. Tout reconnaissant entretenir des relations « cordiales avec Michel Zoah, le ministre des Sports, meilleures qu’avec ses prédécesseurs. Il a l’intelligence de comprendre qu’une relation sereine entre le ministère et la Fédération est nécessaire pour travailler, mais cela ne nous empêche pas de nous dire les choses quand il le faut ».

"Eto’o reste un joueur et l’équipe est au-dessus de tout"

Mais Mohammed Iya et Javier Clemente ne sont pas les seuls à subir les critiques des supporteurs qui ont du mal à admettre que ses Lions ne soient plus les « rois » d’Afrique. Même Samuel Eto’o, qui a connu des heures difficiles après son penalty manqué dans les dernières minutes face au Sénégal le 4 juin dernier (0-0) à Yaoundé, est critiqué pour ses excès d’individualisme et sa tendance à vouloir s’occuper de tout. Mohammed Iya ne se prive d'ailleurs pas de le remettre à sa place. « De par son immense talent, sa dimension et son aura, Samuel Eto’o est un joueur très important dans le groupe. Mais il reste un joueur et l’équipe est au-dessus de tout. Samuel, en tant que capitaine, doit jouer un rôle fédérateur. »

L'importance d'Eto'o ne l’a en tout cas pas empêché de passer devant la commission de discipline de la Fédération, en compagnie d’Alexandre Song – qui avait refusé de serrer la main de son capitaine lors du rassemblement organisé avant la rencontre face au Sénégal, et de Benoît Assou-Ekotto (Eto’o a été relaxé par la commission le 25 juin, NDLR)

« L’atmosphère est toujours tendue », admet Iya. « Il faut encore du temps pour cicatriser les plaies, les rivalités, les rancœurs et les rancunes entre les joueurs, sans parler des influences négatives des gens extérieurs à la famille du football actuel », poursuit le dirigeant. Le Cameroun, qui va devoir se choisir un sélectionneur pour préparer les qualifications pour la CAN 2013 et la Coupe du monde 2014, est aujourd’hui face à son destin…

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