Extension Factory Builder
24/06/2011 à 13:52
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Un Rwandais accusé de génocide à nouveau arrêté en Allemagne  Lire l'article sur Jeuneafrique.c Un Rwandais accusé de génocide à nouveau arrêté en Allemagne Lire l'article sur Jeuneafrique.c © AFP

Pauline Nyiramasuhuko, ancienne ministre rwandaise de la Famille et de la promotion féminine, a été condamnée à la prison à perpétuité par le Tribunal international pour le Rwanda (TPIR). À 65 ans, elle est la première femme à être poursuivie et reconnue coupable de génocide par la justice internationale.

Le vendredi 24 juin 2011, le TPIR, installé à Arusha (nord de la Tanzanie), a condamné l’ancienne ministre rwandaise, Pauline Nyiramasuhuko, ainsi que son fils Shalom Ntahobali, à la prison à perpétuité. Poursuivis pour leur rôle présumé dans les massacres et viols des Tutsis à Butare (sud du Rwanda) en 1994, ils ont été reconnus coupables de crimes de génocide et crimes contre l’humanité.

"Elle a décidé d’exterminer les familles"

Pauline Nyiramasuhuko a été reconnue coupable de sept des onze chefs d’accusation. Lors de l’audience, le juge William Hussein Sekule, président d'une des chambres de première instance du TPIR, a notamment reconnu la culpabilité de l’ancienne ministre  pour génocide, conspiration en vue de commettre un génocide, extermination considérée comme un crime contre l'humanité et viol considéré comme un crime contre l'humanité.

En avril 2009, à l’ouverture du réquisitoire, le procureur Holo Makwaia avait déclaré que le génocide des Tutsis en 1994 n’aurait pas été possible sans l’implication de Pauline Nyiramasuhuko. « Au lieu de protéger les familles comme le stipulait le mandat de son ministère, elle a décidé d’exterminer les familles », avait-elle poursuivi. Devant la cour, elle dénonçait avec fermeté le rôle du fils, Shalom Ntahobali : « Il  n 'était pas loin de sa mère ; il a tué et violé.

La perpétuité pour l’ancien maire de Muganza

Le TPIR a également rendu sa décision sur le sort de quatre autres co-accusés. L'ancien préfet de Butare Sylvain Nsabimana et son successeur Alphonse Nteziryayo, ont été condamnés respectivement à 25 et 30 ans de réclusion. Les deux anciens maires de Ngoma et Muganza, Joseph Kanyabashi et Elie Ndayambaje, ont écopé quant à eux d’une peine de 35 ans de prison et d’une détention à perpétuité. Avec ces décisions de justice, le TIPR n’a pas répondu à la demande d’acquittement des avocats de la défense.

800 000 morts selon l’ONU

Avant d’être la première femme à être jugée et reconnue coupable devant une juridiction internationale, Pauline Nyiramasuhuko a été en 1992 une des quatre premières femmes au Rwanda à décrocher un poste de ministre. En poste pendant le génocide jusqu’en 1994, elle a fui le pays et s’est réfugiée à Bukavu dans l’ex-Zaïre, après la victoire militaire du Front patriotique rwandais (FPR).

Mise en cause par plusieurs organisations internationales des droits de l'homme pour son rôle présumé dans le génocide rwandais, Pauline Nyiramasuhuko avait été arrêtée au Kenya en juillet 1997 et transférée pour jugement au TPIR.

Selon l'ONU, le génocide des Tutsis commis à l'instigation du régime extrémiste hutu a fait au moins 800 000 morts. (avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Rwanda

Rwanda : vingt ans après... Renaître à Kigali

Rwanda : vingt ans après... Renaître à Kigali

6 avril 1994-6 avril 2014 : alors que la communauté internationale peine encore à examiner ses propres responsabilités dans le génocide des Tutsis, les Rwandais s'efforcent de transcen[...]

Carte interactive : voyagez en Afrique sans visa !

En vertu d'accords bilatéraux ou dans le cadre d'organisations sous-régionales, plusieurs pays africains ont supprimé l'obligation de visa d'entrée sur leurs territoires. Grâce à une carte[...]

Rwanda : le génocide, la France, Kagamé et sa conscience

Le 9 avril, lors d'un café littéraire à Kigali, le président rwandais, Paul Kagamé, a évoqué ses récentes déclarations sur le rôle de la France pendant le[...]

Rwanda - Centrafrique : à Bangui, le passé résonne dans l'esprit des soldats rwandais

Les violences intercommunautaires dans la capitale centrafricaine réveillent de douloureux souvenirs chez les soldats rwandais de la Misca. Qui tentent d'utiliser leur expérience pour apaiser les tensions.[...]

Une histoire du génocide (#3) : attentat du 6 avril 1994, la thèse de la culpabilité du FPR ne tient pas la route

Dans ce troisième billet sur le déclenchement du génocide rwandais de 1994, Laurent Touchard* examine les derniers éléments de la thèse accusant le Front patriotique rwandais (FPR) de Paul[...]

Paul Kagamé : "Je ne conseille à personne de se mêler des affaires intérieures du Rwanda"

Démocratie, justice, France, Afrique du Sud, RD Congo, présidentielle de 2017... Le chef de l'État rwandais Paul Kagamé répond sans ambages à toutes les questions, même[...]

Déjà, en 1963, à Gikongoro...

*Jean-Paul Kimonyo est politologue. "Qui est génocide ?" C'est par cette formule un peu étrange que le président Grégoire Kayibanda ponctue, en mars 1964, l'un des plus [...]

"Les faits sont têtus"

Buzz : terme anglais signifiant bourdonnement d'insecte et technique de marketing viral consistant à amplifier l'effet d'un événement ou d'un produit. En recevant J.A. le 27 mars au matin,[...]

Génocide rwandais : pour Le Drian, "certaines accusations ne peuvent rester sans réponse"

Jean-Yves Le Drian a tenu vendredi à défendre l'"honneur" de l'armée française lors de l'opération Turquoise en 1994, après les accusations de complicité de[...]

Génocide rwandais : Claude Muhayimana arrêté et écroué en France

Interpellé mercredi à son domicile à Rouen, le Franco-Rwandais Claude Muhayimana a été mis en examen et écroué, selon des sources judiciaires sur place. Il est[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers