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02/06/2011 à 19:30
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Des hommes des forces pro-Gbagbo patrouillent dans Abidjan, le 1er avril 2011. Des hommes des forces pro-Gbagbo patrouillent dans Abidjan, le 1er avril 2011. © AFP

Depuis la chute de Laurent Gbagbo, les forces pro-Ouattara seraient responsables de la mort d'au moins 149 personnes, affirme l'ONG Human Rights Watch. Qui comptabilise aussi quelque 220 meurtres du côté de forces pro-Gbagbo.

Mis à jour le 3 juin, à 09h17

Jeudi, l’ONG Human Rights Watch (HRW) a affirmé que, selon elle, les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) seraient responsables du meurtre de nombreux pro-Gbagbo depuis qu'elles ont pris Abidjan à la mi-avril. « Les forces armées fidèles au président Alassane Ouattara, fraîchement investi, ont tué au moins 149 partisans réels ou supposés de l'ancien président Laurent Gbagbo depuis leur prise de contrôle de la capitale commerciale, à la mi-avril 2011 », déclare l’organisation dans un communiqué.

« Les Forces républicaines de la Côte d'Ivoire [FRCI] de Ouattara ont tué au moins 95 personnes non armées à Abidjan au cours des opérations menées à la fin avril et en mai, quand elles ont bouclé et fouillé des zones auparavant contrôlées par les milices pro-Gbagbo [...] La majorité des violations documentées ont eu lieu dans le bastion pro-Gbagbo de longue date de Yopougon, l'épicentre de la bataille finale à Abidjan. La plupart des meurtres ont été des exécutions à bout portant de jeunes issus de groupes ethniques généralement alignés avec Gbagbo, dans ce qui semblait être une punition collective pour la participation de ces groupes aux milices de Gbagbo », ajoute HRW.

"Actes de représailles et d'intimidation généralisés"

Le rapport de HRW s'appuie sur des témoignages recueillis entre les 13 et 25 mai de 132 victimes et témoins des violences perpétrées par les deux parties lors de la bataille d'Abidjan et dans les semaines suivant l'arrestation de Gbagbo. Le récit des meurtres, actes de torture et traitements inhumains présumés commis par les forces armées de Ouattara est édifiant. Si ces crimes étaient vérifiés par la justice internationale, il pourrait s'agir de crimes de guerre voire de crimes contre l'humanité tant, selon l'ONG, les groupes ethniques étaient « pris pour cible au cours d'actes de représailles et d'intimidation généralisés ».

« L'espoir d'une ère nouvelle après l'investiture du président Ouattara va s'estomper rapidement à moins que ces horribles exactions contre les groupes pro-Gbagbo ne cessent immédiatement », a déclaré Corinne Dufka, chercheuse senior sur l'Afrique de l'Ouest à HRW. « Le président a promis à maintes reprises des enquêtes et des poursuites crédibles et impartiales ; il est maintenant temps de tenir ces promesses. »

Mais dans son décompte macabre, l'ONG n'oublie pas les responsabilités du camp Gbagbo. « De leur côté, les miliciens pro-Gbagbo ont tué au moins 220 hommes dans les jours ayant immédiatement précédé et suivi l'arrestation de Gbagbo, le 11 avril », indique-t-elle. Près de 3 000 personnes ont trouvé la mort durant la crise, selon le nouveau pouvoir. (avec AFP)

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