10/05/2011 à 13h:00 Par Jeune Afrique
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Ali Bongo Ondimba a saisi la Cour constitutionnelle pour valider le report des législatives à 2012 Ali Bongo Ondimba a saisi la Cour constitutionnelle pour valider le report des législatives à 2012 © AFP

Initialement prévues à la fin de l'année, les élections législatives gabonaises risquent d'être reportées à 2012. C'est la volonté déclarée du président Ali Bongo Ondimba, largement soutenue par la société civile et le personnel politique.

Le président Ali Bongo Ondimba a annoncé lundi qu’il souhaitait repousser les élections législatives de 2011 à 2012. Le but d’un tel report est de pouvoir introduire des cartes électorales biométriques afin de réduire les risques de fraude.

Ali Bongo Ondimba (ABO) a expliqué qu’il allait saisir la Cour constitutionnelle « dans les meilleurs délais afin qu’elle statue sur la position consensuelle qui plaide en faveur du report des élections législatives ». Cependant, la Constitution gabonaise prévoit que des élections ne peuvent être reportées qu’en cas de « force majeure ». C’est pourquoi le président gabonais a souligné qu’il ne peut « mettre de côté » cet « inconvénient important au regard de la légalité ». Il souhaite que la Cour constitutionnelle se prononce « rapidement sur la marche à suivre, car la légalité est importante et ne peut être prise à la légère ».

Après une concertation avec l’opposition et la société civile, le chef de l’État a déclaré avoir « écouté les différentes déclarations des représentants des partis ». Cette mesure a en effet été réclamée à plusieurs reprises par l’opposition, qui avait contesté les résultats de la présidentielle de 2009.

À la fin du mois d’avril, Ali Bongo avait déjà réuni société civile et opposition sur ce thème, afin de présenter deux scénarios possibles. L’un avait pour objectif de mettre en place des cartes électorales biométriques avant fin 2011 pour 90 millions d'euros, tandis que l’autre « d’une durée d’un an environ » permettait d’obtenir « des informations qui serviront par la suite pour réaliser d’autres sortes de titres » et d’économiser près de 30 millions d’euros.

Un report plébiscité par la classe politique

Dans son ensemble, cette déclaration a été bien accueillie au sein de la classe politique. Fidèle Waura, secrétaire général de l’Union du peuple gabonais (UPG, une des deux principales formations d’opposition), s’est déclaré favorable au report, sans pour autant se garder de critiquer André Mba Obame, ancien ministre de l’Intérieur passé dans l’opposition à la mort du président Omar Bongo en 2009. « Nous avons toujours demandé la biométrie depuis cinq ans. Le président Omar Bongo y était favorable mais le ministre de l'Intérieur de l'époque, aujourd'hui opposant, s'y était opposé », a-t-il expliqué. « Si on veut faire la biométrie, il faut la faire correctement », poursuit-il.

Waura a également précisé que le report permettrait de faire des économies et de traiter les données au Gabon, avant d’ajouter qu'organiser des législatives en fin d'année 2011 poserait un problème par rapport à la Coupe d'Afrique des nations (CAN 2012) que le Gabon organise en janvier-février 2012. « On risquait de se retrouver à la CAN avec des discussions et réclamations postélectorales », a-t-il conclu.

Samedi, un collectif d'une vingtaine d'ONG et associations de la société civile gabonaise réunies au sein du Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG) s'était prononcé en faveur du report « afin de permettre au pays de se doter d'un système biométrique et de mettre en place toutes les réformes électorales et institutionnelles destinées à rendre transparentes et fiables nos élections ».

L'Union nationale (UN) dissoute par le pouvoir en janvier dernier après l’autoproclamation comme président d'André Mba Obame, son principal dirigeant, n'était pas invitée à la réunion. (avec AFP)

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