05/05/2011 à 19h:35 Par Jeune Afrique
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
L'opposant gabonais Andre Mba Obame le 4 mai 2011 à Libreville, devant l'Assemblée nationale. L'opposant gabonais Andre Mba Obame le 4 mai 2011 à Libreville, devant l'Assemblée nationale. © AFP

Alors que l’Assemblée nationale a retiré à André Mba Obame son immunité parlementaire, celui-ci a refusé d'assister au vote. Explication : le pouvoir comploterait pour l’assassiner, selon une technique aussi subtile qu'indétectable...

L’opposant André Mba Obame vole de déconvenue en déconvenue. Jeudi, il a même vu son immunité parlementaire levée. Lors d'un vote secret (79 voix pour, 3 contre et 3 abstentions), l’Assemblée nationale a donc ouvert la voie à une procédure judiciaire contre celui qui s’est autoproclamé président du Gabon le 25 janvier dernier - non sans former son propre gouvernement.

Ni l’intéressé ni aucun membre de sa formation politique, l'Union nationale (UN), n'étaient présents à la séance. « De toute façon, c'est couru d'avance. C'est un vote mécanique, le PDG [Parti démocratique gabonais, au pouvoir fondé par le président Omar Bongo] ayant la majorité », a indiqué Mba Obame. Qui justifie son absence en accusant le pouvoir de vouloir attenter à sa vie.

« Il s'agit en réalité d'un complot dont les détails ont été finalisés le soir du mardi 3 mai [...] quand j'utilise le terme complot c'est à dessein », a-t-il assuré. « De source certaine, je puis affirmer que les intentions du pouvoir établi sont désormais claires : il ne s'agit plus de l'élimination politique d'André Mba Obame et de l'Union nationale mais de son élimination physique pure et simple », a-t-il ajouté.

"Une piqûre qui ne laisse pas de traces"

Interrogé sur ce complot, Mba Obame a assuré, sans vouloir révéler ses sources, que des éléments de la police devaient l'arrêter jeudi à l'issue du débat sur la levée de son immunité. « On devait m'emmener dans une voiture banalisée dans les sous-sols du palais. Pendant le trajet, on devait m'endormir avec du chloroforme et me faire une piqûre qui ne laisse pas de traces. Après moult hésitations et beaucoup d'interventions extérieurs et tout, j'aurais été relâché mais le propre de cette piqûre c'est le poison lent », a-t-il poursuivi.

« Au bout de deux, trois, quatre mois vous mourez d'une crise cardiaque. Petit effort, je fais du sport, je m'écroule. Personne n'est au courant et je suis parti ! Je peux vous dire que ça existe et j'en sais long », a-t-il affirmé.

« Je dois donc en conclure que je dois ma présence ici devant vous à l'action de la population qui en revendiquant son droit légitime à assister à la séance plénière a empêché la mise en œuvre de ce complot », a-t-il ajouté. Avant de conclure : « Dans ces conditions, j'ai pris la décision de ne plus me rendre à l'Assemblée nationale. »

Salle pleine

L'Assemblée nationale avait repoussé, de mercredi à jeudi, l'examen de la levée de son immunité, M. Mba Obame n'ayant pas accepté de se rendre dans l'hémicycle sans 300 à 500 partisans qui étaient rassemblés devant le bâtiment, lui-même protégé un important dispositif policier. L'accès leur étant refusé au motif que la salle était déjà pleine et ne pouvait contenir plus de monde.

Ex-ministre de l'Intérieur, ex-baron du parti au pouvoir au Gabon et actuellement député, André Mba Obame s'était réfugié pendant un mois au siège d'une agence des Nations unies à Libreville avec ses ministres et plusieurs cadres de l'UN, après s’être autoproclamé candidat. L'UN a été dissoute le 27 janvier, mais ses dirigeants ont déposé un recours devant le Conseil d'État le 27 avril.

La ministre de la Justice Ida Reteno Assonouet avait demandé la levée de l'immunité parlementaire le 14 mars, estimant qu'en prêtant serment et formant un gouvernement, M. Mba Obame et consorts ont porté atteinte à l'ordre et la sécurité publique, à l'autorité de l'État et au crédit de la nation. (avec AFP)

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Gabon

Gabon : les étudiants affrontent une nouvelle fois les forces de l'ordre à Libreville

Gabon : les étudiants affrontent une nouvelle fois les forces de l'ordre à Libreville

Quatre étudiants de l'Université Omar-Bongo de Libreville (UOB) ont été arrêtés et un autre blessé après des heurts avec les forces de l’ordre jeudi 24 mai, a affirm&eac[...]

Bois : Rougier fait machine arrière à la bourse

Confronté à la difficulté de dynamiser son cours en bourse, le groupe forestier français Rougier quitte Euronext pour un autre compartiment, dédié aux PME.[...]

Gabon : le rapporteur de l'ONU déplore "l'impunité" des "trafiquants de personnes"

Le rapporteur spécial de l'Onu sur le trafic d'êtres humains, Joy Ngozi Ezeilo, a jugé vendredi "alarmant" l'impunité des "trafiquants de personnes" au Gabon, au terme d'une[...]

Gouvernement Ayrault : diversité et parité au rendez-vous, Fabius numéro deux du gouvernement

Le nouveau Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a composé mercredi 16 mai le premier gouvernement du quinquennat de François Hollande. Laurent Fabius aux Affaires étrangères, Jean-Yves Le[...]

Armée française en Afrique : renégociation des accords de défense, rompre avec la "Françafrique"

Le 18 avril, Paris a finalisé la remise à plat des accords militaires passés avec ses anciennes colonies. Au final, des bases moins nombreuses et des effectifs réduits. L'essentiel, c'est de se[...]

Union Africaine : toujours pas de solution à la question de la présidence de la Commission

Réunis lundi 14 mai à Cotonou, les huit dirigeants du comité ad hoc de l’Union africaine ne sont pas parvenus à trouver une solution face à l’épineuse question du choix[...]

Gabon : Guy Nzouba Ndama, Bongo forever

Président de l'Assemblée gabonaise depuis 1997, Guy Nzouba Ndama est un pilier du système Bongo. Après avoir servi le père, il a soutenu le fils. Rencontre avec un homme qui a fait de la[...]

Gabon - BTP : Ali double la mise

Le président Bongo Ondimba souhaite investir 18 milliards d'euros en cinq ans via l'Agence nationale des grands travaux. C'est deux fois plus que ce qu'il avait annoncé en octobre.[...]

Marchés publics africains : le leadership chinois pointé du doigt

Barrages, routes, chemins de fer... Depuis dix ans, Pékin multiplie les contrats en Afrique, sur le modèle controversé "matières premières contre infrastructures". Mais d'autres[...]

Industrie pharmaceutique : William Kouadio-Tiacoh prend soin du continent

Directeur général de la zone Afrique centrale chez Sanofi, le pharmacien franco-ivoirien William Kouadio-Tiacoh décline la stratégie du géant français dans douze pays.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers