Le roi Mohammed VI et le prince Moulay Rachid prient dans une mosquée de Rabat, le 17 juin 2011.
© AFP
Dans un discours à la nation, vendredi soir, le roi du Maroc Mohammed VI a présenté les grandes lignes d'une réforme allant dans le sens de l'instauration d'une "monarchie parlementaire". Le projet de révision constitutionnelle sera soumis à référendum le 1er juillet.
Révolution de velours au royaume du Maroc. Et révolution d'un genre très particulier aussi, puisqu'elle elle est essentiellement dirigée – « pilotée », pourrait-on dire – par le roi Mohammed VI en personne, qui a présenté vendredi soir aux Marocains les grandes lignes du projet de réforme constitutionnelle qui lui a été remis par une commission ad-hoc désignée par lui.
Sur les ondes de la télévision et de la radio, Mohammed VI a demandé aux Marocains d'approuver par référendum le 1er juillet une réforme qui vise à « consolider les piliers d'une monarchie constitutionnelle, démocratique, parlementaire et sociale ». Et de détailler les principaux changements institutionnels.
Comme prévu, le Premier ministre marocain verra ses pouvoirs renforcés. Il sera issu du parti arrivé en tête aux élections et s'appellera « chef du gouvernement ». Et il aura « le pouvoir de dissoudre la Chambre des Représentants », prérogative jusqu'à présent réservée au roi qui peut également renvoyer la chambre des Conseillers.
Perte d'influence
En fait, le roi perdra de l'influence surtout au profit de l'exécutif. Il ne pourra plus prendre le Premier ministre de son choix, notamment. La future Constitution devrait aussi mieux garantir l’indépendance de la justice vis-à-vis des pouvoirs législatif et exécutif, a précisé le souverain dans son discours.
Mieux garantir l'indépendance de la justice vis à vis du législatif et de l'exécutif.
Mais le roi du Maroc, dont la personne sera « inviolable », restera tout de même le « Commandeur des croyants et chef de l'Etat », a précisé Mohammed VI. En tant que seule autorité religieuse du royaume, il garantira « le libre exercice des cultes » même si l'Islam reste la religion de l'État. Le roi reste également le chef des armées et dispose du pouvoir d'accréditer les ambassadeurs et les diplomates.
Autre évolution décisive : comme le souhaitait la société civile, la langue amazighe (le berbère) sera – au même titre que l'arabe - considérée comme langue officielle, selon le préambule du nouveau projet. Or une grande partie de la population marocaine s'exprime dans l'un des trois dialectes de la langue amazighe, qui est indissociable de l'identité marocaine. (avec AFP)

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