Extension Factory Builder
25/05/2011 à 11:39
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le rapport d'Amnesty dénonce les exactions commises en Côte d'Ivoire. Le rapport d'Amnesty dénonce les exactions commises en Côte d'Ivoire. © Amnesty International.

Amnesty International a recueilli les témoignages de nombreuses victimes de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire. Les deux camps se sont rendus coupables de crimes en violation du droit international.

« Ils ont regardé sa carte d’identité et l’ont abattu. » Amnesty International vient de rendre mercredi 25 mai un rapport de 84 pages sous ce titre sans appel. L’organisation y conclut clairement que « toutes les parties au conflit ont commis des crimes au regard du droit international, y compris des crimes de guerre et de crimes contre l’humanité ».

Trois mille personnes tuées, un million de déplacés … tout au long du rapport s’égrènent les témoignages de ces victimes traumatisées par six mois de violences postélectorales, qui ont débuté avec le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à l’élection présidentielle de novembre dernier.

Inaction de l’Onuci

Les victimes ou témoins de massacres, de viols et de chasses à l’homme racontent l’absence de protection et de sécurité. Le rapport fait état de très graves violations et atteintes aux droits humains commises par les FRCI pro-Ouattara, notamment contre des groupes ethniques considérés comme partisans de Laurent Gbagbo. L'organisation évoque le meurtre de centaines d'hommes à Duékoué, en particulier fin mars. Avant de les tuer, les miliciens ont demandé à leurs victimes de donner leur nom et de montrer leur carte d'identité. Certaines de ces cartes d'identité ont été trouvées à côté des corps.

Amnesty critique l'inaction de la Mission des Nations unies dans le pays (Onuci), basée à seulement un kilomètre du principal lieu des tueries commises à Duékoué.

Depuis décembre 2010, les forces et les milices fidèles à Laurent Gbagbo se sont également rendues responsables de nombreux crimes et violations. Amnesty évoque le cas de personnes brûlées vives parce qu'elles étaient musulmanes et revient sur le bombardement fin février du quartier populaire d'Abobo à Abidjan, contrôlé par les pro-Ouattara. Elle dénonce aussi l’exode massif qui en a découlé, la population partant se réfugier ailleurs en Côte d’Ivoire ou dans les pays voisins, comme au Liberia.

Réconciliation sous conditions

« Au moment où ce document est finalisé […] la situation demeurait volatile, écrit Amnesty, notamment dans l’ouest du pays où des milliers de personnes, partisans avérés ou supposés de Laurent Gbagbo, continuaient d’être l’objet de harcèlement. »

Amnesty encourage la justice à enquêter et à juger les responsables, estimant que sans cela, les appels du nouveau président Alassane Ouattara à la réconciliation risquent de déboucher sur un compromis instable, augurant de violences et de vengeances futures.

Alassane Ouattara a promis de mettre en place une commission Dialogue, Vérité et Réconciliation et a demandé à la Cour pénale internationale (CPI) d'enquêter sur les massacres. La justice nationale, quant à elle, enquête sur les crimes, exactions et appels à la haine commis par l’ancien régime. (avec AFP)

__

Télécharger le rapport intégral d'Amnesty International.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Côte d'Ivoire

Côte d'Ivoire : payez (mieux) ceux que vous publiez !

Côte d'Ivoire : payez (mieux) ceux que vous publiez !

Le Conseil national de la presse exige des éditeurs qu’ils appliquent la convention collective et augmentent le salaire des journalistes. OK, disent les patrons, mais pas avant 2015.[...]

Hervé Renard : "La Côte d'Ivoire, c'est un nouveau palier"

Quelques heures après sa nomination pour deux ans à la tête des Éléphants ivoiriens, Hervé Renard (45 ans) a livré ses premières impressions à "Jeune[...]

Ebola : ouverture d'un sommet régional à Conakry

Les présidents de la Guinée, du Liberia, de la Sierra Leone et de la Côte d'Ivoire sont attendus vendredi à Conakry pour participer à un sommet régional consacré à [...]

Notation : 10 pays africains passés au crible

Le Rwanda a été noté B+ par l'agence Fitch Ratings. Comment expliquer que ce pays, avec un PIB de 7,5 milliards de dollars, soit mieux noté que le Ghana (48 milliards de dollars) ou l'Égypte (272[...]

Gervais Coulibaly : "Il est temps de mettre fin aux problèmes électoraux de la Côte d'Ivoire"

Le président de Cap Unir pour la démocratie et le développement (Cap-UDD) et ancien porte-parole de l’ex-président Laurent Gbagbo, Gervais Coulibaly, fera partie de la nouvelle Commission[...]

Côte d'Ivoire : Hervé Renard nommé sélectionneur des Éléphants

Ancien sélectionneur de la Zambie et de l’Angola, Hervé Renard revient en Afrique. Il a en effet été choisi pour succéder à Sabri Lamouchi, qui a démissionné[...]

Wikipédia : le classement des chefs d'État africains les plus populaires

Créé en 2001, Wikipédia s'est imposée depuis comme l'encyclopédie numérique la plus consultée au monde. Participative, elle rassemble des informations collectées par les[...]

Côte d'Ivoire : Abidjan et ses drôles de dames

Trois filles ont débarqué sur les bords de la lagune Ébrié. L'une y a créé sa société, une autre y est auditrice financière pour un grand cabinet, la[...]

Ebola : viande de brousse, le goût du risque

Vecteur potentiel du redoutable virus Ebola, la viande de brousse a été interdite dans les pays touchés par l'épidémie. Une mesure qui ne décourage pas certains consommateurs.[...]

Côte d'Ivoire : le duo Renard-Beaumelle à la tête des Éléphants ?

De cinq noms, la "short-list" de la fédération ivoirienne est passée à trois, après que les Français Francis Gillot et Luiz Fernandez ont été [...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers