Les violences perpétrées par les FRCI du président Alassane Ouattara sont dénoncées par l’Onuci qui appelle à l’ouverture d’enquêtes impartiales. Et critique le manque de contrôle du nouveau pouvoir sur les anciens rebelles des Forces nouvelles…
Selon la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci), les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), regroupant la plupart ex-Forces nouvelles (FN) du Premier ministre Guillaume Soro, multiplient les exactions en Côte d’Ivoire dans le sud du pays, faisant au moins deux morts et des dizaines de blessés.
« L'Onuci est particulièrement préoccupée par la multiplication d'incidents violents et d'attaques conduits par des éléments des FRCI contre plusieurs villages », a ainsi déclaré Guillaume Ngefa, de la division des droits de l'homme de l'Onuci, lors d'une conférence de presse à Abidjan.
Usage d’armes lourdes
Ngefa a déploré l'usage d'armes lourdes pour le maintien de l'ordre par les forces pro-Ouattara - des armes dont l'emploi par les forces pro-Gbagbo avait légitimé l’intervention de l’ONU pendant la crise. Le responsable onusien a exigé des enquêtes sur les incidents en recrudescence dans des zones réputées favorables à l’ancien président ivoirien : dans plusieurs localités autour d'Abidjan, mais aussi dans le sud-ouest et le centre-ouest du pays.
« À Becouesin [50 km au nord d'Abidjan], des éléments des FRCI ont investi le village et ont fait usage de la force mortelle. Ils ont ensuite arrêté une vingtaine de jeunes [...] En cours de route, ils ont battu une autre personne qui est morte des suites de ses blessures », a expliqué M. Ngefa.
Opérations de ratissage
« À Yakassé-Mé [50 km au nord d’Abidjan], un vieillard s'est écroulé et est mort lorsqu'il tentait de fuir en brousse par crainte d'être arrêté par des éléments des FRCI qui avaient lancé une opération de ratissage », a-t-il poursuivi. Ces incidents ont fait au moins 45 blessés dont trois par balles, a précisé le responsable onusien avant d’ajouter que « des renforts des FRCI lourdement armés [...] ont pris d'assaut le village en tirant et en tabassant les jeunes », poussant les habitants à fuir dans les forêts.
« À Domolon [55 km au sud-est d'Abidjan], une incursion de FRCI s'est soldée par une trentaine de blessés à coups de machettes et de crosses, des pillages à grande échelle et un exode massif de la population dans la brousse », a-t-il encore rapporté. Des constats qui rejoignent ceux de nombreuses ONG, dont la FIDH, Amnesty international et Human Rights Watch. (avec AFP)

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