Trois personnes ont été inculpées de "trafic international de cocaïne" par la justice malienne dans le cadre de l’enquête sur l’atterrissage d’un Boeing 727 dans le nord du pays en 2009. C’est la première fois que Bamako reconnaît que l’appareil transportait de la drogue.
La très discrète enquête malienne sur le « Boeing de la Coke » semble porter ses fruits. Le procureur anticorruption Sombé Théra a annoncé lundi soir l’inculpation de trois personnes pour « trafic international de cocaïne » à la télévision.
Les suspects sont « un Français, un Espagnol et un Malien », a-t-il précisé. C’est la première fois que le Mali reconnaît que l’appareil, qui avait été incendié après son atterrissage dans le désert en novembre 2009, avait servi à transporter de la drogue. L’avion venait du Venezuela et avait été retrouvé dans la région de Gao (nord du Mali).
Ramifications au Maroc
L’enquête semble se faire en étroite collaboration avec le Maroc : plusieurs arrestations ont eu lieu dans le royaume, où transitait la drogue, selon des sources sécuritaires maliennes et marocaines.
Au Mali, ce sont une dizaine de personnes qui avaient été interpellées. L’une d’elles est un pilote français arrêté le 7 mars et soupçonné d’être impliqué dans divers trafics de drogue.
En avril, un responsable au ministère malien de la Justice avait évoqué des « pressions pour obtenir la libération des deux principaux suspects » arrêtés dans le cadre de l'enquête, sans en préciser l’origine.
Mais le président malien Amadou Toumani Touré a toutefois donné « le feu vert pour faire toute la lumière sur l’affaire », d’après ce responsable. D’après des câbles de la diplomatie américaine révélés par WikiLeaks, ce vol avait bénéficié de « protections en haut lieu ». (avec AFP)

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